KrISS feed 8 - Un simple et superbe (ou stupide) lecteur de flux. Par Tontof
  • Tuesday 23 May 2017 - 18:22

    Gouvernements européens, il est temps de chasser le colon Microsoft

    Une enquête réalisée par un consortium de neuf journalistes européens met à jour les risques qui dérivent de la dépendance des gouvernements à Microsoft — aucun n’est indemne…

    Même si çà et là des efforts sont notés pour migrer vers des solutions open source voire libres, l’adversaire est impitoyable et utilise un arsenal bien rodé.

    Combien faudra-t-il encore de telles enquêtes pour provoquer une prise de conscience et pour que les décisions nécessaires soient prises et mises en œuvre ?

     

    Traducteurs : PasDePanique, Paul, dominix, Asta, Luc, MO, lyn., Jérochat, simon, LP, Opsylac, Paul, Hello, Mika + 5 anonymes

    L’addiction de l’Europe à Microsoft, un énorme risque pour la sécurité

    Nous vous proposons ici une traduction de l’article paru dans Der Tagesspiegel, qui correspond à une partie de l’enquête menée par neuf journalistes européens dans leurs pays respectifs sur les relations entre Microsoft et les institutions publiques, chacun traitant de la situation particulière dans son pays (voir les différents articles déjà publiés ici). L’hebdomadaire Marianne a publié l’article de de Leila Minano dans son édition du 19 mai sur la situation française, intitulé Microsoft : menace sur la sécurité de l’État.

    Le 13 mai 2017

    par Crina Boros, Wojciech Ciesla, Elisa Simantke, Ingeborg Eliassen, Leila Minano, Nikolas Leontopoulos, Maria Maggiore, Paulo Pena et Harald Schumann

    Le Parlement européen de Strasbourg – Photo par Frédéric Chateaux (CC BY-SA 2.0)

     

    Le 12 mai 2017, des hackeurs ont frappé plus d’une centaine de pays à l’aide d’un outil volé à la NSA, en ciblant des vulnérabilités des logiciels Microsoft. Les attaques ont infecté uniquement des appareils fonctionnant avec le système d’exploitation Windows. Parmi les victimes, on compte plusieurs organismes publics, par exemple les hôpitaux du NHS (National Health Service, Service national de santé) au Royaume-Uni. Investigate Europe a passé des mois à enquêter sur l’extrême dépendance des pays européens envers Microsoft et les risques que cela implique pour la sécurité. Lisez notre enquête complète.

    Nota bene : cet article est une traduction de la version anglaise d’un billet d’Investigate Europe publiée le 13 mai 2017. Pour savoir dans quelles publications de presse, pays et langues le billet est disponible, veuillez consulter cette page.

    En général, lorsque le conseil municipal de Munich se réunit, ça n’intéresse pas grand-monde en dehors du périmètre de la ville. Mais en ce jour de février, tout est différent. Dans le grand hall du magnifique hôtel de ville néogothique, tous les sièges réservés à la presse et aux spectateurs sont occupés. Ceux qui n’ont pas trouvé de place se tiennent debout dans les allées. Des membres du conseil rapportent qu’ils ont reçu des courriels et des demandes de médias en provenance de toute l’Allemagne et de toute l’Europe.

    Et pourtant l’événement semble purement technique. Pendant dix ans, des experts ont travaillé à migrer le système informatique de la ville vers des logiciels libres et ouverts. Les coûteux logiciels de l’entreprise américaine Microsoft ne sont désormais plus utilisés qu’exceptionnellement. Cela n’a pas seulement permis à la ville d’économiser plusieurs millions d’euros de frais de licences, mais a aussi rendu le système plus sûr – « un franc succès », ainsi que l’annonçaient en 2014 les responsables politiques de la ville. Mais, aujourd’hui, le maire, Dieter Reiter, et sa grande coalition rassemblant le Parti Social-Démocrate (SPD), de centre-gauche, et l’Union Chrétienne Sociale (CSU), de centre-droit, souhaitent ramener chez Microsoft les 24 000 ordinateurs de la ville.

    Les débats sont animés. M Reiter et ses sympathisants ne réussissent pas à donner d’arguments convaincants – ni à dire combien pourrait coûter la transition. La décision est donc reportée. Le chef du groupe parlementaire des Verts, Florian Roth, est agacé : « Cela ne semble être rien de plus qu’un jeu de pouvoir politique, dit-il, mais un jeu à haut risque ». Il ajoute en guise d’avertissement : « Voulons-nous vraiment rendre notre administration éternellement dépendante du monopole de l’américain Microsoft ? »

    Dans toute l’Europe, les systèmes informatiques des administrations publiques reposent sur les programmes de Microsoft

    Le problème n’est absolument pas exagéré et ne se limite pas à Munich. Dans l’Europe entière, de la Finlande au Portugal, de l’Irlande à la Grèce, les technologies informatiques dans les administrations publiques reposent sur les programmes de l’éditeur de logiciels états-unien. Et puisque les systèmes numériques continuent à grandir et à prendre de plus en plus d’importance, les États deviennent de plus en plus dépendants de cette unique entreprise. La Commission européenne a même admis qu’elle était « concrètement captive de Microsoft ».

    Quelles sont les conséquences de ce lock-in, comme on l’appelle dans le jargon technique, qui nous attache à un seul fournisseur ? Et comment les gouvernements peuvent-ils gérer cela ? L’équipe de journalistes d’Investigate Europe s’est lancée pendant trois mois dans une mission d’exploration pour établir des faits et interviewer des économistes, des responsables informatiques, des experts en sécurité et des politiciens dans douze pays européens, ainsi qu’à la Commission et au Parlement européens. Les résultats sont inquiétants.

    La dépendance des États envers Microsoft :

    • engendre des coûts en hausse constante et bloque le progrès technique au sein des autorités publiques ;
    • contourne systématiquement les lois européennes en matière de passation des marchés et de règles de concurrence ;
    • introduit une influence politique étouffante de la part de cette entreprise ;
    • crée pour les systèmes informatiques étatiques, ainsi que pour les données de leurs citoyens, un grand risque technique et de sécurité politique.

