KrISS feed 8 - Un simple et superbe (ou stupide) lecteur de flux. Par Tontof
  • Wednesday 07 June 2017 - 11:27

    Excellent court-métrage anglais réalisé par Alex Gambs, jeune vidéaste basé dans le Dorset (sud-ouest de l'Angleterre). Il met en scène Christian (Ben Waugh), un trentenaire en retard pour un entretien d'embauche, et qui, au moment de partir de chez lui en voiture, manque de renverser un cycliste (Rod Lewis). Je vous ...
  • Tuesday 30 May 2017 - 09:59
    Voici une fiche courte et simple sur les impacts de la pollution automobile sur la santé des enfants. Cette fiche a été réalisée par le journaliste britannique George Monbiot. J’ai Lire la suite...
  • Monday 22 May 2017 - 21:18

    [Ceci est une lettre ouverte, une tribune, qui n’engage bien entendu que son auteur, et nullement le site lemonde.fr] Bonjour Benjamin Griveaux, je vote dans la 5e circonscription de Paris, celle dans laquelle vous vous présentez, au nom de la majorité présidentielle, pour les élections législatives de juin. Vous avez pris le risque de rejoindre Emmanuel Macron très tôt, dès 2015, à une époque où personne n’imaginait (sauf peut-être lui, et vous) qu’il serait un jour président de la République.

    Vous avez aussi, au cours de votre carrière, travaillé comme directeur de la communication et des relations institutionnelles d’Unibail-Rodamco, un puissant promoteur de l’immobilier commercial, qui construit et possède 72 centres commerciaux, d’après Wikipedia.

    La mort des villes. Comme vous le savez sans doute, en France, depuis une quinzaine d’années, les villes moyennes souffrent (détails ici). Les commerces ferment, les logements se vident, le patrimoine bâti se détériore, les habitants qui en ont les moyens partent vivre ailleurs, l’image même de la ville se dégrade, la société française délaisse l’urbain, et tout cela ne rend manifestement pas les gens heureux, tout en favorisant le repli sur soi. Certes, ces maux ne concernent pas vraiment le 10e ni le 3e arrondissements de Paris, qui constituent la 5e circonscription.

    La crise s’aggrave. Mais de très nombreuses villes sont touchées, et pas seulement celles qui subissent la désindustrialisation. Je suis sûr que vous en connaissez : Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), où vous avez été élu (PS), ou encore Autun, Tournus (récit ici), dans le même département, mais aussi Aix-les-Bains (Savoie), Cholet (Maine-et-Loire) ou Quimper. Voyez ci-dessous les derniers chiffres de la « vacance commerciale » publiés par un organisme spécialisé. Ils sont affligeants et témoignent d’une aggravation de la situation. Le triste sort de ces villes se manifeste bien au-delà des commerces vides et constitue sans doute l’un des enjeux majeurs du quinquennat qui s’ouvre.

    Les terres agricoles. Or, l’une des principales raisons de cette crise, c’est la prolifération commerciale périphérique, la multiplication des centres commerciaux en-dehors des villes, où les accompagnent les équipements et services publics, hôpitaux, Pôle emploi, Caisse primaire d’assurance maladie, cinémas, hôtels, etc., le tout dans un paysage uniforme conçu pour la seule voiture individuelle (plus d’infos ici).

    Rocades et bretelles. Lorsqu’un promoteur immobilier propose à des élus l’installation d’un hypermarché, il lui vend aussi la ville qui va avec, des rocades, des parkings, des bretelles, et des terrains agricoles devenus constructibles sur lesquels on édifie des infrastructures qui, autrefois, prenaient place dans le centre. Et cela se poursuit mois après mois, année après année, alors même que le consommateur n’a que faire de tous ces magasins.

    Destruction massive. En clair, l’urbanisme prôné par votre ancien employeur détruit les villes, les paysages, les modes de vie et la sociabilité. Le sort des villes moyennes dépend bien sûr de la sagacité de leurs élus, mais aussi de la capacité des législateurs à faire cesser cette prolifération commerciale. De nombreuses voix, dont celle du patron de Monoprix, que vous connaissez peut-être, se prononcent d’ailleurs pour un moratoire.

