KrISS feed 8 - Un simple et superbe (ou stupide) lecteur de flux. Par Tontof
  • Wednesday 04 April 2018 - 15:34
    « le Conseil constitutionnel a refusé de protéger le droit pour une personne suspectée (en l'espèce un soupçonné revendeur de drogues) de ne pas révéler ses clefs de déchiffrement. »
    Ah et merde ! Ils sont revenus sur cette décision ???  C'est moche :-(
    (Permalink)
  • Wednesday 04 April 2018 - 13:12
  • Wednesday 04 April 2018 - 10:32
    Alerte, tous aux abris, Michel Quidort cause dans le poste de télévision! Michel Quidort, c’est le président de la Fédération Européenne des Voyageurs. A vrai dire, il est très peu Lire la suite...
  • Wednesday 04 April 2018 - 08:56
    Après 9.9.9.9, voici un nouveau DNS publique: 1.1.1.1, géré par CloudFlare.
    C'est un DNS non censuré, et c'est toujours mieux que Google (8.8.8.8).
    (Permalink)
  • Tuesday 03 April 2018 - 18:54
    Résumé : Bon Agornin a eu une longue et belle vie, mais sa fin est proche, il le sent. Étendu près de son trésor, il attend la mort. Toute sa famille est réunie pour vivre avec lui ses derniers instants : ses deux fils et ses trois filles, ainsi que son gendre, l’Illustre Daverak qui […]
  • Tuesday 03 April 2018 - 18:15

    Boutiques à Châteauroux, en janvier.

    « Chez nous, franchement, c’est pas terrible, mais rassurez-vous, on est excellents ». Voici en substance l’argumentaire livré par les 222 municipalités habilitées à bénéficier du programme « Action cœur de ville », et dont la liste a été dévoilée fin mars. Les équipes municipales se livraient à un drôle d’exercice. Elles devaient prouver aux services de l’État que leur ville est suffisamment atteinte par la dévitalisation pour mériter une aide, et montrer, en même temps, qu’elles sont capables de s’en sortir. « Tout l’art de se mettre en valeur tout en soulignant les difficultés afin de convaincre que toute aide financière sera la bienvenue », résume le Midi Libre à propos d’Alès (Gard).

    Une épidémie structurelle. La carte des 222 « lauréates » (ici en détail), qui bénéficieront d’une enveloppe globale de 5 milliards d’euros (lire ici le financement) d’ici la fin du quinquennat, ressemble plus ou moins à celle des villes les plus touchées par la crise urbaine. Cette carte confirme, comme celle de la vacance commerciale publiée par la fédération Procos en 2016 (elle est là), que la crise urbaine n’est pas seulement la résultante de la désindustrialisation, l’apanage des régions rurales isolées ou la sanction d’une mauvaise gestion. Toutes les régions sont concernées, y compris celles où le taux de chômage est bas, l’industrie prospère et la population en progression. Il s’agit clairement d’un phénomène structurel, et non pas imputable à une conjoncture locale.

    La carte des 222 villes retenues par le programme « Action cœur de ville »

    En arrière-plan, les routes. Signe des temps, le réseau qui figure en arrière-plan de la carte est celui des routes et autoroutes, et non celui du chemin de fer. Les voyageurs en train (quand il circule, certes) sont pourtant de bien meilleurs contributeurs à l’économie des villes, puisqu’ils sont d’une certaine manière « captifs »: ils sont arrivés en train et repartiront sans doute de la même manière. Ceux qui viennent en voiture sont en revanche volages, susceptibles de quitter la ville à tout moment.

    Des surprises. La carte présente néanmoins quelques surprises. Plusieurs villes lourdement atteintes, comme Le Mans, Tourcoing et Roubaix (Nord), dans l’orbite de Lille, mais très différentes de la capitale régionale, n’y figurent pas. En Bretagne, on s’étonne de l’absence, sur la liste, de Lamballe (Côtes d’Armor, 12000 habitants), qui a pourtant prévu de « réaménager son centre-ville autour du champ de foire », regrette un élu d’opposition. En Vendée, la municipalité de Luçon (9300 habitants) est furieuse de n’avoir pas été sélectionnée, contrairement à La Roche-sur-Yon et Fontenay-le-Comte.

    Bayonne, ville vivante.

    A l’inverse, certaines villes « élues » se portent nettement mieux que la moyenne. C’est le cas de Vannes, Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) ou encore Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), qui bénéficient d’un tourisme saisonnier. On remarque que 19 des 222 bénéficiaires se situent en Ile-de-France, plus précisément dans les départements de la grande couronne. Car la crise urbaine frappe là aussi, résultat de l’étalement urbain, à Rambouillet (Yvelines), Étampes (Essonne) ou Coulommiers (Seine-et-Marne).

    La gare, le théâtre, des halles. Les villes ne savent pas encore de quelle manière elles toucheront les sommes promises. La semaine dernière, des agents de Romans-sur-Isère (Drôme), qui avaient préparé le dossier, confiaient ne connaître ni date, ni montant. On sait toutefois que les fonds financeront des projets précis. Fontenay-le-Comte (Vendée) compte en profiter pour requalifier neuf « îlots urbains dégradés ». Plusieurs villes espèrent embaucher un manager de centre-ville, chargé de connaître, rue par rue, le tissu commercial et son potentiel, et de le valoriser.

    A Creil (Oise), le maire Jean-Claude Villemain (PS) annonce « la revitalisation du quartier de la gare ». A Beauvais, dans le même département, Caroline Cayeux, maire (LR) et présidente de l’association d’élus Villes de France, veut « rénover les abords du théâtre » et relancer un projet de « halle couverte ». Ce qui n’a pas empêché l’élue de lancer un canular ahurissant, le 1er avril, sur l’implantation d’un Ikea doté de « 4000 emplois » en périphérie.

    © Olivier Razemon

    Les célèbres halles de Narbonne.

    Le rapport d’André Marcon, ancien président des Chambres de commerce et d’industrie de France et maire du village de Saint-Bonnet-le-Froid (Haute-Loire), remis à Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, le 15 mars, pourrait servir de fil rouge à ces collectivités. Le document, d’inspiration très libérale, s’intéresse au logement (tout comme la loi Elan), au patrimoine ou  aux services publics qui « filent en périphérie ». Mais il prône aussi, en matière de commerce, l’ouverture des magasins de centre-ville le dimanche et à l’heure du déjeuner.

    Travail du dimanche. Cela pourrait séduire le gouvernement. Mais on notera ce paradoxe : le travail du dimanche a été étendu en 2015, par la loi Macron, aux quartiers touristiques de quelques grandes villes et aux zones commerciales périphériques. Le rapport Attali de 2008, auquel avait participé l’actuel président de la République, préconisait de réserver dans un premier temps cette possibilité aux « petits commerces de centre-ville ». Riche idée, mais pas suivie d’effet.

    Entre midi et deux. Par ailleurs, dans une ville moyenne, que les commerces soient ouverts ou non, une grande partie des habitants et des salariés déjeune à domicile, avant de revenir l’après-midi. Un libraire, à Moulins, avait ouvert pendant un temps de 12h30 à 14h. Il y a renoncé, faute de clients. Enfin, les commerces qui peuvent se permettre de salarier du personnel à ces heures-là, ou le dimanche, ne sont pas tant les boutiques de proximité sur lesquels repose la singularité commerciale (et patrimoniale) d’une ville, mais les enseignes nationales et les surfaces alimentaires de centre-ville.

    Un supermarché tout neuf à Coursan (Aude).

    Le rapport Marcon propose aussi de supprimer la « Tascom », taxe sur les surfaces commerciales, afin de rétablir une équité avec le commerce en ligne. Mais cette taxe ne s’appliquant qu’aux magasins de plus de 400 m², son éventuelle suppression bénéficierait davantage aux moyennes et grandes surfaces qu’aux commerces indépendants.

    Frénésie périphérique. Le rapport se refuse en revanche à un moratoire sur la construction de nouvelles zones commerciales, demandé par les élus réunis dans l’association Centre-ville en mouvement. En France, chaque année, quelle que soit la conjoncture, et en dépit de la concurrence de l’e-commerce, la superficie commerciale progresse de 3 à 4%. Et en 2018, d’après les derniers chiffres de l’Insee, la consommation devrait à peine dépasser 1%.

    Olivier Razemon (l’actu sur Twitter, des nouvelles du blog sur Facebook et d’étranges panneaux sur Instagram).