    Microsoft n’a souhaité répondre à aucune des questions d’Investigate Europe sur ces sujets. Et les personnels qui travaillent au sein des services informatiques des administrations savent pourquoi.

    « De nombreuses administrations publiques sont tellement dépendantes de cet unique fournisseur qu’elles n’ont plus aucune liberté quand il s’agit de choisir un logiciel. Cela signifie que les États européens risquent de perdre le contrôle sur leurs propres infrastructures informatiques », avertit l’ingénieur informaticien et avocat Martin Schallbruch. Jusqu’à 2016, il était directeur du département des nouvelles technologies et de la cybersécurité au ministère de l’Intérieur fédéral allemand. Schallbruch n’est que trop familier de cette situation précaire. Si on voulait écarter ce danger et « basculer vers une architecture numérique indépendante, cela demanderait d’énormes investissements », déclare ce responsable informatique expérimenté, qui mène désormais des recherches au sein de l’école de commerce de Berlin ESMT.

    Le problème n’est pas seulement grave, il est aussi complexe. Au cœur des enjeux se trouve le modèle économique de Microsoft. Le géant des logiciels, basé à Redmond dans l’État de Washington aux États-Unis, vend ses logiciels, en particulier le système d’exploitation Windows et les programmes de bureautique tels que Word, Excel, Powerpoint et Outlook, en tant que produits sous licence. Dans le métier, on qualifie ce type de logiciel de « propriétaire », ce qui signifie qu’il interdit à tout concurrent d’utiliser ses propres logiciels pour interpréter correctement les données encodées par les programmes de Microsoft. Concrètement, ce seront, par exemple, des titres, des tableaux ou des dates dont les données de mise en forme ou en page seront modifiées ou perdues.

    C’est là la clé du monopole global de Microsoft – un business de rêve aussi ! Année après année, ce sont ainsi quelques 50 milliards de dollars que la multinationale empoche sous la forme de redevances de licences qui ne couvrent rien d’autre que la distribution de copies de ses programmes. Et parce que vos collègues, vos relations commerciales ou personnelles utilisent des fichiers Microsoft, cela paraît logique de faire de même, même si cela engage des frais, encore et toujours. La plupart des utilisateurs d’ordinateurs Apple, eux aussi, continuent d’acheter la suite Microsoft Office.

    Les autorités administratives à la merci de Microsoft

    Les administrateurs des services informatiques de l’État sont parfaitement avertis de cet état de fait. Cette monoculture présente de sérieux désavantages. Dans d’autres secteurs, le développement logiciel adhère depuis longtemps à un principe complètement différent. Google ou Siemens, par exemple, travaillent en priorité avec des programmes dits open source, en d’autres termes des programmes dont le code est partagé librement. Dans ce cadre, n’importe quel programmeur ou entreprise peut utiliser le code, à la condition que le dernier arrivé mette chaque amélioration qu’il apporte au code à la disposition de tous. Cela signifie que les entreprises ne peuvent pas gagner d’argent en vendant ce genre de logiciel. Mais, dans le même temps, elles bénéficient du travail des programmeurs du monde entier sans avoir à les rémunérer.

    Quels que soient les produits, de la centrale électrique à l’appareil de radiographie, Siemens a besoin d’un ensemble étendu de logiciels. « Or, 90 % d’entre eux réalisent des tâches de pure routine », explique Karsten Gerloff, informaticien du service concerné au sein de l’entreprise. « Pour cela, nous utilisons bien sûr des solutions open source ». L’entreprise utilise du « code propriétaire » uniquement pour des fonctionnalités précises, propres aux machines de Siemens. Si tous les logiciels devaient être mis au point par des équipes de l’entreprise, « ce sont 1 000 programmeurs de plus que nous devrions employer et nous ne serions plus compétitifs », indique M. Gerloff.

    Le recours à la créativité d’une masse de cerveaux de par le monde engendre une dynamique bien plus forte que celui qui serait restreint aux seuls cerveaux d’une entreprise. C’est pourquoi « l’open source est maintenant la norme dans le domaine scientifique et économique » pour Matthias Kirschner, président de la Free Software Foundation Europe (FSFE), qui plaide pour une plus grande autonomie dans l’usage des technologies de l’information. Cela s’applique autant aux smartphones qu’aux superordinateurs, systèmes de commande des machines ou serveurs web. L’ancien modèle du monopole ne concerne plus que les logiciels d’ordinateurs de bureau et les suites bureautiques.

    Il n’en reste pas moins que les administrations publiques s’appuient toujours sur ce vieux monopole, et pas uniquement pour la bureautique. Il existe des milliers d’applications dont seules les autorités ont l’usage. Qu’il s’agisse d’augmenter les impôts, de payer les retraites ou de calculer le coût de la collecte des déchets, que ce soit dans la police, à la sécurité sociale ou dans les services de l’urbanisme, pour quasiment chaque service que rend l’État, il existe un logiciel opérationnel spécifiquement conçu pour cette tâche. Or, parce que le système d’exploitation Windows est utilisé partout, la plupart de ces « applications spécifiques » reposent sur ce système, mettant les autorités à la merci de son éditeur.

    On a vu jusqu’où cela pouvait aller quand, à la fin de l’année 2014, Microsoft a cessé de fournir des mises à jour de sécurité pour Windows XP. Du jour au lendemain, des services publics partout en Europe se sont vus contraints de souscrire des contrats de service onéreux avec Microsoft afin de s’assurer que l’entreprise continuerait de colmater les failles de sécurité de son vieux système d’exploitation. Le gouvernement britannique a ainsi déboursé 6,5 millions de livres afin de disposer d’une année supplémentaire pour migrer ses ordinateurs vers Windows 7. Les Pays-Bas, ainsi que les länder allemands de Basse-Saxe et de Berlin, ont, eux aussi, payé plusieurs millions d’euros pour disposer d’un délai. « Il s’est passé la même chose dans toute l’Europe », confirme un expert de la Commission européenne. Et cela risque de se reproduire, vu que dans trois ans, c’en sera terminé des mises à jour de Windows 7.

