KrISS feed 8 - Un simple et superbe (ou stupide) lecteur de flux. Par Tontof
  • Friday 19 January 2018 - 10:30
    Libérer Leclerc est un collectif d’associations visant à transformer l’avenue du Général Leclerc (Paris 14ème) en un axe apaisé et adapté à tous les modes de déplacement. Le collectif « Lire la suite...
  • Thursday 18 January 2018 - 08:30
    Résumé : Octobre. Dans 31 jours, le portail s’ouvrira et les Grands Anciens déferleront sur le monde. Dracula, Sherlock Holmes, Raspoutine, le docteur Frankenstein… Ils seront tous là. Mais feront-ils partie des ouvreurs avides de pouvoir, ou seront-ils des fermeurs qui s’opposeront aux horreurs indicibles ? Les familiers de ces personnages seront eux aussi impliqués […]
  • Wednesday 17 January 2018 - 14:26
    Si vous cherchez des jeux sous Linux, cette page recense les jeux compatibles Linux actuellement en promotion (Steam, GOG, Humble et autres).
    PS: Ils ont aussi une pages avec les jeux gratuits ou Free-to-play: https://www.gamingonlinux.com/free-games/
    (Permalink)
  • Tuesday 16 January 2018 - 11:35
  • Tuesday 16 January 2018 - 10:58

    "Genre de vie", en français dans le texte, est un documentaire réalisé par Jorrit Spoelstra et Sven Prince. Tourné à Copenhague et New York, le film cherche à comprendre pourquoi les personnes se déplacent à vélo et le fait qu'ils ressentent les choses qui les entourent bien différemment de leurs amis ...
  • Thursday 11 January 2018 - 10:57
    Hop... encore une photo que je me garde sous coude comme fond d'écran.
    Il y a vraiment des photos magnifiques sur Unsplash.
    (Permalink)
  • Thursday 11 January 2018 - 10:07
  • Wednesday 10 January 2018 - 15:12
    Mystères de l’Internet. Le 6 janvier dernier, un magazine en ligne publiait un papier intéressant au titre évocateur: « Le Paris-Dakar est-il un truc de gros con ? » Quelques jours plus Lire la suite...
  • Wednesday 10 January 2018 - 10:43

    Nous évoquions nos craintes dès l'année dernière. Un système à beau être pratique et très innovant, il n’échappera pas à cette terrible problématique : le facteur humain. Une minorité irrespectueuse peut mettre à genoux tout un service, qui pourtant rencontre un franc succès auprès d'une majorité d'utilisateurs satisfaits. Lire notre article ...
  • Wednesday 10 January 2018 - 10:03
  • Tuesday 09 January 2018 - 13:00
    Résumé : Harry August se retrouve sur son lit de mort. Une fois de plus. Chaque fois qu’Harry décède, il naît de nouveau, au lieu et à la date exacts auxquels il est venu au monde la première fois, possédant tous les souvenirs des vies qu’il a déjà vécues. Peu importent ses actions ou ses […]
  • Tuesday 09 January 2018 - 12:08
    Ça a l'air génial pour garder les mains au chaud en hiver: Un mini-chauffage portatif qui procure de la chaleur pendant 12 à 30 heures et qui se recharge à l'essence à Zippo.
    (Permalink)
  • Tuesday 09 January 2018 - 12:05
    Bon faudra vraiment que je prenne le temps d'installer TLP pour augmenter l'autonomie de l'ordinateur. Il paraît que c'est simple et que ça marche très bien.
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  • Tuesday 09 January 2018 - 11:58
    Il faut se méfier des projets sécuritaires qui veulent utiliser massivement les IA. On court un grand risque.
    Exemple ? Ajoutez un petit autocollant dans le champs de vision de l'ordinateur, et ce dernier prend la banane pour un grille-pain !  ><
    PS: Bah du coup, la mode des T-shirt fortement bariolés pourrait revenir, non ?  :-D
    (Source: https://techcrunch.com/2018/01/02/these-psychedelic-stickers-blow-ai-minds/ )
    Blague correspondante (https://mastodon.tetaneutral.net/@freetux/99293744093450868):
    «  - Sarah Connor ?
     - Non c'est un grille-pain ! »
    :-DDD
    (Permalink)
  • Tuesday 09 January 2018 - 11:51
    Je vous avais parlé du codec vidéo AV1 encore en élaboration (http://sebsauvage.net/links/?bv1dNA).
    À ma grande surprise, Apple a choisi de rejoindre le mouvement et supportera AV1.
    C'est une excellente chose: On va peut-être enfin éviter une fragmentation comme par le passé.

    Et pour l'audio ? Opus semble un excellent choix (et Mozilla+Microsoft y participent) (http://sebsauvage.net/rhaa/?2012/09/12/08/30/48). J'aimerais assez qu'Apple rejoigne aussi le mouvement.
    (Permalink)
  • Tuesday 09 January 2018 - 11:49
    Envie de trouver de nouveaux bons jeux sur Steam ?
    Cette page recense les jeux qui ont de bonnes notes, mais peu de ventes.
    (Permalink)
  • Tuesday 09 January 2018 - 11:39
  • Tuesday 09 January 2018 - 06:42

    Vous l’avez certainement déjà remarqué : chaque type de vélo dispose d’un guidon différent ou presque ! Quelle différence existe-t-il entre les principaux types de guidons/cintres de vélo que l’on rencontre de nos jours ? Le guidon vélo : un élément à ne pas négliger lors de l’achat d’un vélo Le guidon de vélo a vu ...
  • Monday 08 January 2018 - 14:18

    Justice-League-pourquoi-Warner-DC-ne-doit-pas-se-planter.jpgSynopsis : Après avoir retrouvé foi en l'humanité, Bruce Wayne, inspiré par l'altruisme de Superman, sollicite l'aide de sa nouvelle alliée, Diana Prince, pour affronter un ennemi plus redoutable que jamais. Ensemble, Batman et Wonder Woman ne tardent pas à recruter une équipe de méta-humains pour faire face à cette menace inédite. Pourtant, malgré la force que représente cette ligue de héros sans précédent – Batman, Wonder Woman, Aquaman, Cyborg et Flash –, il est peut-être déjà trop tard pour sauver la planète d'une attaque apocalyptique…

     

    Mon avis :  Aaah. Justice League. Un film DC Comics qui fait du Marvel. Comme me le disait récemment Tom, mon jeune collègue (par extension, oui, je suis vieille), le problème c'est que le film a été commencé par un réalisateur de DC Comics (Zack Snyder) et a été fini par un réalisateur de Marvel (Joss Whedon). Snyder a abandonné suite à un drame personnel, et Whedon s'est occupé de la fin du tournage, du montage et de la post-production. Les deux réalisateurs sont plutôt bons dans leurs parties, si on aime les films de superhéros.

    Mais ça ne marche pas. Les films DC Comics font dans le premier degré, ils sont sombres, rarement comiques. Un parti pris qui plaît ou non, mais là n'est pas mon propos. C'est que vouloir à tout prix intégrer la légèreté, le second degré et la bouffonnerie issus des Marvel dans ce monde de demi-teintes grises constitue une erreur. Les interventions clownesques de Flash dans une histoire aux accents de tragédie grecque (ou atlante, comme on veut) sont des plus déplacées. J'en ai réellement été gênée durant la projection.

    Tout n'est pourtant pas à jeter : la prestation de Gal Gadot en Diana Prince/Wonderwoman me garde sous son charme, cette femme a du charisme ; je continue à aimer Ben Affleck en Bruce Wayne/Batman, que je trouve particulièrement savoureux - Dieu sait pourtant que son personnage n'est guère aimable. J'ai apprécié les introductions des personnages d'Aquaman et Cyborg. La relation de Cyborg ave son père est fort bien amenée, une belle intimité père-fils est établie. Pour ce qui est d'Aquaman... Grosso modo, mon analyse se résume à  : « Raaah  ! Jason Momoa / Khal Drogo à demi nu, plein de tatouages et de longs cheveux sauvages... Raaaaah ! Un bain d'eau glacée, viiiiiite ! ». Ce qui ne constitue en rien une réflexion constructive, admettons-le.

    La réplique la plus drôle du film est hélas déflorée par la bande annonce : Flash à Bruce Wayne " C'est quoi ton super-pouvoir, au fait ?" Bruce Wayne : "Je suis riche."

    Le récit finit par être plat : un super méchant qui va détruire le monde, les super héros qui se liguent pour le contrer, un déjà vu qui commence à peser. Bien entendu, la question du rôle de Superman là dedans apporte un peu de piment, vu qu'il est mort, tout de même. Du moins au départ. M'enfin, une fois cet arc narratif résolu, on s'ennuie. On passe un moment à regarder de beaux effets spéciaux, de beaux muscles (pour celleux qui apprécient), un ou deux passages où les personnages nous touchent, et puis, on attend la fin.

    Donc, hélas, bien que je n'ai pas boudé mon plaisir durant la projection, je crains que Justice league ne laisse rien de très intéressant dans ma mémoire... Mais j'attends le film d'Aquaman avec un peu d'impatience (pour des raisons que tous ceux qui ont lu cette chronique comprendront sans peine).

     

  • Monday 08 January 2018 - 11:03
    La facture risque d’être salée en 2018 pour les automobilistes… Entre nouveaux PV de stationnement, péages d’autoroutes en hausse et flambée du prix de l’essence, être automobiliste va bientôt devenir Lire la suite...
  • Sunday 07 January 2018 - 23:03

    Bedazzled by energy efficiency illustration by diego marmolejo

    To focus on energy efficiency is to make present ways of life non-negotiable. However, transforming present ways of life is key to mitigating climate change and decreasing our dependence on fossil fuels.

    Energy efficiency policy

    Energy efficiency is a cornerstone of policies to reduce carbon emissions and fossil fuel dependence in the industrialised world. For example, the European Union (EU) has set a target of achieving 20% energy savings through improvements in energy efficiency by 2020, and 30% by 2030. Measures to achieve these EU goals include mandatory energy efficiency certificates for buildings, minimum efficiency standards and labelling for a variety of products such as boilers, household appliances, lighting and televisions, and emissions performance standards for cars. [1]

    The EU has the world’s most progressive energy efficiency policy, but similar measures are now applied in many other industrialised countries, including China. On a global scale, the International Energy Agency (IEA) asserts that “energy efficiency is the key to ensuring a safe, reliable, affordable and sustainable energy system for the future”. [2] In 2011, the organisation launched its 450 scenario, which aims to limit the concentration of CO2 in the atmosphere to 450 parts per million. Improved energy efficiency accounts for 71% of projected carbon reductions in the period to 2020, and 48% in the period to 2035. [2] [3]

    What are the results?

    Do improvements in energy efficiency actually lead to energy savings? At first sight, the advantages of efficiency seem to be impressive. For example, the energy efficiency of a range of domestic appliances covered by the EU directives has improved significantly over the last 15 years. Between 1998 and 2012, fridges and freezers became 75% more energy efficient, washing machines 63%, laundry dryers 72%, and dishwashers 50%. [4]

    However, energy use in the EU-28 in 2015 was only slightly below the energy use in 2000 (1,627 Mtoe compared to 1.730 Mtoe, or million tonnes of oil equivalents). Furthermore, there are several other factors that may explain the (limited) decrease in energy use, like the 2007 economic crisis. Indeed, after decades of continuous growth, energy use in the EU decreased slightly between 2007 and 2014, only to go up again in 2015 and 2016 when economic growth returned. [1]

    On a global level, energy use keeps rising at an average rate of 2.4% per year. [3] This is double the rate of population growth, while close to half of the global population has limited or no access to modern energy sources. [5] In industrialised (OECD) countries, energy use per head of the population doubled between 1960 and 2007. [6]

    Rebound effects?

    Why is it that advances in energy efficiency do not result in a reduction of energy demand? Most critics focus on so-called “rebound effects”, which have been described since the nineteenth century. [7] According to the rebound argument, improvements in energy efficiency often encourage greater use of the services which energy helps to provide. [8] For example, the advance of solid state lighting (LED), which is six times more energy efficient than old-fashioned incandescent lighting, has not led to a decrease in energy demand for lighting. Instead, it resulted in six times more light. [9]

    In some cases, rebound effects may be sufficiently large to lead to an overall increase in energy use. [8] For example, the improved efficiency of microchips has accelerated the use of computers, whose total energy use now exceeds the total energy use of earlier generations of computers which had less energy efficient microchips. Energy efficiency advances in one product category can also lead to increased energy use in other product categories, or lead to the creation of an entirely new product category.