    Candidats pro-ville. Dans votre parti, au moins deux candidats à la députation, Patrick Vignal (Hérault,9e) et Francis Palombi (Lozère) s’engagent pour sauver les villes et leurs centres dévastés. Sans compter de nombreux autres candidats, de gauche comme de droite, à l’exemple de Lætitia Sanchez (Eure, 1e), Antoinette Guhl (Paris, 15e), Christophe Dumont (Ardennes, 1e), Pascal Tebibel (Loiret, 2e) ou Jean Mallot (Allier, 1e).

    Je ne porte pas de jugement sur vous parce que vous avez défendu pendant deux ans les intérêts de ce puissant groupe. On ne peut pas à la fois exiger des responsables politiques qu’ils ne soient pas des « politiciens professionnels » et leur reprocher d’avoir exercé leurs compétences dans une entreprise.

    Joinville (Haute-Marne), une jolie petite ville qui se bat contre la dévitalisation. © Olivier RazemonJe ne porte pas de jugement, donc, mais je m’interroge. Vous avez dû conserver des liens avec Unibal-Rodamco, des amis, des anciens collègues, des avocats d’affaires ou des lobbyistes proches des intérêts de l’entreprise. Peut-être avez-vous été, depuis que vous êtes entré en politique, sollicité par ces derniers, car identifié comme un précieux relai auprès du nouveau pouvoir.

    Une question simple. Dès lors, ma question est simple, cher Benjamin Griveaux : quels serait votre vote, à l’Assemblée nationale, comme député de la 5ème circonscription de Paris, si vous aviez le choix entre la fin de l’étalement commercial et les intérêts d’Unibail-Rodamco ?

    Olivier Razemon, à titre d’auteur, et non de journaliste (au départ, je pensais faire un tweet, mais finalement l’enjeu mérite un développement un peu plus long)

    A lire ici, la réponse du candidat Benjamin Griveaux.

     

     

     

  • Saturday 13 May 2017 - 10:33

    Eté 2012. En ce début de quinquennat, c’est encore vaguement l’état de grâce et le « président normal » prend le train pour se rendre sur son lieu de vacances. Ses ministres sont priés de faire de même ou d’emprunter les lignes aériennes régulières. Au-delà des économies budgétaires, cette mise en scène veut montrer un pouvoir attentif aux préoccupations des simples citoyens. On aurait pu espérer que l’équipe au pouvoir s’intéressât également au vélo, un moyen de transport efficace, simple, rapide, fluide, peu coûteux et non polluant, mais aussi un outil touristique extraordinaire, qui fonctionne très bien dans de nombreux autres pays européens.

    En fait non. A l’exception de Christiane Taubira, qui continue de se déplacer à vélo dans Paris – mais suivie d’officiers de sécurité conduisant une voiture – les velléités de la gouvernance normale en matière de mobilité sont abandonnées dès l’automne 2012. Il faut attendre deux ans, le 6 mars 2014 exactement, pour voir apparaître un « plan vélo », piloté par le ministre des transports, Frédéric Cuvillier, qui allait conserver la même fonction, mais au grade de secrétaire d’État, après le remaniement d’avril 2014 (le bilan transport selon « lui président », blog du Monde, est ici).

    Le double-sens cyclable de Sarkozy. Le « plan vélo » est devenu un passage obligé pour tout gouvernement. De nombreux aspects d’une politique pro-vélo relèvent des collectivités locales. Mais l’État peut donner des impulsions, imposer une réglementation, effectuer des choix stratégiques. Sous le quinquennat précédent, Thierry Mariani, ministre des transports de Nicolas Sarkozy, avait généralisé les double-sens cyclables, ce sens interdits autorisés aux cyclistes. En janvier 2012, tardivement, il avait présenté le panneau « tourne-à-droite » autorisant les cyclistes à passer au feu rouge. Double sens cyclable et « tourne-à-droite » (étendu au « va-tout-droit » puis, sous Hollande, au « tourne-à-gauche »): ces deux aménagements, communs en ville, ne sont désormais plus contestés dans les grandes villes, et facilitent les déplacements à vélo.