    Pour compléter:

    Entre le centre et la périphérie, ces étranges « quartiers hors politique de la ville » (novembre 2017)

    La dévitalisation profite-t-elle vraiment à Marine Le Pen (avril 2017)

    Lettre ouverte à Benjamin Griveaux (mai 2017)

     

     

     

     

     

  • Tuesday 03 April 2018 - 18:00

    Voici les parutions avril 2018 en littérature de l’imaginaire. Cette liste est non exhaustive. Je vous invite à signaler toute parution oubliée dans les commentaires sous le billet. 10/18 La destinée, la mort et moi, comment j’ai conjuré le sort de S. G. Browne Actes Sud Exofictions Éclosion d’Ezekiel Boone ActuSF Entre troll et ogre […]

    Cet article Parutions avril 2018 est apparu en premier sur RSF Blog.

  • Tuesday 03 April 2018 - 13:37

    Vous avez besoin de compter les visites sur vos sites sans fliquer vos visiteureuses ? On a un framachin pour vous !

    Prenons un exemple rapide. Fred aime bien pondre des textes et il les sème un peu partout sur le vaste Ouèbe.

    Cela lui pose deux problèmes.

    Ses textes sont sur des sites différents avec parfois des adresses web (ou « URL ») longues comme un jour sans pain. Mais pour ça il a trouvé la parade, c’est frama.link, le raccourcisseur d’URL de Framasoft. Il a créé une adresse courte pour chacun de ses textes, et quand on lui demande où on peut lire sa prose, il donne cette URL plutôt qu’une adresse de 256 caractères biscornus. Pour avoir des adresses web encore plus courtes, il pourrait utiliser https://huit.re/.

    L’autre souci de Fred, c’est qu’il est affreusement cabotin. Il écrit pour le plaisir, il publie sous licence libre, il a compris qu’il ne bouclerait pas ses fins de mois grâce à sa plume, mais il ne peut pas s’empêcher de se demander si quelqu’un⋅e lit réellement ce qu’il commet.

    Fred est donc tout content quand Framasoft sort Framaclic (bon, il ne fait pas des triples saltos, mais il a un moment de jubilation).

    C’est quoi ?

    Zag, l’adorable mascotte de Dolomon

    Framaclic est un raccourcisseur d’URL qui compte les clics. Voilà. Dit comme ça, on dirait que c’est drôlement simple, non ?

    Eh bien, bonne nouvelle : c’est simple !

    Bon, soyons justes, Frama.link avait déjà un compteur, rudimentaire. Il reconnaît l’auteur de l’URL courte via un petit cookie et est capable de lui fournir un comptage des clics. Seulement, ça ne marche que depuis l’ordinateur et le navigateur sur lesquels l’adresse courte a été créée (à cause du cookie).

    « Framaclic est un frama.link dopé aux stéroïdes », nous dit Luc, l’auteur de l’application (qui développe aussi parfois des petites applis complètement inutiles donc parfaitement indispensables).

    Comment ça marche ?

    Framaclic est basé sur Dolomon, comme DOwnLOad MONitor. Pas besoin d’avoir fait anglais première langue pour piger ça.

    Fred se rend sur framaclic.org. Il crée un compte avec un mot de passe, histoire d’être seul à pouvoir accéder à ses statistiques (des fois qu’elles soient mauvaises).

    Il fait une liste des adresses de toutes les ressources vers lesquelles il veut créer un lien : ses textes, son blog, son CV, ses galeries de photos, une BD de Simon qu’il adore partager avec ses collègues… Si la liste n’est pas exhaustive, ce n’est pas grave, il pourra en ajouter par la suite.

    Comme il aime bien que les choses soient correctement rangées (rappel : cet exemple est une fiction), il crée des catégories et des étiquettes pour s’y retrouver. Surtout qu’il se dit que ce truc-là va drôlement lui rendre service et qu’il va finir par y mettre beaucoup d’adresses.

    Ensuite, pour chaque adresse longue il en génère une courte (un « dolo »). Pas besoin de la conserver, Framaclic s’en charge.

     


    Les dolos sont créés au fur et à mesure.

    Pour suivre les visites sur une page précise, Fred peut créer un dolo pointant sur une petite image transparente (Dolomon vous en propose une) et insérer l’URL générée, comme on insère une image, dans sa page.

    Fred aime surtout créer des dolos qui pointent sur un document, au lieu de la page web. Par exemple, un dolo pour le pdf de son roman (http://framabook.org/docs/vieuxflic/FredUrbain_VFVV_cczero20151108.pdf au lieu de la page générique https://framabook.org/vieux-flic-et-vieux-voyou/), un autre pour la version e-pub, et encore un pour le code source en Latex. De cette façon, Fred saura quelle version est la plus téléchargée.

    Mais il ne saura rien de plus : Framaclic n’enregistre que des statistiques anonymes, pas les adresses IP des visiteureuses.

    Par contre, cela fait de beaux graphiques :

    Et comme vos données vous appartiennent, vous pouvez les télécharger dans un fichier CSV, ce qui vous permettra de les manipuler à votre guise, de faire des camemberts colorés…

    Ah, un dernier truc cool à savoir : Luc a fait un plugin Dolomon pour WordPress. Si vous avez un blog, vous pourrez créer vos dolos directement depuis votre article.

    Contribuez

    Comme tout logiciel qui n’a pas encore subi l’épreuve du feu (enfin, l’épreuve de l’utilisation massive), Dolomon comporte certainement quelques bugs ou nécessite un petit coup de polish pour en améliorer l’ergonomie : n’hésitez pas à contribuer en ouvrant des tickets !

    Nous tenons au passage à lever notre chapeau à Luc, alias Framasky notre infatigable admin-sys, qui a codé Dolomon pour nos besoins internes, et l’a amélioré afin que l’on puisse l’ouvrir au public ;).

    Pour aller plus loin

  • Tuesday 03 April 2018 - 13:33
    La première spécification du nouveau codec vidéo AV1 est sortie. ( je vous en parlais là: http://sebsauvage.net/links/?searchterm=av1 )
    Cela nous promet de bien meilleurs taux de compression pour la vidéo. Et sans risque au niveau des brevets.
    (Permalink)
  • Tuesday 03 April 2018 - 10:44

    "Le gouvernement tiendra bon." Ce sont les propos que vient de tenir la ministre des Transports Élisabeth Borne. Comme l'avait assuré les syndicats de cheminots, c'est un mouvement parti pour durer. Pas la peine de revenir sur les raisons - fondées ou non - de cette grève. Toujours est-il que ce sont encore les ...
  • Tuesday 03 April 2018 - 10:41
    L’argent que les automobilistes dépensent pour se garer finit-il dans les caisses des communes ? Dans la plupart des cas, non. Sur le million de places de stationnement réglementées que Lire la suite...
  • Monday 02 April 2018 - 07:42

    Filmés et géolocalisés, nos déplacements n’échappent pas à la surveillance. Même quand nous flânons dans une boutique physique, notre parcours est enregistré.

    Voici déjà le 12e article de la série écrite par Rick Falkvinge. Le fondateur du Parti Pirate suédois s’inquiète aujourd’hui la fin de l’anonymat dans nos achats en raison des moyens électroniques de paiement.

    Le fil directeur de la série de ces 21 articles, comme on peut le voir clairement dans les épisodes précédents que nous vous avons déjà livrés, c’est la perte de certaines libertés dont nous disposions encore assez récemment, avant que le passage au tout-numérique ne nous en prive.

    Nos parents achetaient des objets sans être pistés, leurs pas en boutique n’étaient pas enregistrés

    Source : Rick Falkvinge sur privateinternetaccess.com

    Traduction Framalang : goofy, draenog, Moutmout, xi + 2 anonymes

    Dans le dernier article, nous nous sommes concentrés sur la façon dont les personnes sont pistées aujourd’hui lorsqu’elles utilisent des cartes bancaires plutôt que du liquide. Mais peu de gens remarquent qu’aujourd’hui, nous sommes également suivis à la trace même si nous utilisons du liquide.

     

    Peu de gens font attention au petit signe (en) sur la porte tambour de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol. Il indique que chacune des personnes dans l’aéroport est suivie par Bluetooth et Wi-Fi.

    Ce qui caractérise l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol n’est pas le fait que le moindre pas des gens dans une zone commerciale y soit pisté (à des fins commerciales, pas pour la sécurité.) Non, ce qui différencie l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, c’est que les personnes en sont informées. Les Pays-Bas ont tendance à prendre la vie privée au sérieux, comme l’Allemagne, et pour la même raison (en).