    For example, LED-screens are more energy efficient than LCD-screens, and could therefore reduce the energy use of televisions. However, they also led to the arrival of digital billboards, which are enormous power hogs in spite of their energy efficient components. [10] Finally, money saved through improvements in energy efficiency can also be spent on other energy-intensive goods and services, which is a possibility usually referred to as an indirect rebound effect.

    Beyond the rebound argument

    Rebound effects are ignored by the EU and the IEA, and this might partly explain why the results fall short of the projections. Among academics, the magnitude of the rebound effect is hotly debated. While some argue that “rebound effects frequently offset or even eliminate the energy savings from improved efficiency” [3], others maintain that rebound effects “have become a distraction” because they are relatively small: “behavioural responses shave 5-30% of intended energy savings, reaching no more than 60% when combined with macro-economic effects – energy efficiency does save energy”. [11]

    Those who downplay rebound effects attribute the lack of results to the fact that we don’t try hard enough: “many opportunities for improving energy efficiency still go wasted”. [11] Others are driven by the goal of improving energy efficiency policy. One response is to suggest that the frame of reference be expanded and that analysts should consider the efficiency not of individual products but of entire systems or societies. In this view, energy efficiency is not framed holistically enough, nor given sufficient context. [12] [13]

    However, a few critics go one step further. In their view, energy efficiency policy cannot be fixed. The problem with energy efficiency, they argue, is that it establishes and reproduces ways of life that are not sustainable in the long run. [12][14]

    A parellel universe

    Rebound effects are often presented as “unintended” consequences, but they are the logical outcome of the abstraction that is required to define and measure energy efficiency. According to Loren Lutzenhiser, a researcher at Portland State University in the US, energy efficiency policy is so abstracted from the everyday dynamics of energy use that it operates in a “parallel universe”. [14] In a more recent paper, What is wrong with energy efficiency?, UK researcher Elizabeth Shove unravels this “parallel universe”, concluding that efficiency policies are “counter-productive” and “part of the problem”. [12]

    According to some critics, efficiency policies are "counter-productive" and "part of the problem".

    To start with, the parallel universe of energy efficiency interprets “energy savings” in a peculiar way. When the EU states that it will achieve 20% “energy savings” by 2020, “energy savings” are not defined as a reduction in actual energy consumption compared to present or historical figures. Indeed, such a definition would show that energy efficiency doesn’t reduce energy use at all. Instead, the “energy savings” are defined as reductions compared to the projected energy use in 2020. These reductions are measured by quantifying “avoided energy” – the energy resources not used because of advances in energy efficiency.

    Even if the projected “energy savings” were to be fully realised, they would not result in an absolute reduction in energy demand. The EU argues that advances in energy efficiency will be “roughly equivalent to turning off 400 power stations”, but in reality no single power station will be turned off in 2020 because of advances in energy efficiency. Instead, the reasoning is that Europe would have needed to build an extra 400 power stations by 2020, were it not for the increases in energy efficiency.

    In taking this approach, the EU treats energy efficiency as a fuel, “a source of energy in its own right”. [15] The IEA goes even further when it claims that “energy avoided by IEA member countries in 2010 (generated from investments over the preceding 1974 to 2010 period), was larger than actual demand met by any other supply side resource, including oil, gas, coal and electricity”, thus making energy efficiency “the largest or first fuel”. [16] [12]

    Measuring something that doesn’t exist

    Treating energy efficiency as a fuel and measuring its success in terms of “avoided energy” is pretty weird. For one thing, it is about not using a fuel that does not exist. [14] Furthermore, the higher the projected energy use in 2030, the larger the “avoided energy” would be. On the other hand, if the projected energy use in 2030 were to be lower than present-day energy use (we reduce energy demand), the “avoided energy” becomes negative.

    An energy policy that seeks to reduce greenhouse gas emissions and fossil fuel dependency must measure its success in terms of lower fossil fuel consumption. [17] However, by measuring “avoided energy”, energy efficiency policy does exactly the opposite. Because projected energy use is higher than present energy use, energy efficiency policy takes for granted that total energy consumption will keep rising.

    That other pillar of climate change policy – the decarbonisation of the energy supply by encouraging the use of renewable energy power plants – suffers from similar defects. Because the increase in total energy demand outpaces the growth in renewable energy, solar and wind power plants are in fact not decarbonising the energy supply. They are not replacing fossil fuel power plants, but are helping to accommodate the ever growing demand for energy. Only by introducing the concept of “avoided emissions” can renewables be presented as having something of the desired effect. [18]

    What is it that is efficient?

    In What is wrong with energy efficiency?, Elizabeth Shove demonstrates that the concept of energy efficiency is just as abstract as the concept of “avoided energy”. Efficiency is about delivering more services (heat, light, transportation,…) for the same energy input, or the same services for less energy input. Consequently, a first step in identifying improvements depends on specifying “service” (what is it that is efficient?) and on quantifying the amount of energy involved (how is “less energy” known?). Setting a reference against which “energy savings” are measured also involves specifying temporal boundaries (where does efficiency start and end?). [12]

    Shove’s main argument is that setting temporal boundaries (where does efficiency start and end?) automatically specifies the “service” (what is it that is efficient?), and the other way around. That’s because energy efficiency can only be defined and measured if it is based on equivalence of service. Shove focuses on home heating, but her point is valid for all other technology. For example, in 1985, the average passenger plane used 8 litres of fuel to transport one passenger over a distance of 100 km, a figure that came down to 3.7 litres today.

    Consequently, we are told that airplanes have become twice as efficient. However, if we make a comparison in fuel use between today and 1950, instead of 1985, airplanes do not use less energy at all. In the 1960s, propeller aircraft were replaced by jet aircraft, which are twice as fast but initially consumed twice as much fuel. Only fifty years later, the jet airplane became as “energy efficient” as the last propeller planes from the 1950s. [19]

    If viewed in a larger historical context, the concept of energy efficiency completely disintegrates.

    What then is a meaningful timespan over which to compare efficiencies? Should propeller planes be taken into account, or should they be ignored? The answer depends on the definition of equivalent service. If the service is defined as “flying”, then propeller planes should be included. But, if the energy service is defined as “flying at a speed of roughly 1,000 km/h”, we can discard propellers and focus on jet engines. However, the latter definition assumes a more energy-intensive service.

    If we go back even further in time, for example to the early twentieth century, people didn’t fly at all and there’s no sense in comparing fuel use per passenger per kilometre. Similar observations can be made for many other technologies or services that have become “more energy efficient”. If they are viewed in a larger historical context, the concept of energy efficiency completely disintegrates because the services are not at all equivalent.

    Often, it’s not necessary to go back very far to prove this. For example, when the energy efficiency of smartphones is calculated, the earlier generation of much less energy demanding “dumbphones” is not taken into account, although they were common less than a decade ago.

    How efficient is a clothesline?

    Because of the need to compare 'like with like' and establish equivalent of service, energy efficiency policy ignores many low energy alternatives that often have a long history but are still relevant in the context of climate change.

    For example, the EU has calculated that energy labels for tumble driers will be able to “save up to 3.3 Twh of electricity by 2020, equivalent to the annual energy consumption of Malta”. [20]. But how much energy use would be avoided if by 2020 every European would use a clothesline instead of a tumble drier? Don’t ask the EU, because it has not calculated the avoided energy use of clotheslines.

    Clothesline by diego marmolejo

    Neither do the EU or the IEA measure the energy efficiency and avoided energy of bicycles, hand powered drills, or thermal underwear. Nevertheless, if clotheslines would be taken seriously as an alternative, then the projected 3.3 TWh of energy “saved” by more energy efficient tumble driers can no longer be considered “avoided energy”, let alone a fuel. In a similar way, bicycles and clothing undermine the very idea of calculating the “avoided energy” of more energy efficient cars and central heating boilers.

    Unsustainable concepts of service

    The problem with energy efficiency policies, then, is that they are very effective in reproducing and stabilising essentially unsustainable concepts of service. [12] Measuring the energy efficiency of cars and tumble driers, but not of bicycles and clotheslines, makes fast but energy-intensive ways of travel or clothes drying non-negotiable, and marginalises much more sustainable alternatives. According to Shove:

    “Programmes of energy efficiency are politically uncontroversial precisely because they take current interpretations of ‘service’ for granted… The unreflexive pursuit of efficiency is problematic not because it doesn’t work or because the benefits are absorbed elsewhere, as the rebound effect suggests, but because it does work – via the necessary concept of equivalence of services – to sustain, perhaps escalate, but never undermine… increasingly energy intensive ways of life.” [12]

    Indeed, the concept of energy efficiency easily accommodates further growth of energy services. All future novelties can be subjected to an efficiency approach. For example, if patio heaters and monsoon showers become “normal”, they could be incorporated in existing energy efficiency policy – and when that happens, the problem of their energy use is considered to be under control. At the same time, defining, measuring and comparing the efficiency of patio heaters and monsoon showers helps make them more “normal”. As a bonus, adding new products to the mix will only increase the energy use that is “avoided” through energy efficiency.

    In short, neither the EU nor the IEA capture the “avoided energy” generated by doing things differently, or by not doing them at all – while these arguably have the largest potential to reduce energy demand. [12] Since the start of the Industrial Revolution, there has been a massive expansion in the uses of energy and in the delegation of human to mechanical forms of power. But although these trends are driving the continuing increase in energy demand, they cannot be measured through the concept of energy efficiency.

    As Shove demonstrates, this problem cannot be solved, because energy efficiency can only be measured on the basis of equivalent service. Instead, she argues that the challenge is “to debate and extend meanings of service and explicitly engage with the ways in which these evolve”. [12]

    Towards an energy inefficiency policy?

    There are several ways to escape from the parallel universe of energy efficiency. First, while energy efficiency hinders significant long term reduction in energy demand through the need for equivalence of service, the opposite also holds true – making everything less energy efficient would reverse the growth in energy services and reduce energy demand.

    For example, if we were to install 1960s internal combustion engines into modern SUVs, fuel use per kilometre driven would be much higher than it is today. Few people would be able or willing to afford to drive such cars, and they would have no other choice but to switch to a much lighter, smaller and less powerful vehicle, or to drive less.

    Making everything less energy efficient would reverse the growth in energy services and reduce energy demand.

    Likewise, if an “energy inefficiency policy” were to mandate the use of inefficient central heating boilers, heating large homes to present-day comfort standards would be unaffordable for most people. They would be forced to find alternative solutions to achieve thermal comfort, for instance heating only one room, dressing more warmly, using personal heating devices, or moving to a smaller home.

    Recent research into the heating of buildings confirms that inefficiency can save energy. A German study examined the calculated energy performance ratings of 3,400 homes and compared these with the actual measured consumption. [21] In line with the rebound argument, the researchers found that residents of the most energy efficient homes (75 kWh/m2/yr) use on average 30% more energy than the calculated rating. However, for less energy efficient homes, the opposite – “pre-bound” – effect was observed: people use less energy than the models had calculated, and the more inefficient the dwelling is, the larger this gap becomes. In the most energy inefficient dwellings (500 kWh/m2/yr), energy use was 60% below the predicted level.

    From efficiency to sufficiency?

    However, while abandoning – or reversing – energy efficiency policy would arguably bring more energy savings than continuing it, there is another option that’s more attractive and could bring even larger energy savings. For an effective policy approach, efficiency can be complemented by or perhaps woven into a “sufficiency” strategy. Energy efficiency aims to increase the ratio of service output to energy input while holding the output at least constant. Energy sufficiency, by contrast, is a strategy that aims to reduce the growth in energy services. [4] In essence, this is a return to the “conservation” policies of the 1970s. [14]

    Sufficiency can involve a reduction of services (less light, less travelling, less speed, lower indoor temperatures, smaller houses), or a substitution of services (a bicycle instead of a car, a clothesline instead of a tumble drier, thermal underclothing instead of central heating). Unlike energy efficiency, the policy objectives of sufficiency cannot be expressed in relative variables (like kWh/m2/year). Instead, the focus is on absolute variables, such as reductions in carbon emissions, fossil fuel use, or oil imports. [17] Unlike energy efficiency, sufficiency cannot be defined and measured by examining a single product type, because sufficiency can involve various forms of substitution. [22] Instead, a sufficiency policy is defined and measured by looking at what people actually do.