    Revenons en mars 2014. Le projet Cuvillier s’intitule en fait « plan d’action pour les mobilités actives » (Pama). Derrière ce barbarisme pointe l’idée qu’on n’œuvre pas seulement pour développer les déplacements à vélo, mais aussi pour redonner toute leur noblesse aux trajets à pied, voire à trottinette. Ce sont les « mobilités actives », qui impliquent que l’on se déplace avec son corps. La plupart des 25 points annoncés sont des dispositifs juridiques utiles, notamment aux collectivités locales, mais techniques, voire abscons. Une mesure prend effet en juillet 2015 : le montant de l’amende pour stationnement sur trottoir ou piste cyclable est porté à 135€ au lieu de 35 (détails ici).

    Le galimatias de l’indemnité kilométrique. Un aspect du Pama retient l’attention du grand public, l’indemnité kilométrique vélo (IKV), sorte de forfait destiné aux salariés qui pédalent pour aller au travail, à l’image des frais kilométriques des automobilistes ou du remboursement des abonnements mensuels de bus ou de train. Une expérimentation de cette IKV est lancée avec le parrainage de l’Ademe, jugée concluante, puis inscrite dans la « loi de transition énergétique pour la croissance verte », ce monument climato-centré qui doit être discuté courant 2015.

    Survient alors une sorte d’imbroglio dont la vie parlementaire a le secret. Lors des débats préparatoires, les députés estiment que cette indemnité sera « bien évidemment facultative », c’est-à-dire que les employeurs pourront décider de l’octroyer ou non. Le texte promulgué à l’été 2015 précise que l’employeur « prend en charge » l’IKV, comme si elle était obligatoire. A la fin de l’année, le caractère facultatif de l’indemnité est finalement acté, tandis que Bercy en plafonne le montant exonéré d’impôts à 200€ par an (détails ici).

    Pataquès fiscal. En réalité, au sein de l’appareil d’État, personne n’a songé sérieusement un seul instant que l’IKV pouvait être obligatoire. Au contraire. En mai 2015, convaincue par le ministère du budget, Ségolène Royal veut même supprimer le dispositif. Dans l’hémicycle, à l’Assemblée nationale, la ministre de l’écologie se fait alors tancer par des députés de tous bords: une véritable bronca (à lire ici), au milieu d’un débat qui donne naturellement lieu à quelques lieux communs sur le vélo. La loi de transition énergétique contient un autre pataquès fiscal, sur les flottes en entreprise (les détails ici), qui illustre magistralement l’incapacité des députés estampillés pro-vélo à rédiger des amendements adaptés.

    Velocity Nantes 2015. En attendant que ces mesures prennent effet, plusieurs équipes municipales élues en 2014, à Rennes, Paris, Poitiers ou Rouen, annoncent des plans vélo à l’échelle de la commune ou de l’agglomération, et affichent l’ambition de doubler, voire de tripler, la « part modale », c’est à dire la proportion des trajets effectués à vélo. En juin 2015 au bord de la Loire, à Nantes, se tient le congrès mondial du vélo, Velocity, qui rassemble 1500 participants et explore toutes les facettes de l’objet vélo et de sa pratique (15 choses étonnantes vues à ce congrès, ici). Le nouveau secrétaire d’État aux transports, Alain Vidalies, y prononce un discours remarqué, adoubant le vélo comme mode de transport légitime.

    Mais au même moment, dans plusieurs villes moyennes, des maires décident de mettre un terme à ce qu’il est convenu, à tort, d’appeler la « chasse à la voiture ». Au nom des commerces vides, un sujet que l’on découvre, les équipes municipales détruisent quelques pistes cyclables, transforment les (rares) places piétonnes en parkings, généralisent la gratuité du stationnement. Quelques villes commencent même à démanteler leurs systèmes de vélo en libre-service, très coûteux et peu utilisés. Le pouvoir national ne condamnera jamais officiellement ce que les élus, au Groupement des autorités responsables des transports (Gart), qualifieront de recul de la « mobilité durable ».