    Les balises de localisation sont devenues quasiment un standard dans les plus grandes zones commerciales. Elles envoient un signal à votre téléphone par Wi-Fi et par Bluetooth, et par triangulation, en utilisant la force du signal, un réseau de balises est capable de déterminer les déplacements de chaque individu en temps réel avec une précision inférieure à la longueur d’un pas. Tout ceci est utilisé pour « optimiser la vente » – en d’autres termes, trouver des façons de piéger le cerveau des gens pour qu’ils dépensent des ressources qu’ils n’auraient sinon pas dépensées. Notre propre perte de vie privée est utilisée contre nous, comme à chaque fois.

    Où est-ce que les gens s’arrêtent un moment, qu’est-ce qui attire leur attention, qu’est-ce qui n’attire pas leur attention, qu’est-ce qui constitue un obstacle pour réaliser plus de ventes ?

    Ce sont des questions légitimes. Cependant, retirer aux gens leur vie privée afin de répondre à ces questions n’est pas une méthode légitime pour y répondre.

    Ce type de suivi individuel de masse a même été déployé à l’échelle de villes entières, ce qui s’est passé dans le silence le plus total jusqu’à ce que le Bureau de Vigilance pour la Vie Privée d’un gouvernement lointain sonne l’alarme. La ville de Västerås a obtenu le feu vert pour poursuivre le pistage une fois quelques critères de pure forme atteints.

    Oui, le déploiement à l’échelle d’une ville de ce type de pistage dans au moins une petite ville d’un coin reculé du monde (Västerås, en Suède) est documenté. Maintenant que le Bureau de Vigilance pour la Vie Privée gouvernemental a haussé les épaules et dit « mouais, qu’importe », ne croyez pas que ça restera confiné à la petite ville de Västerås. Rectification, mauvais temps verbal : ne croyez pas que ce c’est resté qu’à Västerås, où le feu vert a été obtenu il y a trois ans.

    Nos parents analogiques avaient le pouvoir de marcher sans être pistés dans la ville et dans la rue de leur choix, sans que cela soit utilisé ou retenu contre eux. Il n’est pas déraisonnable que nos enfants numériques aient le même pouvoir.

    Il y a une autre façon d’acheter des choses avec du liquide qui permet d’éviter ce type de pistage, c’est le paiement comptant à la livraison à votre domicile lors de l’achat en ligne ou par téléphone. Dans ce cas, votre achat est aussi consigné et enregistré, simplement dans un autre type de système.

    Tout ceci n’est pas seulement utilisé contre le citoyen ordinaire à des fins commerciales, évidemment. C’est utilisé contre le citoyen ordinaire à toutes fins possibles. Mais nous y reviendrons dans un article à venir de la série.

    La vie privée demeure de votre responsabilité.

  • Monday 19 March 2018 - 11:31
    OpenStreetMap a dépassé le million de contributeurs ! C'est très bien.

    Si vous n'avez pas envie de vous créer un compte ou que vous ne vous sentez pas de modifier des cartes, vous pouvez quand même contribuer !
    Il est très facile de signaler une erreur ou une modification sur la carte : http://sebsauvage.net/galerie/photos/videos/osm-suggest.mp4
    Ça prend moins d'une minute.

    Vous pouvez aussi utiliser le logiciel Android "StreetComplete", très simple, qui vous permettra de compléter les cartes : https://play.google.com/store/apps/details?id=de.westnordost.streetcomplete
    (Permalink)
  • Monday 19 March 2018 - 09:05
    Un de mes anciens professeurs m’a récemment invité à CentraleSupélec pour donner une conférence dans le cadre de son cours sur le développement durable. Les enjeux globaux liés à l’énergie, Lire la suite...
  • Tuesday 13 March 2018 - 09:27
    Sous le coude: Un recompresseur de GIF qui perd en qualité mais permet de gagner beaucoup en taille (réduction de 30% à 50%).
    Avec l'exemple donné, un GIF animé de 3,3 Mo descend à 1,2 Mo.
    (Permalink)
  • Tuesday 13 March 2018 - 07:02

    Les klaxons, les agressions verbales, voire physique, les "je te colle au c.. pour te faire comprendre que tu m'emm......". C'est le lot quotidien de tous cyclistes urbains. Si à la pause café, vous avez déjà discuté avec un automobiliste convaincu, qui ne sait même pas ce qu'est réellement une ...
  • Monday 12 March 2018 - 17:39
    C’est en allant sur le site de L’Atalante que j’ai découvert la parution toute récente de ce roman de John Scalzi, dont...
  • Monday 12 March 2018 - 17:36
    La Controverse de Zara XXIII est un petit bijou d’humour et d’éthique. Je n’avais jamais lu de Scalzi avant bien qu’il ne m’était pas inconnu...
  • Monday 12 March 2018 - 16:00
    Le prix Bob Morane 2018 pour Olivier Paquet et son recueil de nouvelles Faux-semblance ! Bravo l'artiste !
  • Monday 12 March 2018 - 14:32
    Sous le coude: Diverses solutions pour se débarrasser des odeurs de cuisine.
    (J'aime la communauté ^^)
    (Permalink)
  • Monday 12 March 2018 - 09:11
    Voici la vidéo, réalisée par Clovis Gicquel, de ce mien poème que je dédie à la mémoire de Rémi Guitteny, militant vélorutionnaire de Concarneau décédé en Décembre dernier. « … Est-ce Lire la suite...
  • Monday 12 March 2018 - 09:07
    Sous le coude: Un outils pour analyser ce qui ralentit au chargement du système : systemd-analyze
    (Permalink)
  • Monday 12 March 2018 - 08:49
    Extrait:
    « Le mythe de la virilité, c’est le postulat d’une hiérarchie des sexes, d’une supériorité du masculin sur le féminin. Être un «vrai homme», c’est donc se démarquer radicalement des femmes, essentialisées comme des êtres inférieurs, irrationnels et dominés par leurs émotions, et rejeter passionnément le moindre signe d’effémination, perçu comme une honteuse faiblesse. »
    Ce qui explique une partie des homophobes.
    (Permalink)
  • Sunday 11 March 2018 - 11:54
    Résumé : La Crécerelle a le goût du sang. Mais qui sait pourquoi elle tue ? Pour l’argent, pour le plaisir, ou bien pour servir les puissances de l’outre-monde ? Femme du Sud dans les terres du Nord, experte des arts magiques dans une contrée qui les méprise, la Crécerelle parcourt les cités-États du désert, […]
  • Sunday 11 March 2018 - 10:00

    Cookie Monster De Vernor Vinge Le Bélial – 112 pages – Traduction de Jean-Daniel Brèque Dixie Mae a l’impression d’avoir touché le gros lot avec son nouveau boulot. Bon d’accord, il ne s’agit que d’un poste en conseil clientèle, mais c’est mieux que de cuire des hamburgers à longueur de journée et de rentrer chez […]

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  • Saturday 10 March 2018 - 14:52
    Un très beau thread sur la sexualité.
    Je me permet de le recopier ici pour en garder une trace :

    " J'ai besoin de mettre quelque chose au clair.
    Tu n'as pas à avoir honte d'avoir une vie sexuelle.
    Tu n'as pas à avoir honte de ne pas en avoir.
    Le sexe n'est pas une honte. Il n'est pas sale.

    Tu n'as pas à avoir honte d'avoir des fantasmes. Tu n'as pas à avoir honte de te masturber devant des contenus pornographiques. Ou devant aucun contenus. Tu as le droit de ne pas avoir envie de te masturber aussi, de trouver ça chiant ou inintéressant.

    Tu as le droit de te masturber en pensant à un.e ami.e, jouir en pensant à un corps ce n'est pas arrêter de le respecter. Le sexe est respectable. En le pratiquant, tu es respectable. Et en ne le pratiquant pas, aussi.

    Oui, tu peux être un homme cis hétérosexuel, te faire sodomiser et en jouir. Oui, tu peux être une femme féministe et sucer, avaler, aimer la fessée, la strangulation ou la sodomie. Tu n'as aucune honte à avoir, rien n'est bizarre.

    Ta sexualité est un temple que tu dois chérir et cultiver. L'absence de sexualité est une sexualité - et elle mérite le même traitement de bienveillance.
    Tu peux jouir en écoutant de la musique, tu peux jouir en lisant, tu peux jouir en écoutant des mots.

    Tu peux aimer les insultes, la violence, les gestes brusques. Tu peux aimer la douceur, les caresses, les mots tendres. Tu peux aimer les deux.
    Tu peux arrêter un acte à chaque instant, même un très intense. Tu n'es jamais obligé.e de rien.