    A sufficiency policy could be developed without a parallel efficiency policy, but combining them could bring larger energy savings. The key step here is to think of energy efficiency as a means rather than an end in itself, argues Shove. [12] For example, imagine how much energy could be saved if we would use an energy efficient boiler to heat just one room to 16 degrees, if we install an energy efficient engine in a much lighter vehicle, or if we combine an energy saving shower design with fewer and shorter showers. Nevertheless, while energy efficiency is considered to be a win-win strategy, to develop the concept of sufficiency as a significant force in policy is to make normative judgments: so much consumption is enough, so much is too much. [23] This is sure to be controversial, and it risks being authoritarian, at least as long as there is a cheap supply of fossil fuels.

    Kris De Decker

    Illustrations by Diego Marmolejo.


    References

    [1] "Energy Efficiency", European Commission. https://ec.europa.eu/energy/en/topics/energy-efficiency

    [2] "Energy Efficiency", International Energy Association (IEA). https://www.iea.org/topics/energyefficiency/

    [3] Sorrell, Steve. "Reducing energy demand: A review of issues, challenges and approaches." Renewable and Sustainable Energy Reviews 47 (2015): 74-82. http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1364032115001471

    [4] Brischke, Lars-Arvid, et al. Energy sufficiency in private households enabled by adequate appliances. Wuppertal Institut für Klima, Umwelt, Energie, 2015. https://epub.wupperinst.org/frontdoor/deliver/index/docId/5932/file/5932_Brischke.pdf

    [5] "Poor people's Energy Outlook 2016", Practical Action, 2016. https://policy.practicalaction.org/policy-themes/energy/poor-peoples-energy-outlook/poor-people-s-energy-outlook-2016

    [6] "Energy use (kg of oil equivalent per capita)", World Bank, 2014. https://data.worldbank.org/indicator/EG.USE.PCAP.KG.OE

    [7] Alcott, Blake. "Jevons' paradox." Ecological economics 54.1 (2005): 9-21. https://pdfs.semanticscholar.org/f247/b8fae38e0c46bb9d1020b0be0d589db28446.pdf

    [8] Sorrell, Steve. "The Rebound Effect: an assessment of the evidence for economy-wide energy savings from improved energy efficiency." (2007). http://ukerc.rl.ac.uk/UCAT/PUBLICATIONS/The_Rebound_Effect_An_Assessment_of_the_Evidence_for_Economy-wide_Energy_Savings_from_Improved_Energy_Efficiency.pdf

    [9] Kyba, Christopher CM, et al. "Artificially lit surface of Earth at night increasing in radiance and extent." Science advances 3.11 (2017): e1701528. http://advances.sciencemag.org/content/3/11/e1701528.full?intcmp=trendmd-adv; Tsao, Jeffrey Y., et al. "Solid-state lighting: an energy-economics perspective." Journal of Physics D: Applied Physics 43.35 (2010): 354001. http://siteresources.worldbank.org/INTEAER/Resources/Sao.Simmons.pdf

    [10] Young, Gregory. "Illuminating the Issues." (2013). http://www.scenic.org/storage/documents/Digital_Signage_Final_Dec_14_2010.pdf

    [11] Gillingham, Kenneth, et al. "Energy policy: The rebound effect is overplayed." Nature 493.7433 (2013): 475-476. http://environment.yale.edu/kotchen/pubs/rebound.pdf

    [12] Shove, Elizabeth. "What is wrong with energy efficiency?." Building Research & Information (2017): 1-11. http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09613218.2017.1361746

    [13] Calwell, Is efficient sufficient? Report for the European Council for an Energy Efficient Economy. http://www.eceee.org/static/media/uploads/site-2/policy-areas/sufficiency/eceee_Progressive_Efficiency.pdf

    [14] Lutzenhiser, Loren. "Through the energy efficiency looking glass." Energy Research & Social Science 1 (2014): 141-151. http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2214629614000255

    [15] Good Practice in Energy Efficiency: for a sustainable, safer and more competitive Europe. European Commission, 2017.

    [16] Capturing the Multiple Benefits of Energy Efficiency. IEA, 2014. https://www.iea.org/Textbase/npsum/MultipleBenefits2014SUM.pdf

    [17] Harris, Jeffrey, et al. "Towards a sustainable energy balance: progressive efficiency and the return of energy conservation." Energy efficiency 1.3 (2008): 175-188. https://pubarchive.lbl.gov/islandora/object/ir%3A150324/datastream/PDF/view

    [18] How (not) to resolve the energy crisis, Low-tech Magazine, Kris De Decker, 2009. http://www.lowtechmagazine.com/2009/11/renewable-energy-is-not-enough.html

    [19] Peeters, Paul, J. Middel, and A. Hoolhorst. "Fuel efficiency of commercial aircraft." An overview of historical and future trends (2005). https://www.transportenvironment.org/publications/fuel-efficiency-commercial-aircraft-overview-historical-and-future-trends

    [20] Household Tumble Driers, European Commission. https://ec.europa.eu/energy/en/topics/energy-efficiency/energy-efficient-products/household-tumble-driers

    [21] Sunikka-Blank, Minna, and Ray Galvin. "Introducing the prebound effect: the gap between performance and actual energy consumption." Building Research & Information 40.3 (2012): 260-273. http://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09613218.2012.690952

    [22] Thomas, Stefan, et al. Energy sufficiency policy: an evolution of energy efficiency policy or radically new approaches?. Wuppertal Institut für Klima, Umwelt, Energie, 2015. https://epub.wupperinst.org/frontdoor/deliver/index/docId/5922/file/5922_Thomas.pdf

    [23] Darby, Sarah. "Enough is as good as a feast–sufficiency as policy." Proceedings, European Council for an Energy-Efficient Economy. La Colle sur Loup, 2007. https://pdfs.semanticscholar.org/8e68/c68ace130104ef6fc0f736339ff34b253509.pdf


  • Sunday 07 January 2018 - 21:47
    « Mais pourquoi refuser de se faire ficher si on a rien à se reprocher ? »  Gna gna gna.
    Peut-être à cause de ce genre de merde, non ?
    Identifiant unique pour chaque citoyen, accompagné de la carte d'identité, des comptes en banque, numéros de téléphone, factures, logement... hop, vous êtes entièrement à poil !
    (Permalink)
  • Sunday 07 January 2018 - 18:09

    Des vélos Ofo entassés dans une rue de Paris, en décembre 2017.

    Prime rabotée, Vélib’ empêché, free-floating suspecté. L’actualité du vélo, en ce début d’année, ne donne pas vraiment de signes réconfortants. L’annonce d’un plan vélo national lors de la clôture des Assises de la mobilité, le 13 décembre (lire ici), avait laissé planer un fol espoir : la France allait enfin comprendre l’intérêt de ce moyen de transport pratique, de proximité, rapide, peu coûteux, peu consommateur d’espace, non polluant. Idéal pour la ville, petite, moyenne ou grande.

    Une prime au rabais. Mais plusieurs événements semblent indiquer qu’on en est encore loin. La prime de 200€ pour les acheteurs de vélo à assistance électrique, d’abord. Par un décret du 31 décembre 2017, on a appris qu’elle serait sérieusement rabotée (lire l’article de Libération). Seules pourront en bénéficier les personnes non imposables résidant dans une commune qui a déjà mis en place une telle aide. Sauf que, justement, de nombreuses collectivités avaient profité de l’instauration de la prime de l’État pour supprimer leur propre subvention.

    Ainsi, le dispositif imaginé début 2017 par Ségolène Royal est amplement revu à la baisse. Il est vrai qu’il a essentiellement servi, depuis le 1er février 2017, à des retraités aisés s’offrant un beau vélo de randonnée, comme l’avait montré le Cerema (Centre d’étude et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement). C’est à lire ici.

    « Vélib’ revient vite », qu’ils disaient…

    Semoule, pétrin, choucroute. Pendant ce temps, à Paris, le Vélib’ pédale dans la semoule, le pétrin ou la choucroute, au choix. Seules 80 stations étaient en service le Jour de l’An, au lieu des 300 promises, et alors qu’on en trouvait un millier à l’été 2017. Le nouveau concessionnaire, Smovengo, a admis des difficultés liées à l’alimentation électrique. Davantage d’informations dans cet article publié le 11 janvier.

    La situation devrait lentement s’améliorer, a assuré Catherine Baratti-Elbaz, présidente (PS) du Syndicat Autolib’ Vélib’ métropole. L’élue passe toutefois sous silence le fait que, durant les trois derniers mois de 2017, le service s’était magistralement dégradé. L’ancien concessionnaire, JCDecaux, avait procédé au démantèlement des premières stations dès le mois d’octobre, et il n’en restait presque plus dès le début du mois de décembre.

    Une pétition pour demander davantage de compensations sur Change.org

    Free trottoirs. Toujours à Paris, mais cela concerne aussi les autres villes, on a assisté, à la fin de l’année, à une scène hallucinante. Deux adjoints d’Anne Hidalgo, Jean-Louis Missika (app. PS) et Christophe Najdovski (EELV), ont convoqué les opérateurs des vélos en free floating. Pour éviter de voir les Gobee bikes, Ofo et autres Obikes envahir les trottoirs, la Ville envisage la création d’une redevance pour occupation commerciale du domaine public.

    Le vélo sauvage dans les rues et sur les trottoirs.

    Indiscutablement, ces « vélos sauvages » n’ont rien à faire sur le trottoir, ni quand ils circulent, ni en stationnement. Mais l’empressement de la municipalité parisien à le dénoncer contraste avec le silence pesant de la même municipalité au sujet des scooters, autrement encombrants et dangereux, qui entravent le cheminement des piétons depuis des années. L’arrivée récente des scooters électriques en libre-service, avec la bénédiction de la Ville de Paris, n’a fait qu’aggraver cet encombrement (c’est à lire ici). Mais dès qu’on aperçoit quelques vélos sur les trottoirs, branle-bas de combat !

    Désert de Gobee. Le free-floating donne par ailleurs déjà des signes de faiblesse. A Reims, 400 Gobee bikes avaient été déposés dans les rues début novembre. Il n’en restait plus que 20 début janvier, relève le journal L’Union. Les 380 autres ont été vandalisés, détruits ou volés. « Le désert de Gobee », résume le journal rémois. On constate des situations équivalentes à Lille ou à Paris et le site Maddyness, « magazine des start-ups françaises », se demande si « la bulle n’est pas en train d’éclater ».

    Mise à jour du 9 janvier, grâce à Djakk, fidèle lecteur: Gobee bike se retire de Reims, Lille et Bruxelles. La bulle éclate plus vite que prévu.

    Plus encombrant que les Gobee, Ofo et Obikes: les deux-roues motorisés.

    Voilà pour ce début d’année. Mais une chose ne manque pas de surprendre. Pendant qu’en France, on se focalise sur l’objet vélo, sous la forme d’une aide à l’achat, du Vélib’ ou de l’avenir du free-floating, les pays d’Europe où le vélo est devenu un mode de transport légitime et quotidien ont axé leur politique sur l’usage.

    Aux Pays-Bas, en Allemagne ou en Italie du Nord, on trouve aussi des vélos en libre-service, des Gobee bikes et des subventions. Mais les pouvoirs publics ont surtout créé des infrastructures cyclables (des pistes bien faites, des arceaux de stationnement intelligemment disposés, des gares aménagées, etc.), dégagé de l’espace pour les cyclistes, modéré les vitesses motorisées, incité les automobilistes à changer de mode de déplacement. Le vélo y est pensé comme instrument d’une politique de transport. On se focalise sur l’usage, et non sur l’outil. Pour résumer à gros traits, ces pays préfèrent les pistes cyclables aux vélos pas chers.

    Olivier Razemon (l’actu sur Twitter, des nouvelles du blog sur Facebook et d’étranges panneaux sur Instagram).