    Tout pour la voiture. A Paris, au gouvernement et dans les cabinets ministériels, on prend d’autres décisions, encore plus graves. La taxe sur les poids-lourds, la malencontreusement nommée écotaxe, votée à l’unanimité quelques années auparavant, est jetée à la poubelle, et les portiques avec. Des trains, nocturnes ou diurnes, sont supprimés. Alors que, pour la première fois depuis 1973, l’insécurité routière repart à la hausse, on renonce à limiter la vitesse à 80 km/h sur les départementales. Des voies d’autoroute réservées aux taxis et au covoiturage sont envisagées, mais comme simple expérimentation. D’énormes crédits sont fléchés pour relancer la construction d’autoroutes. Le gouvernement se fait tirer l’oreille pour décréter la circulation alternée lors des pics de pollution qui asphyxient les grandes villes. Sans parler des aides monumentales déployées en faveur de la voiture électrique, au nom de l’inévitable « croissance verte ».

    Ainsi, à l’approche de la Cop21, qui se tient en décembre 2015, le gouvernement semble adouber le mode de déplacement motorisé comme seul légitime. Ces décisions n’auraient rien à voir avec le développement du vélo ? Bien sûr que si. Les transports sont interconnectés. S’il n’y a pas de rivalité entre les usagers, il existe forcément une concurrence entre les modes.

    Madame vélo, une nomination qui traîne. La fin du quinquennat apporte d’autres épisodes significatifs de cette politique brouillonne. Fin 2015, il faut remplacer Dominique Lebrun, « coordonnateur interministériel en charge des mobilités actives », aussi appelé « Monsieur Vélo », qui prend sa retraite. Dès le mois de novembre, Sylvie Banoun, haute-fonctionnaire, énarque et normalienne, se porte candidate. Sa nomination est formellement acceptée. Mais il faudra attendre de longs mois pour que le décret soit signé. Le texte traine sur le bureau de Ségolène Royal, qui refuse obstinément d’y apporter son paraphe, avant de céder, en juin.

    Femme de dossiers et de sourires, la nouvelle Madame Vélo, qui se déplace désormais partout en France sur son Brompton, cherche à convaincre à tous les niveaux et n’oublie jamais qu’elle est aussi chargée de redonner sa place au piéton. Fin 2016, après une consultation d’une centaine de protagonistes associatifs, ministériels ou industriels, Mme Banoun liste des propositions (elles sont ici) qui doivent être adoptées avant la fin du quinquennat. On y trouve notamment une définition simple et claire du trottoir, qui manque cruellement dans la législation. Sans effets jusqu’ici.

    Les subventions oubliées. En décembre 2016, six associations pro-vélo s’alarment. Pour l’année qui se termine, elles n’ont toujours pas reçu les subventions qu’elles reçoivent normalement. Ces crédits alimentent leur fonctionnement, mais leur permettent aussi d’effectuer les missions que leur confie l’État. Pendant quelques semaines, le dossier des subventions, au total 300 000 €, attend, à nouveau, sur le bureau de Ségolène Royal, très réticente. Il faudra toute la force de persuasion d’un conseiller – et une certaine pression médiatique – pour la faire changer d’avis.

    Et encore les subventions pour 2016 ne sont-elles accordées qu’aux trois associations prônant le vélo urbain, quotidien. Celles qui militent pour le cyclotourisme devront s’en passer, même si, les exemples allemand, néerlandais ou belge le prouvent, ce secteur constitue une opportunité économique majeure et qu’il contribue à l’usage quotidien du vélo.

    Les caméras de Ségolène Royal. Le seul dossier que Ségolène Royal accepte de regarder, c’est celui de l’aide de 200€ pour l’acquisition d’un vélo à assistance électrique (détails ici), débloquée en février. Sous les caméras, l’opération rencontre un gros succès et réjouit les constructeurs. Mais l’extension de l’IKV à la fonction publique, promise par la ministre dès janvier 2016 et longtemps attendue pour les ultimes jours du quinquennat, restera lettre morte, in extremis.