    Les préliminaires sont des actes sexuels en eux-mêmes et pas seulement une préparation à la pénétration. La pénétration n'est pas forcément l'objectif à atteindre.
    Tu as le droit de dire qu'un geste est moins agréable qu'un autre. Oui, tu peux montrer à ton partenaire ce que tu préfères.

    Aie confiance en toi. Tu n'es pas bizarre. Tu n'as pas de honte à avoir.
    C'est évident, mais tu n'as pas de honte à préférer les corps du même genre que le tien, ou à aimer tous les genres. Tu as le droit. Tu es normal.e.

    Tu as le droit de le faire avec un.e inconnu.e. ou des inconnu.e.s. Et tu as le droit d'avoir besoin d'être amoureux pour ça. Tu as le droit de le faire avec un.e ami.e.
    Il n'y a pas de honte à avoir sur l'âge de ta première fois. Que tu l'aies fait jeune, ou moins jeune.

    Chaque acte est une nouvelle première fois. Chaque partenaire est une nouvelle expérience. La virginité est un concept, c'est à toi de le définir.

    Lorsque tu pratiques ta sexualité à plusieurs, assure toi du consentement de l'autre et de ton propre consentement. C'est la seule chose dont tu dois te préoccuper. À partir de là, tout n'est que plaisir, et tu ne dois avoir honte de rien.

    Lorsque tu es seul.e, et bien amuse toi. Découvre ton corps, cultive ton temple. Personne ne peut te juger sur tes fantasmes, et tu peux jouir dessus. Il n'y a rien de sale. Tu ne vaux pas moins que les autres.

    J'arrive à la fin de ce thread très confus. Retiens juste cette chose : aime toi. Détruit toutes les images négatives autour du sexe, les préjugés, les pré-requis. Il n'y a pas de mode d'emploi. Trouve ta propre sexualité. Elle est valide.

    Tu peux aimer le missionnaire. Mais tu peux aussi ne pas l'aimer. Tu peux aimer être une étoile de mer. Tu as le droit de ne pas avoir envie. Détache toi des impératifs avec lesquels tu as grandi.
    Le sexe est un acte beau, grand, puissant, fort, indéfini et non-obligatoire.

    Pour conclure, bien sûr, protège toi. Dans tous les sens du terme. Fais des tests, mets un préservatif bien sûr. Mais surtout, ne laisse jamais personne te faire sentir honteux.se. Si c'est le cas, iel est en tort. Ne doute pas de toi. Aime toi.
    Aimez vous. "
    (Permalink)
  • Saturday 10 March 2018 - 10:00

    Du 22 au 25 février se tenait la Foire du Livre de Bruxelles. Les Indés de l’Imaginaire y avaient, tout comme d’autres éditeurs tels que Bragelonne ou le Chat Noir, un stand. Et comme en 2016, j’ai eu le plaisir de le squatter pour des dédicaces. Et parce que nous avions vraiment beaucoup apprécié le […]

    Cet article Foire du Livre de Bruxelles 2018 est apparu en premier sur RSF Blog.

  • Friday 09 March 2018 - 18:32

    Alors que les parisiens respiraient à nouveau un air (à peu près) correct et qu'ils pouvaient circuler à pied ou à vélo sur les voies sur berges parisiennes, un événement est venu mettre à mal l’arrêté de "piétonnisation définitive". C'était une décision qualifiée d'historique et un projet porté par le maire ...
  • Friday 09 March 2018 - 10:47

    La Moustache continue de grossir ! La marque vosgienne, non seulement contente d'avoir conquis un gros morceau du marché du vélo à assistance électrique, fait aussi grossir son équipe. Elle vient même de débaucher le responsable marketing France d'une certaine marque au S rouge. Qui aurait pu parier sept ans en ...
  • Friday 09 March 2018 - 09:58
    Je ne peux résister au plaisir de vous faire passer cette brève au demeurant tout à fait sérieuse et fière d’elle. Mais pas sans ajouter mon grain de sel en Lire la suite...
  • Thursday 08 March 2018 - 19:27

    Un Transilien arrive en gare de Colombes (Hauts-de-Seine).

    93% des 12 millions d’habitants de l’Ile-de-France se déplacent au moins une fois par jour. En moyenne, ils effectuent 3,87 déplacements (tous confondus, de la descente à la boulangerie au voyage d’affaires) par jour et y consacrent 1h20. 43% de ces trajets s’effectuent en voiture, et seulement 20% en transports collectifs, ce qui est déjà énorme au regard des autres régions de France (le reste des déplacements se fait essentiellement à pied). 4,3 millions de Franciliens possèdent tout de même un pass Navigo, qui leur permet d’emprunter le réseau à volonté. Le fonctionnement des transports publics mobilise un budget annuel de presque 10 milliards d’euros.

    Évaluation annuelle. Les quelques chiffres ci-dessus sont plus ou moins connus. Publié ce 8 mars, le « rapport pour l’année 2016 » du Comité d’évaluation de l’amélioration de l’offre de transport en Ile-de-France permet de les compléter par 10 autres chiffres, révélateurs de la mobilité des Franciliens. Ce comité, mis en place par Valérie Pécresse, présidente de la région et d’Ile-de-France mobilités (IdF-M), l’ex-STIF, est constitué de quelques experts dont un ancien PDG de la RATP et le président de l’association des usagers en Ile-de-France, appelés à décortiquer les mesures prises en 2016 pour développer le réseau ou modifier l’offre de transports. Comme on s’en doute, ces chiffres ne sont que des indicateurs. Ils racontent des histoires, révèlent des comportements, confirment ou infirment des ressentis. Le fonctionnement des transports ne dépend pas seulement des grandes infrastructures comme le futur (très futur, en fait) Grand Paris Express, mais aussi des usages, des connaissances, des habitudes.

    RER A et B à Châtelet.

    84%. La proportion de voyageurs du RER A qui arrivent à l’heure, ou avec moins de 5 minutes en retard, à leur gare de destination (voir page 12 du rapport). L’objectif fixé par le contrat entre IdF-M et les opérateurs RATP et SNCF est de 94%. Le RER A, ligne plus chargée du réseau, est aussi la moins ponctuelle. La ponctualité, qui n’est qu’un facteur parmi d’autres pour apprécier le service, se dégrade sur presque toutes les lignes de RER et de Transilien entre 2015 et 2016.

    Pour compléter: Ces détails qui expliquent les retards du RER B (février 2013, la situation s’étant aggravée depuis)

    27%. La contribution des voyageurs au budget du fonctionnement des transports franciliens (p. 15). C’est moins en 2016 qu’en 2015 (29%), en raison de la mise en place du pass Navigo « toutes zones » (voir ci-dessous, l’avant-dernier point). 51% du budget du fonctionnement est assuré par les employeurs, par l’intermédiaire du versement transport, impôt assis sur les salaires, et du remboursement de la moitié du pass Navigo aux salariés.

    87,4% vs. 100%. Le taux de régularité, tel que ressenti par les habitués de la ligne 9 du métro (p. 80). Ce taux de régularité, calculé par la RATP, est de 100% pendant les heures de pointe et 96,9% dans les heures creuses. Le décalage entre mesure et ressenti ne concerne pas seulement les températures hivernales…

    +144%. La progression de la fréquentation des lignes de bus 91.06 et 91.10 (p. 48) qui desservent le plateau de Saclay (Essonne). Au-delà du développement de ce pôle universitaire et technologique, où l’on trouve à la fois l’École Polytechnique, le Commissariat à l’énergie atomique ou des écoles d’ingénieurs, cette progression illustre le succès des bus en site propre, séparés de la circulation automobile d’un bout à l’autre, à l’image du Trans Val-de-Marne ou du Trans Val d’Oise.

    Les lignes L et U

    15000. Le pic de voyageurs qui empruntent la ligne L2 du Transilien, entre la gare Saint-Lazare et les Yvelines (p. 68). Ce pic est enregistré le matin, entre 8 et 9 heures, dans le sens Paris-banlieue. Un autre pic est enregistré le soir, dans le sens banlieue-Paris. C’est une exception dans la logique des transports franciliens : les Parisiens qui se rendent en banlieue pour la journée sont plus nombreux que ceux qui font le trajet inverse. Cela s’explique par la structure de cette ligne, qui dessert La Défense. Cette particularité du trafic, alors que la logique de la ligne demeurait celle d’une liaison Paris-banlieue, permet de comprendre pourquoi elle subissait de nombreux retards jusqu’en 2015. Sous l’impulsion d’une association d’usagers, Plus de trains, la SNCF et Idf-M avaient accepté de réorganiser les horaires (lire ici le récit de cette collaboration). La fréquentation et la ponctualité de la ligne L2 sont en nette hausse. Ce qui n’empêche pas Plus de trains de rester vigilant.