     

  • Sunday 07 January 2018 - 13:15
    Résumé : After attacking Devil’s Reef in 1928, the U.S. Government rounded up the people of Innsmouth and took them to the desert, far from their ocean, their Deep One ancestors, and their sleeping god Cthulhu. Only Aphra and Caleb Marsh survived the camps, and they emerged without a past or a future. The government […]
  • Friday 05 January 2018 - 14:15
    Résumé : Je m’appelle Agnès Cleyre et je suis une sorcière. Une vraie cette fois. Ignorée durant toute mon existence par mes consœurs, voilà que la Grande Mère a enfin décidé de m’intégrer dans un convent. Mais pas le temps de m’interroger sur cet étrange revirement de situation. Au même moment, tous les vampires du […]
  • Friday 05 January 2018 - 11:46

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  • Thursday 04 January 2018 - 21:42
    Et hop... encore un moteur de recherche dans la DHT de BitTorrent.
    (Permalink)
  • Thursday 04 January 2018 - 09:12
    Plein de petites simulations physiques (pendules, ressorts, chaînes...)
    (Permalink)
  • Thursday 04 January 2018 - 09:00

    Dans ce quatrième numéro de la série Nouveaux Léviathans, nous allons voir dans quelle mesure le modèle économique a développé son besoin vital de la captation des données relatives à la vie privée. De fait, nous vivons dans le même scénario dystopique depuis une cinquantaine d’années. Nous verrons comment les critiques de l’économie de la surveillance sont redondantes depuis tout ce temps et que, au-delà des craintes, le temps est à l’action d’urgence.

    Note : voici le quatrième volet de la série des Nouveaux (et anciens) Léviathans, initiée en 2016, par Christophe Masutti, alias Framatophe. Pour retrouver les articles précédents, une liste vous est présentée à la fin de celui-ci.

    Aujourd’hui

    Avons-nous vraiment besoin des utopies et des dystopies pour anticiper les rêves et les cauchemars des technologies appliquées aux comportements humains ? Sempiternellement rabâchés, le Meilleur de mondes et 1984 sont sans doute les romans les plus vendus parmi les best-sellers des dernières années. Il existe un effet pervers des utopies et des dystopies, lorsqu’on les emploie pour justifier des arguments sur ce que devrait être ou non la société : tout argument qui les emploie afin de prescrire ce qui devrait être se trouve à un moment ou à un autre face au mur du réel sans possibilité de justifier un mécanisme crédible qui causerait le basculement social vers la fiction libératrice ou la fiction contraignante. C’est la raison pour laquelle l’île de Thomas More se trouve partout et nulle part, elle est utopique, en aucun lieu. Utopie et dystopie sont des propositions d’expérience et n’ont en soi aucune vocation à prouver ou prédire quoi que ce soit bien qu’elles partent presque toujours de l’expérience commune et dont tout l’intérêt, en particulier en littérature, figure dans le troublant cheminement des faits, plus ou moins perceptible, du réel vers l’imaginaire.

    Pourtant, lorsqu’on se penche sur le phénomène de l’exploitation des données personnelles à grande échelle par des firmes à la puissance financière inégalable, c’est la dystopie qui vient à l’esprit. Bien souvent, au gré des articles journalistiques pointant du doigt les dernières frasques des GAFAM dans le domaine de la protection des données personnelles, les discussions vont bon train : « ils savent tout de nous », « nous ne sommes plus libres », « c’est Georges Orwell », « on nous prépare le meilleur des mondes ». En somme, c’est l’angoisse  pendant quelques minutes, juste le temps de vérifier une nouvelle fois si l’application Google de notre smartphone a bien enregistré l’adresse du rendez-vous noté la veille dans l’agenda.

    Un petit coup d’angoisse ? allez… que diriez-vous si vos activités sur les réseaux sociaux, les sites d’information et les sites commerciaux étaient surveillées et quantifiées de telle manière qu’un système de notation et de récompense pouvait vous permettre d’accéder à certains droits, à des prêts bancaires, à des autorisations officielles, au logement, à des libertés de circulation, etc. Pas besoin de science-fiction. Ainsi que le rapportait Wired en octobre 20171, la Chine a déjà tout prévu d’ici 2020, c’est-à-dire demain. Il s’agit, dans le contexte d’un Internet déjà ultra-surveillé et non-neutre, d’établir un système de crédit social en utilisant les big data sur des millions de citoyens et effectuer un traitement qui permettra de catégoriser les individus, quels que soient les risques : risques d’erreurs, risques de piratage, crédibilité des indicateurs, atteinte à la liberté d’expression, etc.

    Évidemment les géants chinois du numérique comme Alibaba et sa filiale de crédit sont déjà sur le coup. Mais il y a deux choses troublantes dans cette histoire. La première c’est que le crédit social existe déjà et partout : depuis des années on évalue en ligne les restaurants et les hôtels sans se priver de critiquer les tenanciers et il existe toute une économie de la notation dans l’hôtellerie et la restauration, des applications terrifiantes comme Peeple2 existent depuis 2015, les banques tiennent depuis longtemps des listes de créanciers, les fournisseurs d’énergie tiennent à jour les historiques des mauvais payeurs, etc.  Ce que va faire la Chine, c’est le rêve des firmes, c’est la possibilité à une gigantesque échelle et dans un cadre maîtrisé (un Internet non-neutre) de centraliser des millions de gigabits de données personnelles et la possibilité de recouper ces informations auparavant éparses pour en tirer des profils sur lesquels baser des décisions.

    Le second élément troublant, c’est que le gouvernement chinois n’aurait jamais eu cette idée si la technologie n’était pas déjà à l’œuvre et éprouvée par des grandes firmes. Le fait est que pour traiter autant d’informations par des algorithmes complexes, il faut : de grandes banques de données, beaucoup d’argent pour investir dans des serveurs et dans des compétences, et espérer un retour sur investissement de telle sorte que plus vos secteurs d’activités sont variés plus vous pouvez inférer des profils et plus votre marketing est efficace. Il est important aujourd’hui pour des monopoles mondialisés de savoir combien vous avez de chance d’acheter à trois jours d’intervalle une tondeuse à gazon et un canard en mousse. Le profilage de la clientèle (et des utilisateurs en général) est devenu l’élément central du marché à tel point que notre économie est devenue une économie de la surveillance, repoussant toujours plus loin les limites de l’analyse de nos vies privées.

    La dystopie est en marche, et si nous pensons bien souvent au cauchemar orwellien lorsque nous apprenons l’existence de projets comme celui du gouvernement chinois, c’est parce que nous n’avons pas tous les éléments en main pour en comprendre le cheminement. Nous anticipons la dystopie mais trop souvent, nous n’avons pas les moyens de déconstruire ses mécanismes. Pourtant, il devient de plus en plus facile de montrer ces mécanismes sans faire appel à l’imaginaire : toutes les conditions sont remplies pour n’avoir besoin de tracer que quelques scénarios alternatifs et peu différents les uns des autres. Le traitement et l’analyse de nos vies privées provient d’un besoin, celui de maximiser les profits dans une économie qui favorise l’émergence des monopoles et la centralisation de l’information. Cela se retrouve à tous les niveaux de l’économie, à commencer par l’activité principale des géants du Net : le démarchage publicitaire. Comprendre ces modèles économiques revient aussi à comprendre les enjeux de l’économie de la surveillance.

    Données personnelles : le commerce en a besoin

    Dans le petit monde des études en commerce et marketing, Frederick Reichheld fait figure de référence. Son nom et ses publications dont au moins deux best sellers, ne sont pas vraiment connus du grand public, en revanche la plupart des stratégies marketing des vingt dernières années sont fondées, inspirées et même modélisées à partir de son approche théorique de la relation entre la firme et le client. Sa principale clé de lecture est une notion, celle de la fidélité du client. D’un point de vue opérationnel cette notion est déclinée en un concept, celui de la valeur vie client (customer lifetime value) qui se mesure à l’aune de profits réalisés durant le temps de cette relation entre le client et la firme. Pour Reichheld, la principale activité du marketing consiste à optimiser cette valeur vie client. Cette optimisation s’oppose à une conception rétrograde (et qui n’a jamais vraiment existé, en fait3) de la « simple » relation marchande.

    En effet, pour bien mener les affaires, la relation avec le client ne doit pas seulement être une série de transactions marchandes, avec plus ou moins de satisfaction à la clé. Cette manière de concevoir les modèles économiques, qui repose uniquement sur l’idée qu’un client satisfait est un client fidèle, a son propre biais : on se contente de donner de la satisfaction. Dès lors, on se place d’un point de vue concurrentiel sur une conception du capitalisme marchand déjà ancienne. Le modèle de la concurrence « non faussée » est une conception nostalgique (fantasmée) d’une relation entre firme et client qui repose sur la rationalité de ce dernier et la capacité des firmes à produire des biens en réponse à des besoins plus ou moins satisfaits. Dès lors la décision du client, son libre arbitre, serait la variable juste d’une économie auto-régulée (la main invisible) et la croissance économique reposerait sur une dynamique de concurrence et d’innovation, en somme, la promesse du « progrès ».

    Évidemment, cela ne fonctionne pas ainsi. Il est bien plus rentable pour une entreprise de fidéliser ses clients que d’en chercher de nouveaux. Prospecter coûte cher alors qu’il est possible de jouer sur des variables à partir de l’existant, tout particulièrement lorsqu’on exerce un monopole (et on comprend ainsi pourquoi les monopoles s’accommodent très bien entre eux en se partageant des secteurs) :

    1. on peut résumer la conception de Reichheld à partir de son premier best seller, The Loyalty Effect (1996) : avoir des clients fidèles, des employés fidèles et des propriétaires loyaux. Il n’y a pas de main invisible : tout repose sur a) le rapport entre hausse de la rétention des clients / hausse des dépenses, b) l’insensibilité aux prix rendue possible par la fidélisation (un client fidèle, ayant dépassé le stade du risque de défection, est capable de dépenser davantage pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la valeur marchande), c) la diminution des coûts de maintenance (fidélisation des employés et adhésion au story telling), d) la hausse des rendements et des bénéfices. En la matière la firme Apple rassemble tous ces éléments à la limite de la caricature.
    2. Reichheld est aussi le créateur d’un instrument d’évaluation de la fidélisation : le NPS (Net Promoter Score). Il consiste essentiellement à catégoriser les clients, entre promoteurs, détracteurs ou passifs. Son autre best-seller The Ultimate Question 2.0 : How Net Promoter Companies Thrive in a Customer-Driven World déploie les applications possibles du contrôle de la qualité des relations client qui devient dès lors la principale stratégie de la firme d’où découlent toutes les autres stratégies (en particulier les choix d’innovation). Ainsi il cite dans son ouvrage les plus gros scores NPS détenus par des firmes comme Apple, Amazon et Costco.

    Il ne faut pas sous-estimer la valeur opérationnelle du NPS. Notamment parce qu’il permet de justifier les choix stratégiques. Dans The Ultimate Question 2.0 Reichheld fait référence à une étude de Bain & Co. qui montre que pour une banque, la valeur vie client d’un promoteur (au sens NPS) est estimée en moyenne à 9 500 dollars. Ce modèle aujourd’hui est une illustration de l’importance de la surveillance et du rôle prépondérant de l’analyse de données. En effet, plus la catégorisation des clients est fine, plus il est possible de déterminer les leviers de fidélisation. Cela passe évidemment par un système de surveillance à de multiples niveaux, à la fois internes et externes :

    • surveiller des opérations de l’organisation pour les rendre plus agiles et surveiller des employés pour augmenter la qualité des relations client,
    • rassembler le plus de données possibles sur les comportements des clients et les possibilités de déterminer leurs choix à l’avance.

    Savoir si cette approche du marketing est née d’un nouveau contexte économique ou si au contraire ce sont les approches de la valeur vie client qui ont configuré l’économie d’aujourd’hui, c’est se heurter à l’éternel problème de l’œuf et de la poule. Toujours est-il que les stratégies de croissance et de rentabilité de l’économie reposent sur l’acquisition et l’exploitation des données personnelles de manière à manipuler les processus de décision des individus (ou plutôt des groupes d’individus) de manière à orienter les comportements et fixer des prix non en rapport avec la valeur des biens mais en rapport avec ce que les consommateurs (ou même les acheteurs en général car tout ne se réduit pas à la question des seuls biens de consommation et des services) sont à même de pouvoir supporter selon la catégorie à laquelle ils appartiennent.