    La Commission européenne n’écoute pas ses propres experts

    Dans le même temps, les États prennent du retard à cause du verrouillage de Microsoft. « Il n’existe pas de preuves formelles de ceci actuellement, mais il est logique de supposer que la dépendance envers un fournisseur unique ralentit le progrès technique dans le secteur public », prévient Dietmar Harhoff, directeur de l’institut Max-Planck pour l’innovation et la concurrence à Munich. Par exemple, si les municipalités pouvaient développer leurs centaines d’applications dédiées sur la base de programmes open source, chaque innovation pourrait être immédiatement utilisée par les services d’autres villes sans coût supplémentaire. « Ce potentiel est énorme pour le secteur public », selon D. Harhoff.

    Dès 2012, la Commission européenne avait, par conséquent, lancé un programme au nom évocateur : « Contre le verrouillage ». L’idée était que les futurs appels d’offres publics portant sur l’achat de technologies informatiques et de logiciels ne comporteraient plus la mention explicite de noms d’entreprises et de technologies « propriétaires » de ces dernières. À la place, les administrations publiques devaient s’astreindre à demander le recours à des « normes ouvertes » accessibles à l’ensemble des fabricants et éditeurs logiciels. Ce faisant, le monopole de Microsoft disparaîtrait au fil du temps dans la mesure où les problèmes de compatibilité ne se poseraient plus : les fichiers pourraient être lus par des logiciels concurrents, et cela sans perte de données. Si tous les services administratifs publics utilisaient les mêmes formats ouverts, on économiserait le prix des licences. « Les normes ouvertes créent de la concurrence, mènent à l’innovation et font économiser de l’argent », expliquait la commissaire à la Concurrence d’alors, Nellie Kroes. Selon ses experts, « le manque de concurrence » dans le secteur informatique et télécoms « coûte à lui seul 1,1 milliards d’euros par an au secteur public ».

    Mais l’inertie des bureaucrates de l’État a eu raison des bonnes intentions, et l’initiative n’a abouti à rien. Pourtant, la législation européenne définit désormais des règles précises. Les administrations publiques nationales sont tenues de passer par des appels d’offres européens pour toute commande dont le montant excède 135 000 euros. Pour les autres organismes publics, cette règle s’applique pour des montants supérieurs à 209 000 euros. Quand ils achètent des logiciels standards pour leurs administrations, les gouvernements des États membres, comme un seul homme, passent outre la loi en vigueur et privilégient le fournisseur habituel Microsoft.

    La mise en concurrence remplacée par de curieuses procédures

    Une curieuse façon de procéder. Sans passer d’appel d’offres publics, les administrations négocient des réductions avec l’entreprise états-unienne et concluent des contrats-cadres sur cette base. Tous les groupements publics peuvent ensuite en profiter. Dans les offres ultérieures, ils cherchent uniquement des revendeurs qui leur vendront des licences Microsoft selon ces conditions. Il n’y a de facto aucune concurrence pour ces contrats publics.

    En Allemagne aussi. En 2015, le ministère de l’Intérieur a convenu de nouvelles « conditions contractuelles » avec la filiale irlandaise de Microsoft, d’où la firme conduit ses affaires européennes pour optimiser ses impôts. Les rabais identifiés dans le nouvel accord peuvent être utilisés par tous les pouvoirs publics, du ministère fédéral jusqu’à la petite municipalité. La ville de Dortmund a ainsi passé un appel d’offres, par exemple pour trouver un « distributeur pour le contrat BMI de licences Microsoft en volume ».

    « C’est comme si l’État publiait une offre pour acheter des voitures, mais uniquement de revendeurs Volkswagen », se moque l’avocat néerlandais Matthieu Paapst, dont le doctorat à l’Université de Groningen a porté sur l’achat de logiciels dans le secteur public. Sa conclusion : « Se fournir en produits Microsoft, pour une administration publique, sans passer d’appel d’offres ouverts, viole la législation européenne en vigueur ». En vérité, selon l’avocat, la Commission européenne devrait engager des poursuites contre ce phénomène. L’unique raison pour laquelle elle s’en garde bien, c’est qu’elle n’applique pas elle-même les recommandations.

    En effet, la Commission européenne a un contrat exclusif avec Microsoft, valable pour toutes les institutions de l’UE – elle ignore de ce fait les recommandations de ses propres experts. C’est aussi « parfaitement légal » se défend Gertrud Ingestad, qui est responsable de la Direction générale pour l’Informatique (DG Digit), dans une interview à Investigate Europe. Il n’y aurait « pas d’autres possibilités » de garantir la continuité du travail de l’Union européenne. Et, dans ce cas, la législation permet explicitement le recours à une « procédure de négociation » non publique. Mais ce n’est pas exact : cette exception est explicitement valable « seulement quand il n’existe pas d’alternative raisonnable ou de solution de remplacement », selon l’article 32 du livret de recommandations de l’UE. Et c’est justement ce que la Directrice générale G. Ingestad et ses collègues ne peuvent pas prouver. Il existe des alternatives viables.

    Le général italien Camillo Sileo, par exemple, a beaucoup à dire sur ce sujet. Ce militaire, qui travaille au ministère de la Défense, à Rome, reçoit dans une petite bibliothèque. Là, un sourire aux lèvres, d’une voix douce, il parle de son projet comme d’une affaire mineure. Pourtant, il est à la tête d’une opération peu commune, voire révolutionnaire, l’opération « Libre Défense ». Son objectif est de migrer les quelques 100 000 ordinateurs de l’armée italienne vers des logiciels open source. « Nous avons constaté que les deux types de logiciels sont capables de satisfaire de la même façon nos besoins », explique le général. « Voyez par vous-même », dit-il en montrant à l’écran la première page d’une étude récente du ministère. « Ici, vous avez un fichier Microsoft Word », dit-il avant de cliquer, « Et, ici, la version open source LibreOffice. Le logo, le titre, la structure, tout est là. Aucune différence, » dit-il, radieux. « La migration permettra une économie de 28 millions d’euros d’ici 2020 », a prévu le général. Par temps de crise en Italie, l’armée, elle aussi, doit faire des économies.