    43. Le nombre de parkings relais labellisés (au total 14000 places), situés à proximité des gares d’Ile-de-France (p. 122). Ce label, accordé à un nombre croissant de parkings, garantit à l’automobiliste un emplacement dans un lieu sécurisé, éclairé et surveillé. Il permet aussi de souscrire un abonnement mensuel, dont le coût varie entre la gratuité et 40€ en grande couronne, 80 et 110€ à proximité de Paris, selon Le Parisien. Le taux de satisfaction de ce service atteint 78%. Au total, on dénombre 550 parkings à proximité des gares en Ile-de-France.

    Station Veligo à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).

    3900. Le nombre de places dans les parkings Veligo, stationnement pour vélos dans les gares, un programme qui se déploie depuis 2008 (p. 122). IdF-M promet 25000 places en 2020. Le taux de satisfaction des utilisateurs atteint 92%, mais les parkings ne sont pas pleins : seulement 26% des places utilisées en 2015. C’est que, pour développer le vélo en Ile-de-France, il faut sans doute autre chose que des parkings. Des aménagements sécurisés, par exemple (un article détaillé ici).

    Les investissements de ces dernières années dans le réseau francilien.

    3,8 milliards d’euros. Les investissements dans les transports collectifs en 2016 (p. 14). Après de longues années de sous-investissement, les acteurs, responsables politiques comme opérateurs, se sont remis à moderniser le réseau au début des années 2000.

    487 millions d’euros. Le manque à gagner du pass Navigo unique, mis en place en septembre 2015 par la précédente majorité (p. 103). Selon les calculs du comité, qui confirment ceux de la région, cette coûteuse modification a toutefois entraîné des changements de comportement. Les Franciliens achètent moins de tickets à la journée ou Paris-banlieue qu’avant le dézonage, tandis que les abonnements mensuels et hebdomadaire ont connu une hausse de 14%.

    150 millions d’euros. Le coût de l’ensemble des « nouvelles offres » de transport en 2016, selon Mme Pécresse. Cette année-là, IdF-M avait voté une augmentation de 3€ du pass Navigo (à laquelle s’est ajoutée une augmentation de 2,2€ en 2017). Ces 3€ d’augmentation ont rapporté au total 90 millions d’euros. « Nous avons donc offert aux Franciliens une offre d’une valeur plus importante que le surcoût de l’abonnement », assure la présidente de la région. Le message est simple: on en a pour son argent.

    Olivier Razemon (l’actu sur Twitter, des nouvelles du blog sur Facebook et d’étranges panneaux sur Instagram).

    Et aussi: Les transports à Paris en 20 chiffres (février 2016)

     

     

  • Thursday 08 March 2018 - 18:00

    Le Choix De Paul J. McAuley Le Bélial – 96 pages – Traduction de Gilles Goullet Tout doucement (vraiment très lentement, plutôt), je rattrape mon retard dans la lecture des titres de la collection Une Heure-Lumière des éditions du Bélial. Dans Le Choix, nous suivons Damian et Lucas, deux adolescents amis depuis l’enfance. Le Spasme […]

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  • Thursday 08 March 2018 - 10:20
    En tant que cycliste urbain régulier, on se retrouve souvent dans des cas divers plus ou moins dangereux, où la finalité de la situation se termine bien trop souvent par Lire la suite...
  • Wednesday 07 March 2018 - 20:01
    Résumé : La Grande Peste Noire. Le Grand Incendie. Le Blitz orchestré par les nazis. La Bombe de Staline… Londres a survécu à tout. En 1951, isolée dans la gangue glacée de la nuit nucléaire, la cité millénaire et ses habitants tentent de vivre comme avant. Malgré les radiations, les Rôdeurs de la Nuit, et […]
  • Wednesday 07 March 2018 - 11:42
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    Téléchargements :

    Précédemment : Suite au combat dans la Fabrique Adabra, la compagnie a à nouveau fui, cette fois-ci dans une camionnette conduite par Jasione, l’ouvrière naine qui les a rejoints. Elle les conduit dans sa banlieue mais témoigne d’une rancœur profonde envers le syndicalisme…


    La soirée s’acheva dans une relative sérénité. L’abcès avait en quelque sorte été crevé. Même s’il était évident que tout le ressentiment de Jasione n’allait pas s’évaporer en une minute, elle semblait l’avoir mis de côté et eut une conversation courtoise avec la compagnie.

    Amélise lui expliqua la situation, depuis la venue de Barne chez la FNT jusqu’à leurs petits exploits qui les avaient menés à elle. Ils la mirent également au courant de la légende de l’Épée des Serfs et de leur plan pour la récupérer. À la surprise de Barne, elle ne montra pas le moindre signe d’intérêt pour l’objet en question. Il se rappela bien vite que les nains prenaient grand soin de snober tout ce qui avait trait à la magie et en particulier à celle des elfes. Le fait que Jasione fût une employée de la Fabrique Adabra n’y changeait d’ailleurs rien : comme beaucoup de travailleurs, ses convictions profondes s’effaçaient devant le simple besoin de manger et d’avoir un toit au-dessus de la tête.

    La naine, qui avait d’abord beaucoup parlé, ne dit plus rien lorsque le récit s’acheva. Il était tard, et il lui fallait visiblement du temps pour digérer toutes ces informations – sans parler du fait qu’elle hébergeait désormais quatre repris de justice chez elle.

    Elle leur signifia malgré tout qu’ils pouvaient rester là, au moins pour la nuit. Son appartement, bien que salutaire, s’avéra rapidement notablement moins confortable que la maison de Zarfolk. Il ne comportait qu’une pièce d’à peine vingt mètres carrés. Évidemment, Jasione avait un tout petit lit. Carmalière, quant à iel, avait l’honneur d’utiliser le canapé. Les autres durent dormir à même le sol à peine rembourré par quelques couvertures.

    La magicienne dormait déjà lorsque Jasione éteignit la lumière. Amélise, épuisée elle aussi, sombra rapidement dans un profond sommeil. Barne, de son côté, fixait le plafond sur lequel se dessinaient des raies formées par la lumière d’un réverbère extérieur, filtré par les stores à la fenêtre.

    — Barne, murmura Pod qui était allongé à côté de lui, tu dors ?

    — Non.

    — Moi non plus…

    — Tu penses à Milia ?

    — Ouais… j’espère qu’elle va bien.

    Avec toutes les péripéties de la journée, ils avaient à peine eu le temps de penser à la perte de leur camarade elfe…

    — Elle doit simplement être en garde à vue, dit Barne en se voulant rassurant. Ça n’est pas bien marrant mais elle ne doit pas être en danger. Je m’inquiéterais plus pour Zarfolk…

    Pod ne répondit pas. Barne ne s’était pas attendu à ce qu’il partage ce sentiment… Eux qui étaient six le matin même avaient perdu un tiers de leur groupe. C’était un coup dur.

    — Il faut qu’on fasse quelque chose pour Milia, murmura Pod.

    Ce fut Barne qui resta silencieux cette fois. Il aurait voulu compatir, mais en vérité il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il était envisageable de faire pour venir en aide à Milia…

    — J’dis pas ça pour faire le chevalier blanc, hein, ajouta Pod comme pour se justifier. J’suis pas amoureux ni rien, mais… on peut pas la laisser tomber.

    — Je sais, Pod, je sais.

    Après quelques instants où tous deux restèrent plongés dans leurs pensées, Barne entendit la respiration de Pod se faire plus régulière. Il dormait. Barne, lui, n’arrivait pas à trouver le sommeil, et pas seulement à cause de son épaule encore douloureuse.

    Il était passé très près de la mort à plusieurs reprises et c’était une expérience nouvelle pour lui… une expérience dont il se serait bien passé. Il en avait bavé… il avait reçu une balle… lui, le petit employé de bureau ; lui, dont la plus grande aventure jusqu’ici avait été son mariage avec une femme d’une autre espèce que la sienne. Être confronté ainsi à sa propre mortalité, à la fragilité de son existence, cela lui avait suffisamment retourné les tripes pour lui coller une insomnie qui était partie pour durer.