    Le fait de catégoriser ainsi les comportements et les influencer, comme nous l’avons vu dans les épisodes précédents de la série Léviathans, est une marque stratégique de ce que Shoshana Zuboff a appelé le capitalisme de surveillance4. Les entreprises ont aujourd’hui un besoin vital de rassembler les données personnelles dans des silos de données toujours plus immenses et d’exploiter ces big data de manière à optimiser leurs modèles économiques. Ainsi, du point de vue des individus, c’est le quotidien qui est scruté et analysé de telle manière que, il y a à peine une dizaine d’années, nous étions à mille lieues de penser l’extrême granularité des données qui cartographient et catégorisent nos comportements. Tel est l’objet du récent rapport publié par Cracked Lab Corporate surveillance in everyday life5 qui montre à quel point tous les aspect du quotidien font l’objet d’une surveillance à une échelle quasi-industrielle (on peut citer les activités de l’entreprise Acxiom), faisant des données personnelles un marché dont la matière première est traitée sans aucun consentement des individus. En effet, tout le savoir-faire repose essentiellement sur le recoupement statistique et la possibilité de catégoriser des milliards d’utilisateurs de manière à produire des représentations sociales dont les caractéristiques ne reflètent pas la réalité mais les comportements futurs. Ainsi par exemple les secteurs bancaires et des assurances sont particulièrement friands des possibilités offertes par le pistage numérique et l’analyse de solvabilité.

    Cette surveillance a été caractérisée déjà en 1988 par le chercheur en systèmes d’information Roger Clarke6 :

    • dans la mesure où il s’agit d’automatiser, par des algorithmes, le traitement des informations personnelles dans un réseau regroupant plusieurs sources, et d’en inférer du sens, on peut la qualifier de « dataveillance », c’est à dire « l’utilisation systématique de systèmes de traitement de données à caractère personnel dans l’enquête ou le suivi des actions ou des communications d’une ou de plusieurs personnes » ;
    • l’un des attributs fondamentaux de cette dataveillance est que les intentions et les mécanismes sont cachés aux sujets qui font l’objet de la surveillance.

    En effet, l’accès des sujets à leurs données personnelles et leurs traitements doit rester quasiment impossible car après un temps très court de captation et de rétention, l’effet de recoupement fait croître de manière exponentielle la somme d’information sur les sujets et les résultats, qu’ils soient erronés ou non, sont imbriqués dans le profilage et la catégorisation de groupes d’individus. Plus le monopole a des secteurs d’activité différents, plus les comportements des mêmes sujets vont pouvoir être quantifiés et analysés à des fins prédictives. C’est pourquoi la dépendance des firmes à ces informations est capitale ; pour citer Clarke en 20177 :

    « L’économie de la surveillance numérique est cette combinaison d’institutions, de relations institutionnelles et de processus qui permet aux entreprises d’exploiter les données issues de la surveillance du comportement électronique des personnes et dont les sociétés de marketing deviennent rapidement dépendantes. »

    Le principal biais que produit cette économie de la surveillance (pour S. Zuboff, c’est de capitalisme de surveillance qu’il s’agit puisqu’elle intègre une relation d’interdépendance entre centralisation des données et centralisation des capitaux) est qu’elle n’a plus rien d’une démarche descriptive mais devient prédictive par effet de prescription.

    Elle n’est plus descriptive (mais l’a-t-elle jamais été ?) parce qu’elle ne cherche pas à comprendre les comportements économiques en fonction d’un contexte, mais elle cherche à anticiper les comportements en maximisant les indices comportementaux. On ne part plus d’un environnement économique pour comprendre comment le consommateur évolue dedans, on part de l’individu pour l’assigner à un environnement économique sur mesure dans l’intérêt de la firme. Ainsi, comme l’a montré une étude de Propublica en 20168, Facebook dispose d’un panel de pas moins de 52 000 indicateurs de profilage individuels pour en établir une classification générale. Cette quantification ne permet plus seulement, comme dans une approche statistique classique, de déterminer par exemple si telle catégorie d’individus est susceptible d’acheter une voiture. Elle permet de déterminer, de la manière la plus intime possible, quelle valeur économique une firme peut accorder à un panel d’individus au détriment des autres, leur valeur vie client.

    Tout l’enjeu consiste à savoir comment influencer ces facteurs et c’est en cela que l’exploitation des données passe d’une dimension prédictive à une dimension prescriptive. Pour prendre encore l’exemple de Facebook, cette firme a breveté un système capable de déterminer la solvabilité bancaire des individus en fonction de la solvabilité moyenne de leur réseau de contacts9. L’important ici, n’est pas vraiment d’aider les banques à diminuer les risques d’insolvabilité de leurs clients, car elles savent très bien le faire toutes seules et avec les mêmes procédés d’analyse en big data. En fait, il s’agit d’influencer les stratégies personnelles des individus par le seul effet panoptique10 : si les individus savent qu’ils sont surveillés, toute la stratégie individuelle consistera à choisir ses amis Facebook en fonction de leur capacité à maximiser les chances d’accéder à un prêt bancaire (et cela peut fonctionner pour bien d’autres objectifs). L’intérêt de Facebook n’est pas d’aider les banques, ni de vendre une expertise en statistique (ce n’est pas le métier de Facebook) mais de normaliser les comportements dans l’intérêt économique et augmenter la valeur vie client potentielle de ses utilisateurs : si vous avez des problèmes d’argent, Facebook n’est pas fait pour vous. Dès lors il suffit ensuite de revendre des profils sur-mesure à des banques. On se retrouve typiquement dans un épisode d’anticipation de la série Black Mirror (Chute libre)11.

     

    La fiction, l’anticipation, la dystopie… finalement, c’est-ce pas un biais que de toujours analyser sous cet angle l’économie de la surveillance et le rôle des algorithmes dans notre quotidien ? Tout se passe en quelque sorte comme si nous découvrions un nouveau modèle économique, celui dont nous venons de montrer que les préceptes sont déjà anciens, et comme si nous appréhendions seulement aujourd’hui les enjeux de la captation et l’exploitation des données personnelles. Au risque de décevoir tous ceux qui pensent que questionner la confiance envers les GAFAM est une activité d’avant-garde, la démarche a été initiée dès les prémices de la révolution informatique.

    La vie privée à l’époque des pattes d’eph.

    Face au constat selon lequel nous vivons dans un environnement où la surveillance fait loi, de nombreux ouvrages, articles de presse et autres témoignages ont sonné l’alarme. En décembre 2017, ce fut le soi-disant repentir de Chamath Palihapitya, ancien vice-président de Facebook, qui affirmait avoir contribué à créer « des outils qui déchirent le tissu social »12. Il ressort de cette lecture qu’après plusieurs décennies de centralisation et d’exploitation des données personnelles par des acteurs économiques ou institutionnels, nous n’avons pas fini d’être surpris par les transformations sociales qu’impliquent les big data. Là où, effectivement, nous pouvons accorder un tant soit peu de de crédit à C. Palihapitya, c’est dans le fait que l’extraction et l’exploitation des données personnelles implique une économie de la surveillance qui modèle la société sur son modèle économique. Et dans ce modèle, l’exercice de certains droits (comme le droit à la vie privée) passe d’un état absolu (un droit de l’homme) à un état relatif (au contexte économique).

    Comme cela devient une habitude dans cette série des Léviathans, nous pouvons effectuer un rapide retour dans le temps et dans l’espace. Situons-nous à la veille des années 1970, aux États-Unis, plus exactement dans la période charnière qui vit la production en masse des ordinateurs mainframe (du type IBM 360), à destination non plus des grands laboratoires de recherche et de l’aéronautique, mais vers les entreprises des secteurs de la banque, des assurances et aussi vers les institutions gouvernementales. L’objectif premier de tels investissements (encore bien coûteux à cette époque) était le traitement des données personnelles des citoyens ou des clients.

    Comme bien des fois en histoire, il existe des périodes assez courtes où l’on peut comprendre les événements non pas parce qu’ils se produisent suivant un enchaînement logique et linéaire, mais parce qu’ils surviennent de manière quasi-simultanée comme des fruits de l’esprit du temps. Ainsi nous avons d’un côté l’émergence d’une industrie de la donnée personnelle, et, de l’autre l’apparition de nombreuses publications portant sur les enjeux de la vie privée. D’aucuns pourraient penser que, après la publication en 1949 du grand roman de G. Orwell, 1984, la dystopie orwellienne pouvait devenir la clé de lecture privilégiée de l’informationnalisation (pour reprendre le terme de S. Zuboff) de la société américaine dans les années 1960-1970. Ce fut effectivement le cas… plus exactement, si les références à Orwell sont assez courantes dans la littérature de l’époque13, il y avait deux lectures possibles de la vie privée dans une société aussi bouleversée que celle de l’Amérique des années 1960. La première questionnait la hiérarchie entre vie privée et vie publique. La seconde focalisait sur le traitement des données informatiques. Pour mieux comprendre l’état d’esprit de cette période, il faut parcourir quelques références.

    Vie privée vs vie publique

    Deux best-sellers parus en été 1964 effectuent un travail introspectif sur la société américaine et son rapport à la vie privée. Le premier, écrit par Myron Brenton, s’intitule The privacy invaders14. Brenton est un ancien détective privé qui dresse un inventaire des techniques de surveillance à l’encontre des citoyens et du droit. Le second livre, écrit par Vance Packard, connut un succès international. Il s’intitule The naked Society15, traduit en français un an plus tard sous le titre Une société sans défense. V. Packard est alors universitaire, chercheur en sociologie et économie. Il est connu pour avoir surtout travaillé sur la société de consommation et le marketing et dénoncé, dans un autre ouvrage (La persuasion clandestine16), les abus des publicitaires en matière de manipulation mentale. Dans The naked Society comme dans The privacy invaders les mêmes thèmes sont déployés à propos des dispositifs de surveillance, entre les techniques d’enquêtes des banques sur leurs clients débiteurs, les écoutes téléphoniques, la surveillance audio et vidéo des employés sur les chaînes de montage, en somme toutes les stratégies privées ou publiques d’espionnage des individus et d’abus en tout genre qui sont autant d’atteintes à la vie privée. Il faut dire que la société américaine des années 1960 a vu aussi bien arriver sur le marché des biens de consommation le téléphone et la voiture à crédit mais aussi l’électronique et la miniaturisation croissante des dispositifs utiles dans ce genre d’activité. Or, les questions que soulignent Brenton et Packard, à travers de nombreux exemples, ne sont pas tant celles, plus ou moins spectaculaires, de la mise en œuvre, mais celles liées au droit des individus face à des puissances en recherche de données sur la vie privée extorquées aux sujets mêmes. En somme, ce que découvrent les lecteurs de ces ouvrages, c’est que la vie privée est une notion malléable, dans la réalité comme en droit, et qu’une bonne part de cette malléabilité est relative aux technologies et au médias. Packard ira légèrement plus loin sur l’aspect tragique de la société américaine en focalisant plus explicitement sur le respect de la vie privée dans le contexte des médias et de la presse à sensation et dans les contradictions apparente entre le droit à l’information, le droit à la vie privée et le Sixième Amendement. De là, il tire une sonnette d’alarme en se référant à Georges Orwell, et dénonçant l’effet panoptique obtenu par l’accessibilité des instruments de surveillance, la généralisation de leur emploi dans le quotidien, y compris pour les besoins du marketing, et leur impact culturel.

    En réalité, si ces ouvrages connurent un grand succès, c’est parce que leur approche de la vie privée reposait sur un questionnement des pratiques à partir de la morale et du droit, c’est-à-dire sur ce que, dans une société, on est prêt à admettre ou non au sujet de l’intimité vue comme une part structurelle des relations sociales. Qu’est-ce qui relève de ma vie privée et qu’est-ce qui relève de la vie publique ? Que puis-je exposer sans crainte selon mes convictions, ma position sociale, la classe à laquelle j’appartiens, etc. Quelle est la légitimité de la surveillance des employés dans une usine, d’un couple dans une chambre d’hôtel, d’une star du show-biz dans sa villa ?