    Le fait est que si la migration s’est déroulée sans accroc jusqu’ici, c’est grâce à une solide planification, selon le général. Le logiciel libre de remplacement peut satisfaire tous les besoins, mais il se manipule différemment et les utilisateurs doivent donc être formés. Pour cela, des volontaires de l’association « LibreItalia » ont formé des personnels de tous les services de l’armée devenus à leur tour formateurs et conseillers pour former leurs collègues. Ainsi, il y aura bientôt assez d’experts dans tous les services de l’armée. « Bien communiquer est un préalable à la réussite du projet », précise le général Sileo. « Si les gens comprennent l’objectif du changement, ils sont capables de surmonter toutes leurs résistances mentales ». Il n’a pas encore été décidé si l’armée migrera aussi son système d’exploitation un jour,  pour être totalement indépendante de Microsoft, mais la question sera examinée de très près », accorde le général Sileo.

    La gendarmerie nationale française, l’une des deux forces de police nationales, a déjà mené à bien une opération de migration démarrée dès 2005. Aujourd’hui, 72 000 ordinateurs de la gendarmerie nationale sont équipés d’une version particularisée du système d’exploitation Linux, avec LibreOffice comme application principale. La gendarmerie affirme que l’économie réalisée depuis le début du projet s’élevait en 2014 à quelques 20 millions d’euros. Précisons que jusqu’à cette année-là, la migration s’était déroulée pratiquement dans le secret. « La migration vers Linux pourrait  être vue par Microsoft comme une menace de son monopole », peut-on lire dans une note interne obtenue par Investigate Europe. Cela aurait pu « déclencher des actions visant à discréditer cette politique de la gendarmerie ». C’est pour cette raison que la migration s’est effectuée « sans publicité » jusqu’au moment où le processus est devenu irréversible.

    Les institutions mettent la pression sur ceux qui se désengagent

    Ces précautions étaient fondées. Encore aujourd’hui, 12 ans après le lancement du projet, la direction de la gendarmerie est sous « pression permanente » pour faire marche arrière, rapporte un membre de l’équipe du département Informatique et Télécom du ministère de l’Intérieur à Paris, qui ne souhaite pas être nommé de peur de représailles. « Chaque jour de fonctionnement du système est une gifle pour notre administration qui maintient que seul Microsoft fonctionne correctement » dit-il.

    Le bras de fer entre le ministère de tutelle et les partisans de Linux au sein de la gendarmerie est confirmé par une lettre du ministre, d’avril 2016, qu’Investigate Europe a eue entre les mains. Dans cette lettre, le ministre demande aux fonctionnaires responsables de la gendarmerie un retour définitif et intégral à Windows – prescription dont la direction de la police n’a pas tenu compte jusqu’à présent. Interrogé sur la question, un porte-parole faisait savoir « avec regret » qu’il était dans « l’incapacité de fournir une explication ». En parallèle, cependant, il écrivait de façon clairement subversive que la migration vers le logiciel libre « se passait en douceur et pour longtemps ». « Nous avons choisi Linux parce que le rapport coût/bénéfice est meilleur et, au final, nous gagnons en indépendance ».

    Ce conflit est caractéristique de ce que vivent partout les pionniers d’une émancipation vis-à-vis du monopole. Partout en Europe, il y a eu et il y a des centaines d’administrations et de municipalités qui ont migré ou tentent de migrer vers des logiciels open source : que ce soit l’administration des retraites de l’État en Suède, les écoles de Jaworzno en Pologne, les services municipaux de la ville de Rome, l’arrondissement de Camden à Londres, la grande ville de Nantes en France, le gouvernement de la communauté autonome d’Estrémadure en Espagne ou encore la ville de Vieira do Minho au Portugal. Ces projets sont à ce jour autant d’îlots perdus dans l’océan Microsoft. Pour cette raison, nombreux sont ceux qui subissent régulièrement des pressions pour rentrer dans le rang, parce que les produits et les lobbyistes de Microsoft sont omniprésents et peuvent créer de nouveaux ennuis.

    Des lobbyistes à l’œuvre au sein des ministères

    Dans le différend concernant l’administration municipale de Munich, ce qui se passe en coulisses est aussi un élément à prendre en considération. Dans cette ville, le maire centre-gauche SPD a besoin des voix du centre-droit CSU. Or, ce dernier est étroitement lié à l’entreprise étasunienne. Dorothee Belz, par exemple, vice-présidente chez Microsoft Europe jusqu’en 2015, fait partie du comité exécutif du conseil économique du parti conservateur.

    Des épisodes identiques « d’allers-retours » se constatent partout en Europe. En Italie, un ancien directeur chez Microsoft pilote aujourd’hui la « transformation numérique » des affaires de la ville de Milan. Au Portugal, c’est un cadre de Microsoft qui a organisé la campagne pour l’élection du président conservateur. Plus de six cadres et directeurs ont des liens étroits avec des ministres et des politiciens. Dans le même temps, des techniciens de Microsoft travaillent directement dans les services informatiques des administrations. Au moins cinq d’entre eux possèdent une adresse électronique qui les identifie comme s’ils faisaient partie du personnel administratif, ce qui leur permet de « faire leur travail de lobbying pour Microsoft à l’intérieur de l’administration », affirme un fonctionnaire à Investigate Europe. En Allemagne aussi, l’accès aux ordinateurs du gouvernement est largement ouvert. Il existe plusieurs milliers d’experts dans les centres informatiques du gouvernement, y compris des personnels de Microsoft et ses partenaires, indique l’ex-responsable informatique du gouvernement fédéral, Martin Schallbruch.