    On l’a compris, le bilan est maigre, brouillon, inachevé. C’est dommage. Qui résumerait encore les transports du quotidien aux rocades et aux sorties d’autoroute, aux beaux tramways et aux lignes à grande vitesse se tromperait lourdement. Le vélo modifie en profondeur les habitudes et les territoires. Et maintenant ? Candidat, Emmanuel Macron avait répondu aux questions des associations pro-vélo. En selle?

    Olivier Razemon (l’actu sur Twitter, des nouvelles du blog sur Facebook et des pictogrammes sur Instagram).

     

     

     

  • Saturday 13 May 2017 - 08:04

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  • Tuesday 25 April 2017 - 16:57

    Une « France urbaine et aisée » contre une « France des campagnes, des villes moyennes et petites, qui souffre ». Celle des vitrines vides. Le diagnostic ne date pas d’hier, et a été réitéré maintes fois, au lendemain du premier tour de cette présidentielle, à la vue des résultats géographiques des deux finalistes, aux programmes que tout oppose, Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

    La dévitalisation urbaine comme moteur du vote FN ? L’explication est sans doute un peu courte. Pour vérifier cette assertion, il faut comparer le score de la candidate d’extrême-droite dans les villes les plus touchées par la dévitalisation commerciale avec ses résultats dans les villes considérées, à l’inverse, comme dynamiques.

    Taux de vacance élevé. La « vacance commerciale », le pourcentage de vitrines vides, est fournie pour 166 villes par Procos, la fédération des enseignes, qui rassemble 250 « marques », d’André à Zara. La carte de 2016, très précise, permet de repérer les villes selon leur taux de vacance, de 7,5% à 10%, de 10 à 15% et au-delà de 15%. A Calais, Nevers, Béziers ou Vierzon, le taux approche ou dépasse même les 25%. Ce taux, qui ne recense que les rues de l’hyper-centre où les enseignes acceptent de s’installer, n’est qu’un indicateur parmi d’autres de la crise urbaine, mais il est sans doute le plus frappant.

    Le FN croît avec la vacance. Les résultats de ce travail montrent qu’effectivement, le vote FN est plus élevé dans les villes le plus touchées par la crise du commerce (voir tableau ci-dessous). Ainsi, dans les 32 villes où la vacance dépasse 15%, Mme Le Pen rassemble en moyenne 22,3% des voix, un score légèrement supérieur à son résultat national. Elle séduit un nombre record d’électeurs à Lens (Pas-de-Calais, 36,7%), Orange (Vaucluse, 33,9%), Saint-Quentin (Aisne, 28,7%) ou Pamiers (Ariège, 24,5%).

    Dans les villes où la vacance est comprise entre 10 et 15%, le score moyen de l’extrême-droite est de 20,3%. Et lorsque ce taux se situe entre 7,5% à 10%, l’extrême-droite engrange 19,9% des voix. Si on compare avec les villes distinguées par le « palmarès des centres-villes commerçants » établi par Procos début 2017, le décalage est frappant. Dans cette vingtaine de villes choisies par la fédération des enseignes, le score du FN est inférieur, 18,7% en moyenne pour celles de moins de 50 000 habitants et « seulement » 10,5% dans ces villes distinguées qui dépassent les 50 000 habitants.

    Une progression du FN presque uniforme. Au-delà du score, on peut observer quelle a été, au premier tour, la progression du FN depuis 2012. C’est dans les villes les plus touchées par la crise du commerce que cette hausse est la plus forte, +3,6 points en moyenne. Là où la vacance est située entre 7,5 et 10%, ou entre 10 et 15%, le FN se hisse respectivement de 2,9 et 2,8 points. Les localités du palmarès Procos de moins de 50 000 habitants connaissent une évolution comparable, de 3 points. Ces hausses sont légèrement inférieures à celle enregistrée par Mme Le Pen au niveau national en 5 ans (+3,5 points).