    Il reste que cette approche manqua la grande révolution informatique naissante et son rapport à la vie privée non plus conçue comme l’image et l’estime de soi, mais comme un ensemble d’informations quantifiables à grande échelle et dont l’analyse peut devenir le mobile de décisions qui impactent la société en entier17. La révolution informatique relègue finalement la légitimité de la surveillance au second plan car la surveillance est alors conçue de manière non plus intentionnelle mais comme une série de faits : les données fournies par les sujets, auparavant dans un contexte fermé comme celui de la banque locale, finirent par se retrouver centralisées et croisées au gré des consortiums utilisant l’informatique pour traiter les données des clients. Le même schéma se retrouva pour ce qui concerne les institutions publiques dans le contexte fédéral américain.

    Vie privée vs ordinateurs

    Une autre approche commença alors à faire son apparition dans la sphère universitaire. Elle intervient dans la seconde moitié des années 1960. Il s’agissait de se pencher sur la gouvernance des rapports entre la vie privée et l’administration des données personnelles. Suivant au plus près les nouvelles pratiques des grands acteurs économiques et gouvernementaux, les universitaires étudièrent les enjeux de la numérisation des données personnelles avec en arrière-plan les préoccupations juridiques, comme celle de V. Packard, qui faisaient l’objet des réflexions de la décennie qui se terminait. Si, avec la société de consommation venait tout un lot de dangers sur la vie privée, cette dernière devrait être protégée, mais il fallait encore savoir sur quels plans agir. Le début des années 1970, en guise de résultat de ce brainstorming général, marquèrent alors une nouvelle ère de la privacy à l’Américaine à l’âge de l’informatisation et du réseautage des données personnelles. Il s’agissait de comprendre qu’un changement majeur était en train de s’effectuer avec les grands ordinateurs en réseau et qu’il fallait formaliser dans le droit les garde-fou les plus pertinents : on passait d’un monde où la vie privée pouvait faire l’objet d’une intrusion par des acteurs séparés, recueillant des informations pour leur propre compte en fonction d’objectifs différents, à un monde où les données éparses étaient désormais centralisées, avec des machines capables de traiter les informations de manière rapide et automatisée, capables d’inférer des informations sans le consentement des sujets à partir d’informations que ces derniers avaient données volontairement dans des contextes très différents.

    La liste des publications de ce domaine serait bien longue. Par exemple, la Rand Corporation publia une longue liste bibliographique annotée au sujet des données personnelles informatisées. Cette liste regroupe près de 300 publications entre 1965 et 1967 sur le sujet18.

    Des auteurs universitaires firent école. On peut citer :

    • Alan F. Westin : Privacy and freedom (1967), Civil Liberties and Computerized Data Systems (1971), Databanks in a Free Society : Computers, Record Keeping and Privacy (1972)19 ;
    • James B. Rule : Private lives and public surveillance : social control in the computer age (1974)20 ;
    • Arthur R. Miller : The assault on privacy. Computers, Data Banks and Dossier (1971)21 ;
    • Malcolm Warner et Mike Stone, The Data Bank Society : Organizations, Computers and Social Freedom (1970)22.

    Toutes ces publications ont ceci en commun qu’elles procédèrent en deux étapes. La première consistait à dresser un tableau synthétique de la société américaine face à la captation des informations personnelles. Quatre termes peuvent résumer les enjeux du traitement des informations : 1) la légitimité de la captation des informations, 2) la permanence des données et leurs modes de rétention, 3) la transférabilité (entre différentes organisations), 4) la combinaison ou le recoupement de ces données et les informations ainsi inférées23.

    La seconde étape consistait à choisir ce qui, dans cette « société du dossier (dossier society) » comme l’appelait Arthur R. Miller, devait faire l’objet de réformes. Deux fronts venaient en effet de s’ouvrir : l’État et les firmes.

    Le premier, évident, était celui que la dystopie orwellienne pointait avec empressement : l’État de surveillance. Pour beaucoup de ces analystes, en effet, le fédéralisme américain et la multiplicité des agences gouvernementales pompaient allègrement la privacy des honnêtes citoyens et s’équipaient d’ordinateurs à temps partagé justement pour rendre interopérables les systèmes de traitement d’information à (trop) grande échelle. Un rapide coup d’œil sur les références citées, montre que, effectivement, la plupart des conclusions focalisaient sur le besoin d’adapter le droit aux impératifs constitutionnels américains. Tels sont par exemple les arguments de A. F. Westin pour lequel l’informatisation des données privées dans les différentes autorités administratives devait faire l’objet non d’un recul, mais de nouvelles règles portant sur la sécurité, l’accès des citoyens à leurs propres données et la pertinence des recoupements (comme par exemple l’utilisation restreinte du numéro de sécurité sociale). En guise de synthèse, le rapport de l’U.S. Department of health, Education and Welfare livré en 197324 (et où l’on retrouve Arthur R. Miller parmi les auteurs) repris ces éléments au titre de ses recommandations. Il prépara ainsi le Privacy Act de 1974, qui vise notamment à prévenir l’utilisation abusive de documents fédéraux et garantir l’accès des individus aux données enregistrées les concernant.

    Le second front, tout aussi évident mais moins accessible car protégé par le droit de propriété, était celui de la récolte de données par les firmes, et en particulier les banques. L’un des auteurs les plus connus, Arthur R. Miller dans The assault on privacy, fit la synthèse des deux fronts en focalisant sur le fait que l’informatisation des données personnelles, par les agences gouvernementales comme par les firmes, est une forme de surveillance et donc un exercice du pouvoir. Se poser la question de leur légitimité renvoie effectivement à des secteurs différents du droit, mais c’est pour lui le traitement informatique (il utilise le terme « cybernétique ») qui est un instrument de surveillance par essence. Et cet instrument est orwellien :

    « Il y a à peine dix ans, on aurait pu considérer avec suffisance Le meilleur des mondes de Huxley ou 1984 de Orwell comme des ouvrages de science-fiction excessifs qui ne nous concerneraient pas et encore moins ce pays. Mais les révélations publiques répandues au cours des dernières années au sujet des nouvelles formes de pratiques d’information ont fait s’envoler ce manteau réconfortant mais illusoire. »

    Pourtant, un an avant la publication de Miller fut voté le Fair Credit Reporting Act, portant sur les obligations déclaratives des banques. Elle fut aussi l’une des premières lois sur la protection des données personnelles, permettant de protéger les individus, en particulier dans le secteur bancaire, contre la tenue de bases de données secrètes, la possibilité pour les individus d’accéder aux données et de les contester, et la limitation dans le temps de la rétention des informations.

    Cependant, pour Miller, le Fair Credit Reporting Act est bien la preuve que la bureaucratie informatisée et le réseautage des données personnelles impliquent deux pertes de contrôle de la part de l’individu et pour lesquelles la régulation par le droit n’est qu’un pis-aller (pp. 25-38). On peut de même, en s’autorisant quelque anachronisme, s’apercevoir à quel point les deux types de perte de contrôles qu’il pointe nous sont éminemment contemporains.

    • The individual loss of control over personal information  : dans un contexte où les données sont mises en réseau et recoupées, dès lors qu’une information est traitée par informatique, le sujet et l’opérateur n’ont plus le contrôle sur les usages qui pourront en être faits. Sont en jeu la sécurité et l’intégrité des données (que faire en cas d’espionnage ? que faire en cas de fuite non maîtrisée des données vers d’autres opérateurs : doit-on exiger que les opérateurs en informent les individus ?).
    • The individual loss of control over the accuracy of his informational profil : la centralisation des données permet de regrouper de multiples aspects de la vie administrative et sociale de la personne, et de recouper toutes ces données pour en inférer des profils. Dans la mesure où nous assistons à une concentration des firmes par rachats successifs et l’émergence de monopoles (Miller prend toujours l’exemple des banques), qu’arrive-t-il si certaines données sont erronées ou si certains recoupements mettent en danger le droit à la vie privée : par exemple le rapport entre les données de santé, l’identité des individus et les crédits bancaires.

    Et Miller de conclure (p. 79) :

    « Ainsi, l’informatisation, le réseautage et la réduction de la concurrence ne manqueront pas de pousser l’industrie de l’information sur le crédit encore plus profondément dans le marasme du problème de la protection de la vie privée. »

    Les échos du passé

    La lutte pour la préservation de la vie privée dans une société numérisée passe par une identification des stratégies intentionnelles de la surveillance et par l’analyse des procédés d’extraction, rétention et traitement des données. La loi est-elle une réponse ? Oui, mais elle est loin de suffire. La littérature nord-américaine dont nous venons de discuter montre que l’économie de la surveillance dans le contexte du traitement informatisé des données personnelles est née il y a plus de 50 ans. Et dès le début il fut démontré, dans un pays où les droits individuels sont culturellement associés à l’organisation de l’État fédéral (la Déclaration des Droits), non seulement que la privacy changeait de nature (elle s’étend au traitement informatique des informations fournies et aux données inférées) mais aussi qu’un équilibre s’établissait entre le degré de sanctuarisation de la vie privée et les impératifs régaliens et économiques qui réclament une industrialisation de la surveillance.

    Puisque l’intimité numérique n’est pas absolue mais le résultat d’un juste équilibre entre le droit et les pratiques, tout les jeux post-révolution informatique après les années 1960 consistèrent en une lutte perpétuelle entre défense et atteinte à la vie privée. C’est ce que montre Daniel J. Solove dans « A Brief History of Information Privacy Law »25 en dressant un inventaire chronologique des différentes réponses de la loi américaine face aux changements technologiques et leurs répercussions sur la vie privée.

    Il reste néanmoins que la dimension industrielle de l’économie de la surveillance a atteint en 2001 un point de basculement à l’échelle mondiale avec le Patriot Act26 dans le contexte de la lutte contre le terrorisme. À partir de là, les principaux acteurs de cette économie ont vu une demande croissante de la part des États pour récolter des données au-delà des limites strictes de la loi sous couvert des dispositions propres à la sûreté nationale et au secret défense. Pour rester sur l’exemple américain, Thomas Rabino écrit à ce sujet27 :

    « Alors que le Privacy Act de 1974 interdit aux agences fédérales de constituer des banques de données sur les citoyens américains, ces mêmes agences fédérales en font désormais l’acquisition auprès de sociétés qui, à l’instar de ChoicePoint, se sont spécialisées dans le stockage d’informations diverses. Depuis 2001, le FBI et d’autres agences fédérales ont conclu, dans la plus totale discrétion, de fructueux contrats avec ChoicePoint pour l’achat des renseignements amassés par cette entreprise d’un nouveau genre. En 2005, le budget des États-Unis consacrait plus de 30 millions de dollars à ce type d’activité. »

    Dans un contexte plus récent, on peut affirmer que même si le risque terroriste est toujours agité comme un épouvantail pour justifier des atteintes toujours plus fortes à l’encontre de la vie privée, les intérêts économiques et la pression des lobbies ne peuvent plus se cacher derrière la Raison d’État. Si bien que plusieurs pays se mettent maintenant au diapason de l’avancement technologique et des impératifs de croissance économique justifiant par eux-mêmes des pratiques iniques. Ce fut le cas par exemple du gouvernement de Donald Trump qui, en mars 2017 et à la plus grande joie du lobby des fournisseurs d’accès, abroge une loi héritée du gouvernement précédent et qui exigeait que les FAI obtiennent sous conditions la permission de partager des renseignements personnels – y compris les données de localisation28.

    Encore en mars 2017, c’est la secrétaire d’État à l’Intérieur Britannique Amber Rudd qui juge publiquement « inacceptable » le chiffrement des communications de bout en bout et demande aux fournisseurs de messagerie de créer discrètement des backdoors, c’est à dire renoncer au chiffrement de bout en bout sans le dire aux utilisateurs29. Indépendamment du caractère moralement discutable de cette injonction, on peut mesurer l’impact du message sur les entreprises comme Google, Facebook et consors : il existe des décideurs politiques capables de demander à ce qu’un fournisseur de services propose à ses utilisateurs un faux chiffrement, c’est-à-dire que le droit à la vie privée soit non seulement bafoué mais, de surcroît, que le mensonge exercé par les acteurs privés soit couvert par les acteurs publics, et donc par la loi.