    Microsoft peut également instrumentaliser sans restriction les écoles et les universités à des fins marketing. Les écoliers et les enseignants reçoivent en général les produits Microsoft gratuitement, de sorte que les enfants grandissent sans rien connaître d’autre. La stratégie veut qu’après leurs études ils payeront des frais de licence pendant le reste de leur existence. « Une telle méthode est un classique du modèle « crack », utilisé dans le trafic de drogue », explique Rufus Pollock du Centre pour la propriété Intellectuelle et les lois de l’information (CIPIL) à l’Université de Cambridge. Les produits sont gratuits jusqu’à ce que les utilisateurs soient rendus accros.
    Cela démontre que les gouvernements européens approuvent tacitement leur propre dépendance envers Microsoft. Ainsi que le formule Anna Strezynska, ministre polonaise du numérique : « Oui, nous sommes dépendants, mais je pense que c’est raisonnable ».
    Cela signifie aussi que ces décideurs exposent leurs pays et leurs citoyens à d’innombrables risques de sécurité, tant techniques que politiques.

    Ce n’est pas un hasard si les attaques informatiques majeures qui, ces dernières années, ont pris pour cible des institutions de l’État comme le Bundestag allemand ou encore la Commission et le Parlement européens, ont systématiquement exploité des failles de sécurité des logiciels Microsoft. La suite bureautique de Microsoft, notamment, et les fichiers qu’elle permet de créer, sont une des portes d’entrée privilégiée par les hackeurs, selon le rapport 2011 du Bureau fédéral allemand pour la Sécurité des technologies de l’information (BSI). D’après ce rapport, la moitié des attaques ciblées avait pour origine des documents infectés de type Microsoft, tels les fichiers « .docx », dans lesquels les hackeurs avaient dissimulé leur logiciel malveillant. « La particulière complexité de ces fichiers facilite la tâche des hackeurs », affirment les experts du BSI. Ces fichiers contiennent bien plus de code que nécessaire, ne serait-ce que pour empêcher d’autres logiciels de les lire facilement. « Ce constat est toujours d’actualité, confirme Joachim Wagner, porte-parole du BSI. Le format des fichiers Microsoft est bien plus complexe que celui des logiciels open source, ce qui augmente d’autant la « surface d’attaque » de la cible pour les hackeurs ».

    Italo Vignoli, un des experts qui travaillent sur le logiciel libre LibreOffice, l’a testé pour Investigate Europe avec un simple texte de 5 500 caractères. Sous la version courante de Microsoft Word, le code du fichier couvre 390 pages. Par comparaison, le format libre OpenDocumentText ne fait que onze pages.

    Les programmes de Microsoft sont confus et vulnérables

    La particulière vulnérabilité des logiciels de bureautique de Microsoft se voit au nombre de failles de sécurité. « Aux États-Unis, le National Institute for Standards and Technology (NIST, Institut national des normes et de la technologie) a repéré 188 nouvelles failles dans la suite Microsoft Office au cours des trois années précédant le mois d’avril 2017. Les trois quarts de ces failles font partie de la catégorie des failles les plus graves. Sur la même période, on n’a découvert que onze failles dans LibreOffice. D’après M. Vignoli, cela n’a rien à voir avec le fait que LibreOffice est moins répandu. Simplement, malgré tous leurs efforts, même les meilleurs experts n’ont pu dénicher d’autres failles dans LibreOffice.

    Cela n’a rien de surprenant. N’importe quel utilisateur chevronné peut contrôler le code source de LibreOffice. Pour l’un des meilleurs experts européens, Michael Waidner, directeur de l’institut Fraunhofer pour la sécurité des technologies de l’information, c’est la clef de voûte : « Si l’Union européenne ou un État entend vraiment préserver sa souveraineté, il doit être en mesure de vérifier que ses matériels informatiques et ses logiciels font bien ce qu’ils sont censés faire et rien d’autre, explique-t-il. Cela ne revient pas à dire que l’Europe doit devenir autonome. « Mais nous devons faire en sorte que nos experts aient accès à toute l’information requise pour tester les logiciels là où la sécurité est en jeu. Il est essentiel d’avoir accès au code source », exige l’expert. Sans cela, affirme-t-il, il ne peut y avoir de « souveraineté numérique ».

    Or, c’est précisément ce que Microsoft refuse de fournir. L’entreprise a créé un « centre de la transparence », à Bruxelles, où les représentants gouvernementaux sont invités à inspecter le code source. Mais le BSI allemand juge la proposition insuffisante. « Microsoft doit satisfaire à un éventail complet de prérequis techniques pour créer un climat de confiance », a expliqué le BSI au magazine spécialisé C’t. Or Microsoft n’autorise même pas les experts à conserver leurs notes écrites et exige la signature d’un accord de non-divulgation, a confirmé un expert de la BSI à Investigate Europe.
    Même si une inspection du code était possible, les conclusions en seraient probablement obsolètes dès la mise à jour suivante. En outre, le risque que représentent les produits Microsoft n’est pas seulement technique, il est aussi politique.

    Déclasser l’Europe au rang de colonie numérique

    L’entreprise est soumise aux lois des États-Unis. Cela signifie qu’à tout moment l’administration de ce pays peut la forcer à collaborer afin d’accéder aux données des citoyens et des pouvoirs publics d’autres pays. Pour satisfaire cet objectif, il existe ce qu’on appelle « la lettre du renseignement » dans la loi américaine, autorisant des tribunaux secrets à délivrer de telles instructions, avec obligation de se taire sous peine de poursuites légales. Les révélations de l’ancien agent Edward Snowden ont montré que les services de renseignement américain font un usage démesuré de leurs pouvoirs. Les documents qu’il a publiés révèlent que Microsoft coopère étroitement avec les services secrets de la NSA.

    Un document de la NSA du 8 mars 2013 explique avec force détails que Microsoft a ouvert aux autorités américaines l’accès à ses services dans le nuage (cloud), autrement dit aux dispositifs de stockage de données auxquels recourent un nombre grandissant d’organisations privées, mais aussi publiques, qui confient ainsi à un prestataire externe leurs données informatiques par souci d’économiser sur les coûts de leur informatique interne. Les documents de Snowden ont aussi révélé que la NSA utilise une cyber-arme, Regin, en collaboration avec ses partenaires britanniques pour espionner la Commission et le Parlement européens via une faille de sécurité du programme Windows.