    Limoges et Saint-Etienne, deux exceptions. En revanche, dans les dix grandes villes distinguées par Procos, la progression est infime, de 0,02%. Le vote FN progresse à La Rochelle ou à Caen mais régresse à Toulouse, Bordeaux, Nantes ou Rennes. Seules deux villes à la forte vacance commerciale connaissent une telle évolution électorale : Limoges (-0,3 point) et Saint-Etienne (-05 point).

    Ainsi, ces chiffres semblent corroborer ce lien entre la dévitalisation commerciale et le vote FN, lien remarqué, pour des villages de moins de 1000 habitants, par une étude de l’Ifop après les européennes de 2014. Mais il faut apporter à ce constat de nombreuses réserves. Tout d’abord, comme on le sait, « corrélation ne vaut pas causalité ». Ce n’est pas parce que l’on constate deux phénomènes concomitants que l’un est la cause de l’autre.

    Villes, bourgades et villages. De fait, les scores de Mme Le Pen ainsi que leur progression sont bien plus corrélés à la situation géographique ou politique des villes, ou tout simplement à leur taille, qu’au sort de leurs commerces. Le FN est ainsi, comme depuis 10 ans, à un  haut niveau dans de nombreuses villes du Nord, du Pas-de-Calais, du Vaucluse ou du Var, quelle que soit la situation commerciale de ces villes. Au-delà des centres urbains, c’est plus généralement dans les communes périphériques des villes moyennes, ainsi que dans les villages, que le FN atteint des sommets, parfois au-dessus de 50% des suffrages exprimés (à lire, sur ce sujet, l’analyse des Décodeurs du Monde).

    Macron pas seulement dans les métropoles. Mme Le Pen enregistre en revanche des résultats plutôt bas à Cholet (Maine-et-Loire, 11,8%), Saint-Brieuc (12%), Saint-Nazaire (Loire-Atlantique, 13,5%) ou Mende (15,1%), toutes très concernées par la mort du commerce, mais situées dans des régions moins perméables aux idées de l’extrême-droite. Parmi les villes commercialement sinistrées, le FN progresse fortement à Calais (+11,4 points), mais stagne à Vichy (Allier, +0,6 point) ou au Puy-en-Velay (+0,4 point). Enfin, 46 des 81 villes où la vacance se situe entre 10 et 15% ont placé Emmanuel Macron en tête, ce qui contredit l’idée généralement admise selon lequel le candidat d’En Marche ! ne devrait son succès qu’aux hyper-citadins des métropoles conquérantes.

    La peur de l’autre. L’aspect commercial de la désertification urbaine n’explique donc pas à lui seul ce « sentiment d’abandon » qui serait le ressort du vote Le Pen. En revanche, la désorganisation du territoire, l’uniformisation des paysages périurbains et des modes de consommation, la défiance à l’égard de la ville multiculturelle ou la multiplication des trajets longs et épuisants, sont des évolutions faciles à exploiter par une candidate qui joue sur la peur de l’autre et le retour aux traditions.

    Olivier Razemon (sur Twitter, Facebook et Instagram).

    Comment la crise des villes s’est invitée dans le débat politique

    Présidentielle: quel candidat se préoccupe du sort des villes moyennes? (avril 2017)

    Dans les villes moyennes, des bus rapides, mais vides et coûteux (juin 2016)

    L' »effet Catherine Deneuve » à Albi (mars 2017)

    En Bourgogne, combat inégal entre la petite ville et le grand centre commercial (février 2017)

    En Belgique aussi, l’inexorable déclin des centres-villes (mars 2016)

     

     

     

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    Helyett : Dans le progrès, toujours en tête est un livre de 176 pages qui rend hommage à l'historique marque de cycles Helyett, à soutenir en ce moment en crowdfunding sur Ulule. Née près d'Orléans en 1919, Helyett a rivalisé à l'époque avec les plus grandes firmes sur le marché du ...
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    Le sentez-vous monter le mécontentement général des automobilistes? L’Automobile Club Dauphinois organise ce jour à Grenoble une manifestation d’automobilistes afin d’exprimer un « ras le bol des mesures discriminatoires et injustes Lire la suite...
  • Friday 21 April 2017 - 12:22