    Comme le montre Shoshana Zuboff, le capitalisme de surveillance est aussi une idéologie, celle qui instaure une hiérarchie entre les intérêts économiques et le droit. Le droit peut donc être une arme de lutte pour la sauvegarde de la vie privée dans l’économie de la surveillance, mais il ne saurait suffire dans la mesure où il n’y pas de loyauté entre les acteurs économiques et les sujets et parfois même encore moins entre les décideurs publics et les citoyens.

    Dans ce contexte où la confiance n’est pas de mise, les portes sont restées ouvertes depuis les années 1970 pour créer l’industrie des big data dont le carburant principal est notre intimité, notre quotidienneté. C’est parce qu’il est désormais possible de repousser toujours un peu plus loin les limites de la captation des données personnelles que des théories économique prônent la fidélisation des clients et la prédiction de leurs comportements comme seuls points d’appui des investissements et de l’innovation. C’est vrai dans le marketing, c’est vrai dans les services et l’innovation numériques. Et tout naturellement c’est vrai dans la vie politique, comme le montre par exemple l’affaire des dark posts durant la campagne présidentielle de D. Trump : la possibilité de contrôler l’audience et d’influencer une campagne présidentielle via les réseaux sociaux comme Facebook est désormais démontrée.

    Tant que ce modèle économique existera, aucune confiance ne sera possible. La confiance est même absente des pratiques elles-mêmes, en particulier dans le domaine du traitement algorithmique des informations. En septembre 2017, la chercheuse Zeynep Tufekci, lors d’une conférence TED30, reprenait exactement les questions d’Arthur R. Miller dans The assault on privacy, soit 46 ans après. Miller prenait comme étude de cas le stockage d’information bancaire sur les clients débiteurs, et Tufekci prend les cas des réservation de vols aériens en ligne et du streaming vidéo. Dans les deux réflexions, le constat est le même : le traitement informatique de nos données personnelles implique que nous (les sujets et les opérateurs eux-mêmes) perdions le contrôle sur ces données :

    « Le problème, c’est que nous ne comprenons plus vraiment comment fonctionnent ces algorithmes complexes. Nous ne comprenons pas comment ils font cette catégorisation. Ce sont d’énormes matrices, des milliers de lignes et colonnes, peut-être même des millions, et ni les programmeurs, ni quiconque les regardant, même avec toutes les données, ne comprend plus comment ça opère exactement, pas plus que vous ne sauriez ce que je pense en ce moment si l’on vous montrait une coupe transversale de mon cerveau. C’est comme si nous ne programmions plus, nous élevons une intelligence que nous ne comprenons pas vraiment. »

    Z. Tufekci montre même que les algorithmes de traitement sont en mesure de fournir des conclusions (qui permettent par exemple d’inciter les utilisateurs à visualiser des vidéos sélectionnées d’après leur profil et leur historique) mais que ces conclusions ont ceci de particulier qu’elle modélisent le comportement humain de manière à l’influencer dans l’intérêt du fournisseur. D’après Z. Tufekci : «  L’algorithme a déterminé que si vous pouvez pousser les gens à penser que vous pouvez leur montrer quelque chose de plus extrême (nda : des vidéos racistes dans l’exemple cité), ils ont plus de chances de rester sur le site à regarder vidéo sur vidéo, descendant dans le terrier du lapin pendant que Google leur sert des pubs. »

    Ajoutons de même que les technologies de deep learning, financées par millions par les GAFAM, se prêtent particulièrement bien au jeu du traitement automatisé en cela qu’elle permettent, grâce à l’extrême croissance du nombre de données, de procéder par apprentissage. Cela permet à Facebook de structurer la grande majorité des données des utilisateurs qui, auparavant, n’était pas complètement exploitable31. Par exemple, sur les milliers de photos de chatons partagées par les utilisateurs, on peut soit se contenter de constater une redondance et ne pas les analyser davantage, soit apprendre à y reconnaître d’autres informations, comme par exemple l’apparition, en arrière-plan, d’un texte, d’une marque de produit, etc. Il en est de même pour la reconnaissance faciale, qui a surtout pour objectif de faire concorder les identités des personnes avec toutes les informations que l’on peut inférer à partir de l’image et du texte.

    Si les techniques statistiques ont le plus souvent comme objectif de contrôler les comportements à l’échelle du groupe, c’est parce que le seul fait de catégoriser automatiquement les individus consiste à considérer que leurs données personnelles en constituent l’essence. L’économie de la surveillance démontre ainsi qu’il n’y a nul besoin de connaître une personne pour en prédire le comportement, et qu’il n’y a pas besoin de connaître chaque individu d’un groupe en particulier pour le catégoriser et prédire le comportement du groupe, il suffit de laisser faire les algorithmes : le tout est d’être en mesure de classer les sujets dans les bonnes catégories et même faire en sorte qu’ils y entrent tout à fait. Cela a pour effet de coincer littéralement les utilisateurs des services « capteurs de données » dans des bulles de filtres où les informations auxquelles ils ont accès leur sont personnalisées selon des profils calculés32. Si vous partagez une photo de votre chat devant votre cafetière, et que dernièrement vous avez visité des sites marchands, vous aurez de grandes chance pour vos futures annonces vous proposent la marque que vous possédez déjà et exercent, par effet de répétition, une pression si forte que c’est cette marque que vous finirez par acheter. Ce qui fonctionne pour le marketing peut très bien fonctionner pour d’autres objectifs, même politiques.

    En somme tous les déterminants d’une société soumise au capitalisme de surveillance, apparus dès les années 1970, structurent le monde numérique d’aujourd’hui sans que les lois ne puissent jouer de rôle pleinement régulateur. L’usage caché et déloyal des big data, le trafic de données entre organisations, la dégradation des droits individuels (à commencer par la liberté d’expression et le droit à la vie privée), tous ces éléments ont permis à des monopoles d’imposer un modèle d’affaire et affaiblir l’État-nation. Combien de temps continuerons-nous à l’accepter ?

    Sortir du marasme

    En 2016, à la fin de son article synthétique sur le capitalisme de surveillance33, Shoshana Zuboff exprime personnellement un point de vue selon lequel la réponse ne peut pas être uniquement technologique :

    « (…) les faits bruts du capitalisme de surveillance suscitent nécessairement mon indignation parce qu’ils rabaissent la dignité humaine. L’avenir de cette question dépendra des savants et journalistes indignés attirés par ce projet de frontière, des élus et des décideurs indignés qui comprennent que leur autorité provient des valeurs fondamentales des communautés démocratiques, et des citoyens indignés qui agissent en sachant que l’efficacité sans l’autonomie n’est pas efficace, la conformité induite par la dépendance n’est pas un contrat social et être libéré de l’incertitude n’est pas la liberté. »

    L’incertitude au sujet des dérives du capitalisme de surveillance n’existe pas. Personne ne peut affirmer aujourd’hui qu’avec l’avènement des big data dans les stratégies économiques, on pouvait ignorer que leur usage déloyal était non seulement possible mais aussi que c’est bien cette direction qui fut choisie d’emblée dans l’intérêt des monopoles et en vertu de la centralisation des informations et des capitaux. Depuis les années 1970, plusieurs concepts ont cherché à exprimer la même chose. Pour n’en citer que quelques-uns : computocracie (M. Warner et M. Stone, 1970), société du dossier (Arthur R. Miller, 1971), surveillance de masse (J. Rule, 1973), dataveillance (R. Clarke, 1988), capitalisme de surveillance (Zuboff, 2015)… tous cherchent à démontrer que la surveillance des comportements par l’usage des données personnelles implique en retour la recherche collective de points de rupture avec le modèle économique et de gouvernance qui s’impose de manière déloyale. Cette recherche peut s’exprimer par le besoin d’une régulation démocratiquement décidée et avec des outils juridiques. Elle peut s’exprimer aussi autrement, de manière violente ou pacifiste, militante et/ou contre-culturelle.

    Plusieurs individus, groupes et organisation se sont déjà manifestés dans l’histoire à ce propos. Les formes d’expression et d’action ont été diverses :

    • institutionnelles : les premières formes d’action pour garantir le droit à la vie privée ont consisté à établir des rapports collectifs préparatoires à des grandes lois, comme le rapport Records, computers and the rights of citizens, de 1973, cité plus haut ;
    • individualistes, antisociales et violentes : bien que s’inscrivant dans un contexte plus large de refus technologique, l’affaire Theodore Kaczynski (alias Unabomber) de 1978 à 1995 est un bon exemple d’orientation malheureuse que pourraient prendre quelques individus isolés trouvant des justifications dans un contexte paranoïaque ;
    • collectives – activistes – légitimistes : c’est le temps des manifestes cypherpunk des années 199034, ou plus récemment le mouvement Anonymous, auxquels on peut ajouter des collectifs « événementiels », comme le Jam Echelon Day ;
    • Associatives, organisées : on peut citer le mouvement pour le logiciel libre et la Free Software Foundation, l’Electronic Frontier Foundation, La Quadrature du Net, ou bien encore certaines branches d’activité d’organisation plus générales comme la Ligue des Droits de l’Homme, Reporter Sans Frontière, etc.

    Les limites de l’attente démocratique sont néanmoins déjà connues. La société ne peut réagir de manière légale, par revendication interposée, qu’à partir du moment où l’exigence de transparence est remplie. Lorsqu’elle ne l’est pas, au pire les citoyens les plus actifs sont taxés de complotistes, au mieux apparaissent de manière épisodique des alertes, à l’image des révélations d’Edward Snowden, mais dont la fréquence est si rare malgré un impact psychologique certain, que la situation a tendance à s’enraciner dans un statu quo d’où sortent généralement vainqueurs ceux dont la capacité de lobbying est la plus forte.

    À cela s’ajoute une difficulté technique due à l’extrême complexité des systèmes de surveillance à l’œuvre aujourd’hui, avec des algorithmes dont nous maîtrisons de moins en moins les processus de calcul (cf. Z. Tufekci). À ce propos on peut citer Roger Clarke35 :

    « Dans une large mesure, la transparence a déjà été perdue, en partie du fait de la numérisation, et en partie à cause de l’application non pas des approches procédurales et d’outils de développement des logiciels algorithmiques du XXe siècle, mais à cause de logiciels de dernière génération dont la raison d’être est obscure ou à laquelle la notion de raison d’être n’est même pas applicable. »

    Une autre option pourrait consister à mettre en œuvre un modèle alternatif qui permette de sortir du marasme économique dans lequel nous sommes visiblement coincés. Sans en faire l’article, le projet Contributopia de Framasoft cherche à participer, à sa mesure, à un processus collectif de réappropriation d’Internet et, partant :

    • montrer que le code est un bien public et que la transparence, grâce aux principes du logiciel libre (l’ouverture du code), permet de proposer aux individus un choix éclairé, à l’encontre de l’obscurantisme de la dataveillance ;
    • promouvoir des apprentissages à contre-courant des pratiques de captation des vies privées et vers des usages basés sur le partage (du code, de la connaissance) entre les utilisateurs ;
    • rendre les utilisateurs autonomes et en même temps contributeurs à un réseau collectif qui les amènera naturellement, par l’attention croissante portée aux pratiques des monopoles, à refuser ces pratiques, y compris de manière active en utilisant des solutions de chiffrement, par exemple.

    Mais Contributopia de Framasoft ne concerne que quelques aspects des stratégies de sortie du capitalisme de surveillance. Par exemple, pour pouvoir œuvrer dans cet esprit, une politique rigide en faveur de la neutralité du réseau Internet doit être menée. Les entreprises et les institutions publiques doivent être aussi parmi les premières concernées, car il en va de leur autonomie numérique, que cela soit pour de simples questions économiques (ne pas dépendre de la bonne volonté d’un monopole et de la logique des brevets) mais aussi pour des questions de sécurité. Enfin, le passage du risque pour la vie privée au risque de manipulation sociale étant avéré, toutes les structures militantes en faveur de la démocratie et les droits de l’homme doivent urgemment porter leur attention sur le traitement des données personnelles. Le cas de la britannique Amber Rudd est loin d’être isolé : la plupart des gouvernements collaborent aujourd’hui avec les principaux monopoles de l’économie numérique et, donc, contribuent activement à l’émergence d’une société de la surveillance. Aujourd’hui, le droit à la vie privée, au chiffrement des communications, au secret des correspondances sont des droits à protéger coûte que coûte sans avoir à choisir entre la liberté et les épouvantails (ou les sirènes) agités par les communicants.