    Wikileaks a publié des documents secrets qui prouvent que ce n’était pas un cas isolé. Ils montrent que la CIA a même développé un véritable arsenal de logiciels malveillants (malwares) ciblant exclusivement les logiciels de Windows. La NSA n’est pas en reste, un de ses outils exploitant, ainsi que l’a révélé récemment le groupe de hackeurs Shadow Brokers, quatre failles de sécurité du système d’exploitation Windows inconnues jusqu’alors (vulnérabilités Jour Zéro).

    De fait, l’utilisation de produits Microsoft par les institutions de l’État « n’est plus compatible avec un État de droit », affirme le juriste et député Vert du Parlement européen Jan Philipp Albrecht. Beaucoup le considèrent comme le père de la loi européenne sur la protection des données. Albrecht précise qu’il y a pléthore de données individuelles stockées dans des ordinateurs appartenant à l’État, tels les montants acquittés pour les impôts, l’état de santé, les fichiers de police et les données sociales. « Cependant, les institutions ne peuvent garantir la confidentialité de ces données tant qu’elles travaillent avec des logiciels dont elles n’ont pas le contrôle », prévient Albrecht. Il va falloir changer cela, sous peine de « transformer l’Europe en une colonie numérique ».

    M. Albrecht n’est pas le seul à exprimer ce genre d’opinion. En 2014, après les révélations d’E. Snowden, une grande majorité du Parlement européen appelait les États membres de l’UE à s’unir pour « développer des compétences-clés autonomes dans le domaine des technologies de l’information », qui devraient « être basées sur des standards ouverts et des logiciels open source », de manière à pouvoir « être testées ».

    Un an plus tard, le Parlement nouvellement élu appelait à nouveau à l’adoption d’« une stratégie européenne pour l’indépendance du secteur des technologies de l’information ». Il indiquait aussi comment cela pouvait être acté : il est important d’établir « un code source publiquement accessible comme critère de sélection obligatoire dans toutes les procédures d’attribution des technologies de l’information du secteur public », ainsi que le préconisait l’expert en sécurité Michael Waidner.

     

    Si l’open source devenait la norme obligatoire pour le développement logiciel, « les acteurs européens deviendraient immédiatement compétitifs ».

    Si cela se faisait, M. Albrecht pense qu’il y aurait un effet sur les technologies de l’information « semblable à celui du projet Airbus ». De la même manière que l’Europe s’est autrefois affranchie de Boeing, elle pourrait s’affranchir aujourd’hui de sa dépendance à Microsoft, et cela pour un coût bien moindre, pense-t-il ; si l’open source devenait la norme obligatoire pour le développement logiciel, « les acteurs européens deviendraient immédiatement compétitifs, affirme Albrecht. Après tout, ajoute-t-il, les solutions alternatives sont développées depuis longtemps ».

    Pourtant, aujourd’hui encore, les gouvernements européens s’avèrent incapables de chiffrer le montant du tribut versé au « seigneur » des licences de Redmond, aux États-Unis. De la Norvège au Portugal, la réponse des administrations compétentes aux demandes d’information d’Investigate Europe a invariablement été qu’il n’existe pas de statistiques en la matière. En Allemagne, le bureau des achats du ministère fédéral de l’Intérieur a précisé ne pouvoir fournir qu’une « estimation » des dépenses en licences Microsoft des autorités fédérales. Dix semaines après la demande, le bureau n’était toujours pas en mesure de fournir ces données.

    Pierre Audoin Consultants, société spécialisée dans l’analyse des marchés IT, estime que, globalement, en Europe, Microsoft a tiré près de 2 milliards d’euros de revenus de ses opérations avec le secteur public pour l’exercice fiscal 2015-16. Cela voudrait dire que ce sont au moins 20 milliards d’euros de recettes fiscales européennes qui partent vers l’entreprise étasunienne tous les dix ans,  assurément assez pour que l’Europe développe sa propre industrie du logiciel.

    Jusqu’à présent, les dirigeants européens ne veulent rien entendre d’un « projet Airbus » pour le secteur des technologies de l’information. Andrus Ansip, commissaire européen au marché unique du numérique ne veut même pas en parler. Son directeur de cabinet, Roberto Viola, botte en touche en déclarant que ce n’est pas là leur principal souci

    Les entreprises américaines de l’Internet, de leur côté, n’ont pas besoin d’un dessin. Que se soit Facebook, Google ou Amazon, leurs infrastructures informatiques fonctionnent exclusivement avec des logiciels libres à en croire leurs porte-paroles. C’est le seul moyen qu’elles ont de se protéger. C’est bien aussi l’intention des dirigeants chinois, qui ont commencé à se libérer du monopole de Microsoft après le scandale de la NSA.

    Sous l’égide de l’Académie nationale d’ingénierie chinoise, un système d’exploitation ouvert, Neokylin, a été développé, accompagné de sa suite bureautique. L’opération de « déwindowsisation », comme l’appelle le professeur Ni Guangang, chef du projet, concernera au premier chef les secteurs les plus sensibles en termes de sécurité. C’est pourquoi l’usage de programmes libres/ouverts est en train de devenir obligatoire pour les militaires, l’administration d’État et le secteur financier. L’opération devrait se terminer en 2020.
    La Chine prend le chemin de l’indépendance. Que fait l’Europe pendant ce temps-là ?

    photo par Leonid Mamachenkov (CC BY 2.0)

    Cet article est une traduction de la version anglaise d’un billet d’Investigate Europe publiée le 13 mai 2017. Pour savoir dans quelles publications de presse, pays et langues le billet est disponible, veuillez consulter la page suivante.

     

  • Tuesday 23 May 2017 - 07:25

    [dev vs client] — L’app est 100% en Javascript comme prévu dans vos specs. — On peut changer ? La DSI bloque Javascript sur tout notre parc…

  • Monday 22 May 2017 - 21:18

    [Ceci est une lettre ouverte, une tribune, qui n’engage bien entendu que son auteur, et nullement le site lemonde.fr] Bonjour Benjamin Griveaux, je vote dans la 5e circonscription de Paris, celle dans laquelle vous vous présentez, au nom de la majorité présidentielle, pour les élections législatives de juin. Vous avez pris le risque de rejoindre Emmanuel Macron très tôt, dès 2015, à une époque où personne n’imaginait (sauf peut-être lui, et vous) qu’il serait un jour président de la République.