    Voici une vidéo qui surprend par son ton volontairement décalé et très direct. Il s'agit d'une campagne de prévention pour lutter contre les accidents à vélo. Elle met en scène deux voisins et collègues, l'un qui se rend en voiture, l'autre à vélo. Le cycliste, qui s'adresse directement à nous, roule de manière ...
  • Wednesday 19 April 2017 - 16:23

    Commerçants désespérés, élus impuissants, habitants résignés… Depuis quelques semaines, avant l’élection présidentielle, les reportages télévisés et les articles de presse consacrés au triste sort du « commerce de centre-ville » se succèdent. Par le prisme des vitrines vides, la dévitalisation des villes moyennes émerge enfin dans le débat public. La vacance commerciale, qui touche davantage la France que les pays voisins, provoque un évident malaise.

    Logement, équipements, transports. Mais la crise urbaine ne se limite pas aux commerces abandonnés, ni au centre-ville. Elle atteint tous les quartiers et se matérialise aussi par des logements vides, des équipements (hôpital, administrations, Pôle emploi, cinémas, hôtels) déplacés dans les communes périphériques, un revenu moyen inférieur à celui des communes alentour, une désaffection des transports publics et bien entendu la prolifération des grandes surfaces, qui aspirent littéralement l’activité. Tout ceci finit par miner la réputation même de la ville, son identité.

    Les prétendants à l’élection présidentielle ne semblent pas avoir pris la véritable mesure du problème. A la décharge des candidats et de leurs écuries, le sujet est complexe, fait appel à des connaissances fines et contre-intuitives, et surtout il n’existe pas de solution unique et absolue. Cette conjoncture kaléidoscopique est peu propice aux discours enflammés, sauf celui qui consiste à opposer artificiellement des métropoles présentées comme florissantes à une « France périphérique » supposément malheureuse et abandonnée.

    La « France périphérique », ça ne veut rien dire. Emmanuel Macron s’est risqué, lors du premier débat télévisé, le 20 mars, à évoquer cette « France périphérique ». Avant lui, François Fillon avait brièvement enfourché le même cheval tout comme, lors de la primaire de gauche, Arnaud Montebourg, avec le succès que l’on connaît.

    La France périphérique, oui, mais encore ? Géographiquement, cette expression, issue d’un livre du géographe et consultant Christophe Guilluy, ne veut pas dire grand-chose. Parle-t-on de la grande banlieue parisienne ou lyonnaise, des villes moyennes, de leur centre ou leurs quartiers, ou encore tout ce qui s’apparente de près ou de loin à la campagne, sans même parler de l’« hyper-ruralité » (oui, l’expression existe) ? Ou de tout ceci à la fois ?

    Tant que l’on limitera l’analyse de la crise urbaine à cette expression fourre-tout, on ne réglera rien. Des commerces continueront de fermer, comme cette maison de la presse à Moulins, préfecture de l’Allier, dont les gérants, Daniel et Isabelle, ont annoncé cette semaine la cessation prochaine. Et l’on continuera à construire des grandes surfaces périphériques bien plus que de besoin, assorties de leur inévitable urbanisme commercial et de leurs infrastructures routières (ici à Moulins également, texte issu du reportage du journaliste Clément Petreault, sur la Nationale 7, de Nice à Paris).

    Contrer les grandes surfaces. Pour autant, les programmes présentés aux électeurs ce dimanche ne font pas totalement l’impasse sur le sujet. Ils traitent, sans forcément faire le lien entre ces thèmes, du sort des commerçants, de la grande distribution ou de l’étalement urbain. L’association En toute franchise, qui combat les projets de centres commerciaux, a soumis aux candidats une charte les engageant à geler les créations et les extensions de grandes surfaces. Seuls trois d’entre eux ont accepté de la signer : François Asselineau, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan.