     

  • Thursday 04 January 2018 - 08:56
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  • Thursday 04 January 2018 - 08:25
    Je cite https://mastodon.gougere.fr/@acotte/99287188266041254 :
    « Les suprémacistes blancs américains tuent davantage de gens que les islamistes radicaux. Deux fois plus et pourtant on accuse toujours les musulmans d’être la cause de tous les maux aux USA. Le racisme systémique c’est un peu cela aussi. »
    (Permalink)
  • Wednesday 03 January 2018 - 18:02

    Comme beaucoup d’associations, Graines de troc est née un peu par hasard, de rencontres et d’envies. Cinq ans après, Sébastien Wittevert a toujours les mains dans la terre quand elles ne sont pas sur un clavier.

    Tripou l’a interviewé pour nous en vue de savoir ce qu’il devenait depuis l’article que l’ami Calimaq lui a consacré. Tiens, tiens, mais alors ce serait encore une histoire de biens communs ?


    Comment s’est faite ta transition entre informatique et maraîchage, pour transformer les lignes de code en lignes de carottes ?

    J’ai mis le pied par gourmandise dans une AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne / de proximité), et j’ai pris l’habitude de venir y chercher mes légumes facilement. A l’heure ou je sortais du boulot, il n’y avait plus grand-chose d’ouvert, et difficile pour moi de me lever pour aller au marché le dimanche. Du coup, j’ai pu avoir accès à un autre monde alternatif, convivial, militant, engagé qui m’a ouvert les yeux, et y rencontrer ma compagne. Après avoir rendu plusieurs fois service aux maraîchers, nous avons voulu voir d’autres formes de maraîchage, et nous avons atterri à la ferme du Bec-Hellouin pour un stage découverte de la traction animale. Séduit par la ferme et les techniques de permaculture, nous avons décidé de nous y former.
    En novembre 2011, alors que je remplissais déjà mes poches de graines, suite à de nouvelles lois liberticides sur les échanges de semences, nouvelle atteinte au bien commun des semences. Je me demandais, jeune colibri, que pouvais-je donc faire ?
    En alliant mes compétences informatiques, ma passion des graines, et une dose de monnaie complémentaire, j’ai imaginé et codé la plateforme qui a vu le jour en mai 2012.
    Après avoir réfléchi le projet agricole, nous avons déménagé à La Rochelle pour y semer les premières lignes de carottes et y faire vivre les balbutiements de l’association.

    Graines de troc, c’est une association pour échanger des graines, comment ça marche concrètement ?

    Le logo de Graines de troc

    La plateforme est aujourd’hui un projet de l’association comme un autre, chacun pouvant y échanger des graines et son savoir-faire.
    Le site recense par exemple les trocs locaux qui peuvent avoir lieu en France.
    Nous avons également lancé le concept des grainothèques, afin de promouvoir la biodiversité locale, et les échanges, dans un tiers lieu, comme les médiathèques.
    Adhérer et agir avec graines de troc, c’est donc un peu tout ça. Faire sa part, pour défendre, promouvoir, échanger et sauvegarder notre héritage commun.

    Y a t-il des différences par rapport à semeur.fr ?

    Je ne sais pas si Semeur est constitué en association. Mais pour le projet de la plateforme en lui-même, les différences sont le jeton, la gestion/suivi des échanges, la non-mise à disposition du contact des troqueurs.
    En fait, il n’y a pas besoin d’obtenir l’accord ou négocier avec un troqueur pour échanger. On peut suivre les échanges. Si l’échange n’aboutit pas, on récupère nos jetons. Et tout le monde est au même niveau, ce qui fait qu’on ne s’adressera pas juste à quelqu’un parce qu’il a une liste longue comme le bras.

    Alors comme pour les logiciels, y’a des graines libres et des graines propriétaires, comment les reconnaît-on ?

    Les graines commerciales ont effectivement parfois un COV, Certificat d’Obtention Végétale. Pour ce qui est des hybrides F1, inutile de les reproduire et les échanger, ils sont dégénérescents. On les reconnaît car l’inscription est obligatoire sur les sachets de graines HF1 ou F1. Sinon, la législation concerne essentiellement les usages commerciaux. Nous n’encourageons que les échanges de variétés anciennes et reproductibles, et les pratiques naturelles, qui permettent seules une autonomie semencière et alimentaire. Aller utiliser des semences dopées aux engrais de synthèses n’est donc pas notre objectif.

    L’érosion variétale, baisse de la diversité des végétaux cultivés

     

    Après la graine, sont arrivées les grainothèques, puis les greniers (lieux pour relier les initiatives locales, s’entraider, se réapproprier, échanger ensemble graines et savoir-faire…) puis drôles de jardiniers (animations avec les enfants, conservation variétale,etc.). Quels sont les retours que vous avez de ces différentes initiatives ?

    Graines de troc a 5 ans, et nous vivons la jeunesse de chacun de ces projets.

    La plateforme attire de nombreux jardiniers, et souffre de son succès, nous nous lançons actuellement dans un projet de refonte. Les grainothèques sont encore en plein essor, les citoyens y voient un moyen de faire leur part et mettre en place un outil de reliance locale, une belle manière de médiatiser la graine. Nous aurons la deuxième réunion des grainothécaires en mai/juin 2018, afin de discuter des retours d’expérience, des ateliers, et différentes évolutions possibles. Les greniers sont en effet, la deuxième marche après la grainothèque, c’est la constitution d’un groupe local, un outil pour fédérer les initiatives locales, les mettre en avant et les relier aux utilisateurs de la plateforme. Il y a de formidables initiatives à soutenir. Nous les soutenons en les mettant en avant, localement.

    Pour drôles de jardiniers, c’est une formidable expérience de faire passer aux enfants nos passions pour la graine, la terre. En leur amenant des fondamentaux qu’ils sont rares à connaître chez eux. Cette mission nous sollicite beaucoup sur La Rochelle, mais le projet semble vouloir essaimer un peu partout tant il semble important.

    Quelle est la prochaine étape de votre conquête du monde ?

    C’est que graine par graine, j’ai bien le sentiment, qu’ensemble, avec un grand nombre d’acteurs, on arrive à nourrir les consciences. On ne se sent plus du tout seul ! Les graines s’échangent, elles poussent, et gagnent du terrain.
    Plus pragmatiquement, nous concernant, nous souhaitons vraiment limiter le frein que nous imposent les problèmes techniques pour améliorer les échanges, avec le projet de refonte de la plateforme. Cela pourra nous permettre de mieux nous concentrer sur les graines, les savoirs-faire, et réussir à aider la myriade de petits colibris semeurs qui œuvrent partout, mettre la lumière sur cette biodiversité si belle et gourmande, celle qui nous nourrit et nous soigne. Plus d’autonomie et de conscience, plus de mains dans la terre plutôt que sur un clavier…
    La prochaine étape est locale, et entre les mains de chacun, sur chaque territoire, dans chaque école, dans chaque jardin, dans chaque champ, et que cette biodiversité regagne sa place, avec tout ce que cela implique pour notre alimentation, autonomie, santé, et notre regard sur la terre et l’environnement.

    Comment ça se passe si je souhaite participer à un de vos projets ?

    Ça va dépendre des projets.

    Pour la plateforme, et sa refonte : nous sommes en train de former le groupe de travail et les équipes qui vont y travailler. Nous aurons besoin d’informaticiens, mais aussi de testeurs, de conseils.
    Pour la partie échanges : il suffit de participer en ligne, mais il y a aussi les trocs locaux bien réels, que la plateforme met en avant. N’hésitez pas à inscrire ces événements dans l’agenda des graines afin de les faire mieux connaître.
    Pour le projet grainothèque, c’est une initiative citoyenne libre. Il est possible de proposer le dispositif dans les lieux qui vous sembleront utiles. Il faut ensuite idéalement faire vivre cette initiative, mais il est possible qu’il en existe déjà, vers lesquelles il suffit de se rapprocher. Apportez le surplus de graines de vos jardins !

    Pour le projet, « j’adopte une graine », nous le lançons tout juste, et il s’agit de cultiver une variété particulière, de la graine à la graine, et de nous renvoyer une part de votre production afin de contribuer à son essaimage. Le projet est également pédagogique, car si vous participez, récupérez des graines, vous apprenez aussi son itinéraire cultural et semencier !
    Pour aider localement, depuis chez vous, ou sur un projet de l’association en France, nous avons établi un questionnaire afin de proposer à chacun de nous aider selon son lieu, ses envies et sa disponibilité : http://grainesdetroc.fr/article.php?id=396. Par exemple : ensacher des graines, reproduire des semences, rejoindre un projet de jardinage local, proposer vos compétences …

    Quelles seront les fonctionnalités du nouveau site Internet ?

    Nous souhaitons effectivement refondre notre plateforme afin de moderniser un site initialement très amateur, apporter les nombreuses améliorations que nous avons imaginées en 5 ans, et construire les outils dont l’association a besoin avec sa dimension actuelle. Nous prévoyons des outils pour faciliter les échanges, des outils de communication et de reliance pour les groupes locaux de l’association, et nous permettre de mieux communiquer sur la vie de l’association, sur les histoires de graines … et des projets qui germent un peu partout…

    Nous faisons cette interview au mois de novembre, il y a des choses à semer actuellement, quelles graines à récolter ?

    Dans notre région, on peut se permettre de semer pas mal de choses : mâches, épinards, fèves, pois, et on tente aussi des semis plus risqués, car à la vue des changements qui nous attendent, ça vaut le coup d’essayer. Des laitues, des engrais verts, des carottes…
    En novembre la récolte de graines est sur la fin. Normalement il pleut trop, c’est trop humide de manière générale, mais comme un peu partout il ne pleut pas assez, on en profite pour récolter sur les derniers portes graines. Maintenant, on extrait plutôt à l’intérieur les graines de courges par exemple ou les portes-graines qui sèchent…

     

    humour

    Un dernier mot à ajouter ?
    Chapeau à l’équipe Framasoft pour son engagement, et à l’exemple qu’elle concrétise en défendant nos biens communs. Merci pour mettre en œuvre la reliance nécessaire à nos causes communes, et pour le plaisir à l’idée que se croisent nos causes à l’occasion d’un projet concret…

  • Wednesday 03 January 2018 - 17:54
    Résumé : « – Tu pleures ? Les montagnes sont bleues derrière ses yeux. Une couleur de pluie passée qui regarde, une fois au sol, le souvenir amer de son nuage. – Peter, répète-t-elle, tu pleures ? » Offrant une nouvelle vision du personnage, complémentaire et à la fois détachée de celle imaginée par James […]
  • Wednesday 03 January 2018 - 13:23

    Au 31 janvier 2018, le Bonus VAE ne sera plus... Enfin, pas tout à fait... la prime pour l'achat d'un vélo électrique va être reconduite, mais les nouvelles conditions d'obtention sont bien peu convaincantes. Alors que la mise en place d'une subvention de la part de l'Etat d'un montant de 200 ...
  • Wednesday 03 January 2018 - 11:51
    Il sera dit qu’on pourrira tout, jusqu’au bout, et même ce qui au départ a tout d’une solution d’avenir. Avec l’arrivée massive des vélos en libre-service dans les villes françaises, Lire la suite...
  • Wednesday 03 January 2018 - 10:18
    J'ai passé les fêtes sans excès d'alcool et sans choper un sale virus.
    Nous sommes le 3 janvier et je reprend le boulot aujourd'hui. Depuis hier j'ai une crève d'enfer.
    Je commence à croire que j'aurais mieux fait de préventivement me désinfecter en me biturant.

    Je suis limite à penser que c'est peut-être à cause du contact rapproché que j'ai eu avec une machine sous Windows 10 hier.
    J'ai mis la main dessus hier et ma crève à commencée hier.
    Coïncidence ? 🤔
    Je ne crois pas ! C'est sûrement encore la faute à Microsoft.
    (Permalink)
  • Wednesday 03 January 2018 - 09:44
    Tiens je ne connaissais pas ce biais cognitif.
    (Permalink)
  • Wednesday 03 January 2018 - 09:12
    Article à propos de l'outing.
    (via cafe-sciences.org)
    (Permalink)
  • Wednesday 03 January 2018 - 09:02