    Vous avez aussi, au cours de votre carrière, travaillé comme directeur de la communication et des relations institutionnelles d’Unibail-Rodamco, un puissant promoteur de l’immobilier commercial, qui construit et possède 72 centres commerciaux, d’après Wikipedia.

    La mort des villes. Comme vous le savez sans doute, en France, depuis une quinzaine d’années, les villes moyennes souffrent (détails ici). Les commerces ferment, les logements se vident, le patrimoine bâti se détériore, les habitants qui en ont les moyens partent vivre ailleurs, l’image même de la ville se dégrade, la société française délaisse l’urbain, et tout cela ne rend manifestement pas les gens heureux, tout en favorisant le repli sur soi. Certes, ces maux ne concernent pas vraiment le 10e ni le 3e arrondissements de Paris, qui constituent la 5e circonscription.

    La crise s’aggrave. Mais de très nombreuses villes sont touchées, et pas seulement celles qui subissent la désindustrialisation. Je suis sûr que vous en connaissez : Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), où vous avez été élu (PS), ou encore Autun, Tournus (récit ici), dans le même département, mais aussi Aix-les-Bains (Savoie), Cholet (Maine-et-Loire) ou Quimper. Voyez ci-dessous les derniers chiffres de la « vacance commerciale » publiés par un organisme spécialisé. Ils sont affligeants et témoignent d’une aggravation de la situation. Le triste sort de ces villes se manifeste bien au-delà des commerces vides et constitue sans doute l’un des enjeux majeurs du quinquennat qui s’ouvre.

    Les terres agricoles. Or, l’une des principales raisons de cette crise, c’est la prolifération commerciale périphérique, la multiplication des centres commerciaux en-dehors des villes, où les accompagnent les équipements et services publics, hôpitaux, Pôle emploi, Caisse primaire d’assurance maladie, cinémas, hôtels, etc., le tout dans un paysage uniforme conçu pour la seule voiture individuelle (plus d’infos ici).

    Rocades et bretelles. Lorsqu’un promoteur immobilier propose à des élus l’installation d’un hypermarché, il lui vend aussi la ville qui va avec, des rocades, des parkings, des bretelles, et des terrains agricoles devenus constructibles sur lesquels on édifie des infrastructures qui, autrefois, prenaient place dans le centre. Et cela se poursuit mois après mois, année après année, alors même que le consommateur n’a que faire de tous ces magasins.

    Destruction massive. En clair, l’urbanisme prôné par votre ancien employeur détruit les villes, les paysages, les modes de vie et la sociabilité. Le sort des villes moyennes dépend bien sûr de la sagacité de leurs élus, mais aussi de la capacité des législateurs à faire cesser cette prolifération commerciale. De nombreuses voix, dont celle du patron de Monoprix, que vous connaissez peut-être, se prononcent d’ailleurs pour un moratoire.

    Candidats pro-ville. Dans votre parti, au moins deux candidats à la députation, Patrick Vignal (Hérault,9e) et Francis Palombi (Lozère) s’engagent pour sauver les villes et leurs centres dévastés. Sans compter de nombreux autres candidats, de gauche comme de droite, à l’exemple de Lætitia Sanchez (Eure, 1e), Antoinette Guhl (Paris, 15e), Christophe Dumont (Ardennes, 1e), Pascal Tebibel (Loiret, 2e) ou Jean Mallot (Allier, 1e).

    Je ne porte pas de jugement sur vous parce que vous avez défendu pendant deux ans les intérêts de ce puissant groupe. On ne peut pas à la fois exiger des responsables politiques qu’ils ne soient pas des « politiciens professionnels » et leur reprocher d’avoir exercé leurs compétences dans une entreprise.

    Joinville (Haute-Marne), une jolie petite ville qui se bat contre la dévitalisation. © Olivier RazemonJe ne porte pas de jugement, donc, mais je m’interroge. Vous avez dû conserver des liens avec Unibal-Rodamco, des amis, des anciens collègues, des avocats d’affaires ou des lobbyistes proches des intérêts de l’entreprise. Peut-être avez-vous été, depuis que vous êtes entré en politique, sollicité par ces derniers, car identifié comme un précieux relai auprès du nouveau pouvoir.

    Une question simple. Dès lors, ma question est simple, cher Benjamin Griveaux : quels serait votre vote, à l’Assemblée nationale, comme député de la 5ème circonscription de Paris, si vous aviez le choix entre la fin de l’étalement commercial et les intérêts d’Unibail-Rodamco ?

    Olivier Razemon, à titre d’auteur, et non de journaliste (au départ, je pensais faire un tweet, mais finalement l’enjeu mérite un développement un peu plus long)

    A lire ici, la réponse du candidat Benjamin Griveaux.

     

     

     

  • Monday 22 May 2017 - 18:56
    Résumé : LORS DE SA DOUZIÈME ANNÉE standard, pendant la saison des Pluies Douces habarienne, Jalila quitte les hautes plaines de Tabuthal. Un voyage sans retour — le premier. Elle et ses trois mères s’installent à Al Janb, une ville … Continue reading
  • Friday 19 May 2017 - 08:59
    Résumé : The Union army may be full of bastards, but there’s only one who thinks he can save the day single-handed when the Gurkish come calling: the incomparable Colonel Sand dan Glokta. Curnden Craw and his dozen are out … Continue reading
  • Monday 15 May 2017 - 16:10
  • Sunday 14 May 2017 - 14:39
    Le Gorafi, Nord Presse, Secret News... quand les vrais médias se font avoir, encore et encore, par les sites satiriques.
    (Permalink)
  • Sunday 14 May 2017 - 11:38

    Les Imaginales 2017, on y est presque ! La 16ème édition des Imaginales aura lieu du jeudi 18 au dimanche 21 mai 2017 à Épinal, dans les Vosges. Le thème de cette édition, « Destinations », promet des voyages extraordinaires. L’’affiche est réalisée par Julien Delval. Pendant quatre jours, plus de 300 écrivains ou artistes venant de […]

    Cet article Imaginales 2017 est apparu en premier sur RSF Blog.