    « C’était mieux avant ». Le Front national n’a pas de mal à s’opposer, sur le papier, à la grande distribution. N’ayant jamais exercé le pouvoir, le parti d’extrême-droite n’a pas été confronté aux pressions de cette industrie puissante. Mme Le Pen a en outre compris que la dévitalisation urbaine constituait un formidable prétexte pour décliner ses deux principes cardinaux : « c’est de la faute des gens qui ne sont pas comme vous » et « c’était mieux avant ». C’est aussi la rhétorique de son soutien Robert Ménard, à Béziers, qui n’en a pas moins inauguré, en février 2016, un nouveau Lidl en périphérie de la ville.

    La droite des boutiquiers. Le candidat de Debout la France, lointain héritier de cette droite des boutiquiers, Jean Royer voire Pierre Poujade, se soucie du sort du petit commerce. M. Dupont-Aignan veut « abaisser de 1000 m² à 300 m² le seuil d’autorisation d’installation des grandes surfaces commerciales dans les villes moyennes afin de faire revivre les centre-ville en accompagnant l’installation de commerçants ». Mais le candidat se présente aussi, c’est le cas d’ailleurs lors de chaque élection (régionales, municipales), comme le défenseur « des automobilistes », hostile à tout ce qui lui semble restreindre la liberté de se conduire comme on veut au volant. C’est oublier que c’est précisément cette liberté absolue qui conduit à la dissolution de la ville dans un ensemble plus vaste.

    Macron n’est pas mauvais non plus pour les diagnostics. « Nous devons conforter la dynamique de centaines de villes moyennes qui constituent l’armature de notre pays », écrit-il à la page 159 de son livre « Révolution ». L’ex-ministre de l’économie poursuit : « faute d’avoir pensé un urbanisme commercial à la bonne échelle, on a laissé se constituer à la périphérie des centres commerciaux trop importants ». Le candidat centriste, qui promet aussi une baisse des charges pour les commerçants et artisans, dispose manifestement de réseaux bien informés, peut-être les patrons des grands magasins rencontrés qui plaidaient, lorsqu’il était à Bercy, pour le commerce du dimanche. En revanche, à sa charge, cette ouverture dominicale risque précisément de précipiter la dévitalisation des villes moyennes. Il aurait fallu limiter cette possibilité aux seuls commerces de ville, ou aux indépendants.

    La course à la croissance. Benoît Hamon prône, depuis la primaire de gauche, davantage de sobriété. Les villes meurent précisément de la course à la croissance, à commencer par celle des hypermarchés. Jean-Luc Mélenchon constate lui aussi la « désertification des centres vidés par la politique du tout-voiture et du tout-supermarché ». Quant à François Fillon, il se montre moins disert, et, pour lui, le salut du pays passe toujours par le « retour de la croissance ».

    Sanctuarisation des sols. Il n’en reste pas moins que tous les « grands » candidats plaident, à leur manière, pour la promotion des circuits courts et la limitation de l’étalement urbain. « Macron, Hamon et surtout Mélenchon proposent une sorte de sanctuarisation des sols », explique Frédéric Denhez, chroniqueur de l’émission de radio CO2 mon amour, sur France Inter (les 1er et 8 avril). « Le Pen veut surtaxer les zones d’aménagement commercial qui ne seraient pas construites sur de l’existant », poursuit-il. Enfin, tous se prononcent en faveur d’une « surveillance des négociations commerciales entre agriculteurs et la grande distribution », précise le chroniqueur.

    Curieusement, les programmes ne sont pas si différents qu’on pourrait l’imaginer. Comme souvent, tout se jouera plus tard. Après la dédramatisation de ce moment d’élection, une fois un gouvernement formé, les enjeux se trancheront dans les ministères, les cabinets, l’Assemblée nationale, les mairies, les structures intercommunales. On aurait certes pu espérer mieux pour un enjeu central tel que l’avenir des villes. Un jour, peut-être, on découvrira que l’élection présidentielle n’est pas le meilleur moyen pour changer la vie, ou société, d’un seul coup d’un seul.

    Olivier Razemon (sur Twitter, Facebook et Instagram).

     

     

     

     

     

     

     

     

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