    Cela en valait-il la peine ? À chaque pas, à chaque étape de son aventure, il avait continué en se disant qu’il était déjà allé trop loin pour s’arrêter. Oui, mais s’il avait été tué à la Fabrique ? Ou s’il devait l’être le lendemain ? Son esprit était engourdi par de telles questions. Étrangement, plus il se posait ces questions, plus les risques étaient grands, et plus il lui semblait que la réponse était évidente : il fallait qu’il continue. C’était comme si devenir soudainement conscient de la réalité et de la gravité des enjeux – la victoire ou la mort – lui avait donné une sorte de courage, d’instinct viscéral : abandonner maintenant serait comme abandonner tout espoir d’une vie meilleure.

    Il repensa à Carmalière, aussi. Carmalière qui avait manqué de se faire cribler de balles pour le protéger, lui. Aurait-il imaginé le magicien capable d’un tel geste ? Sûrement pas. Il s’en voulait à présent d’avoir été si méprisant son égard… Il ne s’était pas attendu à se sentir si mal en voyant son camarade affaibli et impuissante. Malgré ses désaccords, il avait toujours vu Carmalière comme un roc auquel s’accrocher en cas de coup dur.

    Pour finir, ce fut l’image de Glormax qui lui vint à l’esprit. Le souvenir semblait vague, flou. Était-ce réellement arrivé ? Oui, essayait-il de se convaincre. Il avait envoyé son patron, son petit despote personnel, au tapis. D’un coup de poing comme jamais il n’en avait asséné. Sur le moment, il avait surtout ressenti la douleur physique dans son bras blessé, hurlante, insupportable. À présent, avec le recul, il ressentait une sorte de plaisir sadique ; une joie un peu honteuse au souvenir de ce geste qu’il avait si longtemps fantasmé, pendant les longues heures passées au bureau… lorsqu’il tentait d’ignorer le harcèlement de Glormax.

    Et bim, pensa-t-il. En pleine face.

    Si la lumière avait été allumée, les autres auraient vu le large sourire qui traversait son visage.


    Lorsqu’il fut éveillé au petit matin par le bruit de la télévision, Barne eut la surprise de constater qu’il avait malgré tout réussi à dormir une bonne partie de la nuit.

    — Après cette nuit mouvementée, disait la voix du présentateur de télévision, le Ministre de l’Intérieur a déclaré que toutes les mesures allaient être prises pour garantir le maintien de l’ordre et le retour au calme dans les plus brefs délais

    Barne se redressa d’un coup sec et sentit une douleur lancinante lui traverser le bras et le dos, conséquences à la fois de sa blessure de la veille et de la dureté du sol sur lequel il avait dormi.

    — Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il en se passant la main sur la colonne vertébrale d’un geste qui lui donna l’impression d’avoir quatre-vingts ans.

    Pod et Carmalière étaient assis sur le canapé et faisaient face au petit poste de télévision au look légèrement désuet. Amélise et Jasione étaient absentes. Un bruit d’écoulement d’eau étouffé indiquait que l’une d’entre elle était sans doute occupée à prendre une douche.

    — Nos petits exploits commencent à faire du bruit, répondit Carmalière qui affichait un sourire sur un visage reposé et serein.

    — Il y a eu des manifs hier soir ! s’exclama Pod qui avait l’air tout excité. Un peu partout, spontanément !

    — Des manifs ? Mais pourquoi ?

    — Pour nous ! Et pour elle !

    Barne jeta un œil au poste de télévision. On y voyait une foule éclairée à la lueur des réverbères défiler dans les rues de Sorrbourg. Des slogans étaient scandés mais le son était masqué par les commentaires du présentateur. Cependant, Barne pouvait lire les inscriptions sur les pancartes : « Justice pour Milia ! », « Tous unis avec la FNT ! », « Résistance ! » ou encore « Police nationale, milice gobelinale ». Il n’en croyait pas ses yeux. Eux qui étaient voués aux gémonies deux jours plus tôt, traités de terroristes et désignés comme ennemis publics, étaient à présent ovationnés par une foule qui ne les connaissait même pas.

    — Mais comment… pourquoi…

    — La fuite des images de sécurité de la Bibliothèque a fait du bruit, expliqua Carmalière. On a monté l’ensemble de la population contre nous en s’appuyant sur les mensonges des responsables orques : il faut croire que les gens n’ont pas trop apprécié de s’apercevoir qu’on les avait manipulés…

    — Pour couronner le tout, ils ont fait l’erreur de médiatiser l’arrestation de Milia entre temps ! continua Pod avec un large sourire. C’était stupide de leur part parce que ça a fait d’elle un symbole d’une volonté d’écrasement illégitime !

    — Ils ont parlé de Milia ? Est-ce qu’on sait si elle va bien ?

    — Sa vie n’est pas en danger, dit Carmalière en confirmant l’hypothèse que Barne avait fait à Pod la veille. Malgré tout le mal que je pense de notre système politique, il faut lui reconnaître cela : le régime n’assassine pas encore les opposants politiques… en tout cas, pas une fois qu’ils sont interpellés.

    — Vu comment les manifestants ont l’air remontés, dit Pod, ils seraient capables d’aller forcer le commissariat pour la libérer…

    — Tout ce tapage, juste pour nous ? s’étonna Barne, incrédule.

    — C’était l’étincelle, fit Pod, réjoui. Celle qui a mis le feu aux poudres.

    — C’est très bon pour nous, remarqua Carmalière, mais ça finira par retomber, comme d’habitude. C’est pour cela qu’il faut agir vite, maintenant, tant que nous avons ce soutien populaire.

    — Et Zarfolk ?

    — Ils n’en ont pas parlé, répondit Carmalière. J’imagine que c’est bon signe…

    Un nouveau visage apparut sur l’écran. Barne le reconnut immédiatement comme étant celui du Ministre de l’Intérieur : Morgat de Lapadius. C’était, comme une très large majorité des politiciens de la Terre de Grilecques, un mort-vivant aux yeux vides, la peau décharnée, de rares cheveux sur le crâne et vêtu d’un costume cintré et austère.

    — Le refus de M. Soriame Palor d’appeler au calme et son appel à manifester – même sauvagement – est un acte irresponsable, dit le Ministre d’une voix monocorde. Il est impensable, aujourd’hui, que des casseurs utilisent une affaire anecdotique comme prétexte pour laisser libre cours à leur violence.

    — M. le Ministre, rebondit le journaliste, qu’est-ce que vous répondez à ceux qui vous demandent de comprendre la colère de ces manifestants ? On a entendu beaucoup de choses, par exemple que les événements d’hier soir cristallisaient une certaine crispation de longue date au sein de la société de Grilecques.

    — Rien ne justifie les violences actuelles, répondit le Ministre en balayant l’argument d’un geste de la main. Il est évident que nous devrons prendre en compte certaines revendications, mais en réunissant les partenaires sociaux et en instaurant un dialogue constructif, pas en brisant des abribus !

    — Il y a des casseurs ? demanda Barne.

    — Il y en a toujours, répondit Carmalière. Note qu’ils brisent en général bien moins de choses que les puissants que nous combattons.

    Barne se dit en son for intérieur que cela n’était pas une justification, mais il aurait eut du mal à prendre le parti du Ministre de l’Intérieur à ce moment-là.

    Peu de gens, de manière générale, faisaient confiance à leurs politiciens en Terre de Grilecques. Car même si officiellement, ces politiciens étaient censés représenter leurs citoyens, dans les faits, ils appartenaient tous au même milieu social et étaient dans leur grande majorité des êtres humains de genre masculin. La politique avait cessé d’être l’affaire de tous pour devenir l’objet de carrières, carrières si longues que la plupart des politiciens finissaient par se transformer en morts-vivants : ils abandonnaient la dignité d’une mort humaine pour pouvoir continuer, année après année, à arpenter les assemblées, maintenus dans leur demi-vie maudite par le pouvoir et l’argent : de plus en plus déconnectés de la réalité, déjà morts et pourtant toujours là. Ceux qui vivaient réellement, les autres, ne pouvaient que subir les législations scélérates d’une classe politique qui n’était plus concernée depuis longtemps par des besoins aussi élémentaires que manger ou se protéger du froid.

    — M. le Ministre, l’arrestation hier de la militante syndicaliste Milia Piuli a fait grand bruit et a sans doute beaucoup joué dans le déclenchement de ces manifestations. A-t-on plus d’informations sur l’enquête en cours ? Est-ce que l’audition des membres du personnel de la Fabrique Adabra de Malgron ont apporté de nouveaux éléments ?

    — Bien entendu, l’enquête étant toujours en cours, je ne peux rien dire de précis, mais effectivement, nous sommes sur les traces des quatre présumés terroristes. J’ai bon espoir que nous puissions les interpeller sous peu… avant qu’ils ne fassent d’autres victimes.

    — Merci, M. le Ministre. On rappelle que l’attaque de la Fabrique Adabra, qui a eu lieu à peine une semaine après celle de la Bibliothèque Nationale des Prud’Orques, a fait cinq blessés : M. Zad Fulmiark, PDG du conglomérat Orka Universa, M. Kur Glormax, directeur d’une antenne locale de l’entreprise Boo’Teen Corp, et M. Yorz Tohn, directeur de la sécurité de la Bourse de Grilecques, ont tous les trois été blessés légèrement ; deux agents de sécurité ont pour leur part été blessés grièvement et sont encore en observation à l’hôpital. Leur pronostic vital est engagé.

    — Sauf que bien entendu, marmonna Carmalière, eux ne seront pas nommés. On n’va quand même pas s’intéresser aux sous-fifres…

    — Vous n’allez pas les plaindre, tout de même ? dit Barne en haussant un sourcil.

    — Moi non, fit Carmalière d’un ton soudain intéressé, mais cela m’étonne que toi, Barne, tu sembles si détendu en apprenant que deux personnes sont entre la vie et la mort à cause de nous.

    — J’ai vraiment cru que j’allais y rester, hier, dit Barne en baissant la tête. Ces types… ils étaient prêts à m’exécuter sommairement, au sol, comme ça. Une balle dans la tête, et c’est tout. Plus rien.

    Il releva la tête vers Carmalière et il fut soulagé de constater que celui-ci ne souriait pas mais avait une expression de compassion.

    — En parlant de ça, continua Barne. Merci. Pour hier. Merci de m’avoir sauvé la vie. Mince, ça a l’air tellement con, quand je dis ça. Mais merci. J’ai vu ce qu’il vous en avait coûté : vous auriez pu vous faire tuer si vous n’aviez pas réussi à maintenir le sort si longtemps. Alors merci. Plus jamais je ne douterai de vous.

    — Si tu veux me remercier, Barne, je t’en prie, continue à douter de moi. J’en ai besoin. Nous allons au-delà de périls bien plus grands dans notre quête, et tu ne peux pas laisser l’émotion troubler ton jugement. Nous sommes une compagnie : lorsque que quelqu’un est en difficulté et que nous sommes en capacité de l’aider, alors nous le faisons. Ça ne se discute pas. Tu aurais fait la même chose, même si tu penses sans doute le contraire… et que tu sens coupable de cela. Par contre, ne fais pas de moi ton sauveur, par pitié. Continue à t’indigner quand mes opinions te semblent inacceptables. Dis-moi lorsque tu penses qu’un plan est suicidaire. Sauve-moi quand tu peux, et je ferai de même.

    Barne acquiesça d’un mouvement de tête. Il n’était pas très à l’aise avec les grandes déclarations. Il savait aussi que Carmalière était une spécialiste des grandes déclarations, alors il préféra lui laisser le dernier mot.

    — Maintenant que ceci est dit, dit soudain Carmalière en souriant, passons aux choses sérieuses. J’ai une excellente nouvelle : je sais où se trouve l’Épée des Serfs.

    Ce fut le moment qu’Amélise choisit pour sortir de la salle de bain, une serviette de toilette nouée sur la tête. Elle trouva un Barne et un Pod bouche bée devant Carmalière qui semblait ravie de son petit effet.

    — J’ai loupé quelque chose ? demanda-t-elle avec incrédulité.

    — Je m’apprêtais à expliquer à nos camarades comment j’avais découvert la localisation de l’Épée des Serfs.

    — Tu as découvert ça, toi ? Ici, comme ça, depuis ton canapé ?

    — Je crois que je peux me vanter de pouvoir répondre « oui ». Pire : je l’ai découvert en regardant la télé !

    — À l’instant ? s’écria Pod.

    — Parfaitement.

    — Bon, bon ! dit Barne. Assez d’effets d’annonce ! On n’va pas y passer la nuit ! Dites-nous, Carmalière !

    Cellui-ci se pencha en avant et posa les coudes sur ses genoux, dans la position du conspirateur qui s’apprête à exposer un plan secret.

    — Lorsque nous nous sommes retrouvés piégés à la Fabrique, dit-iel, nous faisions face à trois assaillants. Le premier, Barne et moi l’avons immédiatement reconnu puisqu’il est le directeur local de notre boîte : Glormax. Un être raffiné, comme vous avez pu le voir, et qui a fini par se mordre les doigts d’être une crapule, grâce à notre amie Jasione.

    Barne se garda de demander où était la naine, pressé d’entendre la suite.

    — Le second, le plus imposants des trois, était un orque. Nous avons appris son identité grâce au sus-nommé Glormax : Zad Fulmiark, grand PDG d’Orka Universa, la holding qui englobe entre autres la Fabrique Adabra. Deuxième fortune mondiale, le bonhomme. J’avoue que je connaissais son nom mais pas son visage. Un sacré honneur pour nous, pas vrai ? Fallait-il vraiment que nous l’ayons agacé pour qu’il se déplace en personne…

    — Ça ne colle pas, remarqua Barne. Qu’est-ce qu’un PDG irait faire dans une usine de seconde zone ? Je suis persuadé qu’il ne quitte jamais ses luxueux bureaux, d’habitude.

    — Tout juste, mais il était là pour une affaire, et pas n’importe laquelle : l’Épée des Serfs ! Rappelez-vous, Glormax était désolé que Fulmiark refuse de confier l’Épée à Boo’Teen Corp… Il y a fort à parier que l’Épée venait tout juste d’être déplacée sous la supervision du grand manitou en personne. On dirait bien que je ne suis pas le seul à y attacher une telle importance, à cet objet…

    — Tout cela me semble plausible, dit Amélise, mais il y a tout de même un problème : Glormax a effectivement dit que l’Épée n’irait pas chez Boo’Teen Corp.

    Carmalière sourit. Malgré l’amitié qu’il lui accordait désormais, Barne ne pouvait s’empêcher d’être exaspéré lorsque la magicienne exultait en jouant à ses petites énigmes, au lieu d’en venir simplement au fait.

    — Ce qui nous amène au troisième personnage, fit Carmalière. Il n’a pas dit un mot et son identité m’était inconnue… jusqu’à ce qu’elle nous soit révélée grâce à l’abnégation de notre présentateur télé.

    Il fit un signe de tête en direction du poste de télévision qui était toujours allumé, même si Pod avait réglé le son en sourdine.

    — « M. Yorz Tohn, directeur de la sécurité de la Bourse de Grilecques ». C’est ainsi que le journaliste l’a présenté.

    — La Bourse de Grilecques ?

    — La Forteresse, murmura Amélise.

    — Oui, confirma Carmalière, et c’est en fait l’endroit le plus logique. La Forteresse de la Bourse de Grilecques est sans aucun doute un des lieux les plus sécurisés au monde : Fulmiark y a probablement un bureau, et c’est là-bas que se trouvent les centres de données des principales banques ainsi que la plupart des réserves en or brut de la Terre de Grilecques.

    — Je croyais que l’étalon or avait été abandonné ?

    — En grande partie, oui, mais il en reste encore, de l’or. Vois-tu, même les financiers qui nous chantent les louanges de l’argent-dette savent que le système peut mécaniquement s’écrouler à tout instant, aussi préfèrent-ils assurer leurs arrières…

    — En tout cas, fit Barne, si l’Épée est cachée là-bas, on peut lui dire adieu, non ?

    — La tâche sera ardue, reconnut Carmalière, mais difficile ne veut pas dire impossible. Non, Barne, ne me regarde pas comme ça, je suis sérieux.

    — S’attaquer à la Forteresse ? dit Amélise. Même moi, je trouve que c’est une idée folle. Le bâtiment est immense, gardé par toute sorte de créatures maléfiques. Lorsqu’il s’agit de déchaîner leurs instincts autoritaires et sadiques, les orques n’ont bizarrement plus aucune réticence à faire alliance avec des forces magiques. Pas les plus nobles, en général… Je ne parle même pas des sorts de protection mis en place, ou de l’arsenal technologique de surveillance et de l’armée de gardes – armée au sens propre, c’est-à-dire militarisée.

    — C’est à peu près à tout cela que je faisais référence quand je disais « difficile ».

    — Il est dingue, dit Barne en regardant Amélise. Complètement dingue.

    — Pas forcément, dit Pod.

    — Et Milia ? rappela Barne. On la laisse sur le carreau ? Mince, Pod, hier soir tu t’inquiétais pour elle, et maintenant tu voudrais tout plaquer pour aller jouer aux révolutionnaires ?

    — Hier soir, répondit Pod, tu m’as dit justement que je ne devais pas m’inquiéter. Je tiens à Milia, mais je ne pense pas que nous puissions l’aider directement à l’heure actuelle… Admettons que nous la fassions évader, à quoi cela nous avancerait ? Ça aggraverait son cas et et le nôtre.

    — Oui, intervint Carmalière, et la fuite des vidéos de la Bibliothèque joue pour nous. Regardez déjà le soutien populaire qui s’élève… si nous récupérons l’Épée en prime…

    — Moi, je dis qu’on peut le faire ! s’écria Pod. Ce n’est pas parce qu’on est petits qu’on ne peut pas faire vaciller les grands. Je sais de quoi je parle…

    — Je suis d’accord sur ce point, Pod, mais l’ardeur ne fait pas tout, temporisa Amélise. Piquer des documents dans une bibliothèque, s’introduire dans une petite usine de quartier, c’est une chose. Encore que nous avons déjà failli y rester plusieurs fois. Là, on parle d’une forteresse, au sens propre puisque c’est littéralement comme cela que le bâtiment s’appelle !

    — Au-delà de ça, fit remarquer Barne, il faudrait déjà réussir à s’y rendre. Si je ne m’abuse, la Bourse de Grilecques se trouve à Dordelane, soit à plus de deux milles kilomètres de Sorrbourg. Si nous devenons les personnes les plus recherchées de la Terre de Grilecques – et c’est bien parti pour –, ça risque de compliquer le voyage…

    — Il y a une compagnie low-cost qui propose une ligne directe entre Sorrbourg et Dordelane.

    Amélise, Pod et Barne eurent tous la même réaction : ils firent de grands yeux et se décrochèrent les mâchoires sans arriver à émettre le moindre son. Ils avaient l’air de trois poissons rouges face à une Carmalière toujours aussi souriant.

    — Non, là, vous nous faites marcher, finit par articuler Barne. Carmalière, franchement. Rassurez-moi, vous déconnez ?

    — Je ne déconne pas du tout, mon cher Barne. Nous ne pouvons emprunter la route : les grands axes risquent d’être très étroitement observés, et ne parlons pas de la vidéosurveillance à chaque péage d’autoroute qui est déjà active et exploitable. Passer par des axes secondaires nous prendrait des jours et nous n’avons pas de temps à perdre.

    — Parce qu’un aéroport, ça ne risque pas d’être surveillé, peut-être ? Au premier contrôle d’identité, nous serons repérés.

    — La différence majeure, c’est qu’il s’agit d’un unique contrôle dont nous sommes déjà informés : une seule faille dont nous pouvons préparer l’exploitation à l’avance, là où les contrôles routiers seront imprévisibles et potentiellement multiples. On peut aussi compter sur l’effet de surprise : nous serons là où ils nous attendront le moins.

    — Je persiste à dire que vous êtes dingue.

    — Les plans les plus dingues sont parfois les…

    Carmalière cessa de parler et tous tournèrent la tête vers la fenêtre. Un bruit de fond lointain s’était peu à peu accentué, une sorte de ronronnement grave et régulier. Après s’être lancé des regards alertés, ils se précipitèrent à la fenêtre. À l’horizon, la silhouette d’un hélicoptère se détachait clairement sur le ciel bleu à peine parsemé de petits moutons blancs. L’engin s’approchait du quartier de Bundir.

    — Ils savent que nous sommes ici… murmura Barne. Ils ont identifié Jasione comme la personne qui nous a aidés et maintenant, ils viennent nous chercher.

    — Non, c’est de l’intimidation, objecta Carmalière. S’ils avaient identifié Jasione, ils seraient venu nous chercher en fourgon, directement et surtout discrètement. Ils ont dû nous suivre à la trace avec les caméras de surveillance autour des routes que nous avons empruntées. Ils doivent savoir que nous sommes à Bundir et ils vont surveiller le quartier jusqu’à ce que nous en sortions.

    La porte de l’appartement claqua et Jasione fit son apparition.

    — Y z’arrivent ! s’écria-t-elle.

    — Ne vous inquiétez pas, dit Carmalière, pour l’instant je ne crois pas qu’ils sachent que nous nous cachons chez vous.

    — Qu’y sachent ou qu’y sachent pas, dit-elle d’un ton narquois, pourront jamais approcher d’ici. Les flics sont pas les bienvenus à Bundir, et l’hélico, ici, c’est une déclaration de guerre. Y’a déjà plein de types dans la rue, bien chauffés par le bazar d’hier soir. Ça va péter ce soir… et quand ça pète ici, ça fait pas semblant. On ferait mieux de rester planqués. J’ai acheté des provisions.

    Elle leva deux sacs en plastique tenus à bouts de bras avec le logo d’une chaîne de supermarchés imprimé dessus. Barne ne put s’empêcher de sourire : la naine semblait à peine impressionnée par la situation, elle prenait ça comme une petite contrariété sans importance. C’était cette habitude et cette décontraction face à la détresse qui faisait sa plus grande force.

    — Vous êtes prévenante, Jasione, dit Carmalière, mais je pense que nous n’allons pas vous mettre en danger plus longtemps. Nous devons quitter Sorrbourg au plus vite, et profiter de l’éventuel désordre de ce soir me semble la meilleure option. Plus nous attendrons, plus la police resserrera son étau autour de votre appartement.

    — Parce que vous croyez qu’vous allez partir sans moi ? s’écria la naine. J’sais pas où vous allez, mais j’y vais aussi !

    — Jasione, fit Amélise, nous partons pour une quête très dangereuse et nous ne pouvons pas vous demander de…

    — Nan ! C’est moi qui demande. Vous allez récupérer l’Épée de machin-chose, hein ? Eh bah j’veux en être.

    — C’est étrange, dit Barne, lorsque nous en avons parlé hier, vous sembliez peu intéressée par la magie.

    — Rien à foutre de la magie ! dit la naine devant une Amélise scandalisée. Si vous luttez pour le peuple, y vous faut du peuple avec vous ! Pas question qu’les grands et les magicos récoltent tous les honneurs ! J’suis ouvrière, j’suis naine, j’suis la mieux placée pour lutter contre les fumiers capitalis’.

    Barne et Amélise étaient ébahis, Pod semblait en phase avec Jasione et Carmalière avait un air définitivement amusé.

    — Eh bien, dit-iel, j’avoue que je ne m’attendais pas à ça. Que peut-on répondre à un tel argumentaire ? Je serais bien mal avisé de refuser que quelqu’un de motivé se joigne à la compagnie. Soyez la bienvenue parmi nous, Jasione. Nous voici à nouveau cinq.

    La naine était rayonnante et Barne songea que c’était la première fois qu’il la voyait sourire. Pod aussi semblait aux anges, heureux de ne plus être l’unique petit être de la compagnie. Jasione ne remplacerait jamais Milia aux yeux d’Amélise, mais Carmalière avait raison : ils avaient une nouvelle camarade de route, et cela n’était pas négligeable si l’on considérait l’ampleur de la tâche qui les attendait.

    Dehors, l’hélicoptère était maintenant largement audible et tournait patiemment au-dessus du quartier. Ils s’éloignèrent de la fenêtre et s’assirent à nouveau autour de la table à manger. Jasione ayant manqué le début de la conversation, ils lui expliquèrent ce que Carmalière avait déduit sur l’emplacement de l’Épée et sur le plan qu’ils s’étaient mis en tête de suivre.

    Elle haussa un sourcil lorsqu’on lui exposa l’idée de prendre un avion pour se rendre à Dordelane mais ne protesta pas.

    — La question immédiate, dit Carmalière, c’est comment nous procurer de faux passeports et nous rendre à l’aéroport sans encombre.

    — Pour les passeports, j’dois pouvoir trouver quelqu’un, dit Jasione. L’aéroport est pas bien loin, même à pied. Forcément, y les construisent toujours à côté des banlieues craignos. Faudrait pas troubler la tranquillité des bourges !

    — Cinq minutes dans la compagnie et vous voilà déjà indispensable, dit Carmalière d’un air radieux.

    — Même avec l’aide de Jasione, remarqua Barne, je ne vois pas par quel miracle nous pourrions réussir à prendre l’avion sans nous faire prendre, à nous introduire dans la Forteresse, à localiser l’Épée, à nous en emparer et à ressortir sans encombre. Bon sang, Carmalière, il s’agit de la forteresse la plus sécurisée du monde et nous ne sommes que cinq !

    — Non, fit Carmalière en indiquant du doigt l’écran de télévision où les images des manifestations de la veille tournaient en boucle. Nous sommes des millions.

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