  • Saturday 13 May 2017 - 11:28

    Les lauréats des prix Imaginales des écoliers, collégiens et lycéens sont connus. Organisé dans le cadre du Festival Imaginales, le Prix Imaginales des Lycéens a été créé en 2005 à l’initiative de deux professeurs de lettres du Lycée Louis-Lapicque d’Épinal.  Voici la lauréate : Estelle Vagner, l’Exil (Kayla Marchal, T1), Éditions du Chat Noir. Étaient […]

    Cet article Prix Imaginales des Lycéens, Collégiens et Écoliers 2017 – Les lauréats est apparu en premier sur RSF Blog.

  • Saturday 13 May 2017 - 10:33

    Eté 2012. En ce début de quinquennat, c’est encore vaguement l’état de grâce et le « président normal » prend le train pour se rendre sur son lieu de vacances. Ses ministres sont priés de faire de même ou d’emprunter les lignes aériennes régulières. Au-delà des économies budgétaires, cette mise en scène veut montrer un pouvoir attentif aux préoccupations des simples citoyens. On aurait pu espérer que l’équipe au pouvoir s’intéressât également au vélo, un moyen de transport efficace, simple, rapide, fluide, peu coûteux et non polluant, mais aussi un outil touristique extraordinaire, qui fonctionne très bien dans de nombreux autres pays européens.

    En fait non. A l’exception de Christiane Taubira, qui continue de se déplacer à vélo dans Paris – mais suivie d’officiers de sécurité conduisant une voiture – les velléités de la gouvernance normale en matière de mobilité sont abandonnées dès l’automne 2012. Il faut attendre deux ans, le 6 mars 2014 exactement, pour voir apparaître un « plan vélo », piloté par le ministre des transports, Frédéric Cuvillier, qui allait conserver la même fonction, mais au grade de secrétaire d’État, après le remaniement d’avril 2014 (le bilan transport selon « lui président », blog du Monde, est ici).

    Le double-sens cyclable de Sarkozy. Le « plan vélo » est devenu un passage obligé pour tout gouvernement. De nombreux aspects d’une politique pro-vélo relèvent des collectivités locales. Mais l’État peut donner des impulsions, imposer une réglementation, effectuer des choix stratégiques. Sous le quinquennat précédent, Thierry Mariani, ministre des transports de Nicolas Sarkozy, avait généralisé les double-sens cyclables, ce sens interdits autorisés aux cyclistes. En janvier 2012, tardivement, il avait présenté le panneau « tourne-à-droite » autorisant les cyclistes à passer au feu rouge. Double sens cyclable et « tourne-à-droite » (étendu au « va-tout-droit » puis, sous Hollande, au « tourne-à-gauche »): ces deux aménagements, communs en ville, ne sont désormais plus contestés dans les grandes villes, et facilitent les déplacements à vélo.

    Revenons en mars 2014. Le projet Cuvillier s’intitule en fait « plan d’action pour les mobilités actives » (Pama). Derrière ce barbarisme pointe l’idée qu’on n’œuvre pas seulement pour développer les déplacements à vélo, mais aussi pour redonner toute leur noblesse aux trajets à pied, voire à trottinette. Ce sont les « mobilités actives », qui impliquent que l’on se déplace avec son corps. La plupart des 25 points annoncés sont des dispositifs juridiques utiles, notamment aux collectivités locales, mais techniques, voire abscons. Une mesure prend effet en juillet 2015 : le montant de l’amende pour stationnement sur trottoir ou piste cyclable est porté à 135€ au lieu de 35 (détails ici).

    Le galimatias de l’indemnité kilométrique. Un aspect du Pama retient l’attention du grand public, l’indemnité kilométrique vélo (IKV), sorte de forfait destiné aux salariés qui pédalent pour aller au travail, à l’image des frais kilométriques des automobilistes ou du remboursement des abonnements mensuels de bus ou de train. Une expérimentation de cette IKV est lancée avec le parrainage de l’Ademe, jugée concluante, puis inscrite dans la « loi de transition énergétique pour la croissance verte », ce monument climato-centré qui doit être discuté courant 2015.

    Survient alors une sorte d’imbroglio dont la vie parlementaire a le secret. Lors des débats préparatoires, les députés estiment que cette indemnité sera « bien évidemment facultative », c’est-à-dire que les employeurs pourront décider de l’octroyer ou non. Le texte promulgué à l’été 2015 précise que l’employeur « prend en charge » l’IKV, comme si elle était obligatoire. A la fin de l’année, le caractère facultatif de l’indemnité est finalement acté, tandis que Bercy en plafonne le montant exonéré d’impôts à 200€ par an (détails ici).

    Pataquès fiscal. En réalité, au sein de l’appareil d’État, personne n’a songé sérieusement un seul instant que l’IKV pouvait être obligatoire. Au contraire. En mai 2015, convaincue par le ministère du budget, Ségolène Royal veut même supprimer le dispositif. Dans l’hémicycle, à l’Assemblée nationale, la ministre de l’écologie se fait alors tancer par des députés de tous bords: une véritable bronca (à lire ici), au milieu d’un débat qui donne naturellement lieu à quelques lieux communs sur le vélo. La loi de transition énergétique contient un autre pataquès fiscal, sur les flottes en entreprise (les détails ici), qui illustre magistralement l’incapacité des députés estampillés pro-vélo à rédiger des amendements adaptés.

    Velocity Nantes 2015. En attendant que ces mesures prennent effet, plusieurs équipes municipales élues en 2014, à Rennes, Paris, Poitiers ou Rouen, annoncent des plans vélo à l’échelle de la commune ou de l’agglomération, et affichent l’ambition de doubler, voire de tripler, la « part modale », c’est à dire la proportion des trajets effectués à vélo. En juin 2015 au bord de la Loire, à Nantes, se tient le congrès mondial du vélo, Velocity, qui rassemble 1500 participants et explore toutes les facettes de l’objet vélo et de sa pratique (15 choses étonnantes vues à ce congrès, ici). Le nouveau secrétaire d’État aux transports, Alain Vidalies, y prononce un discours remarqué, adoubant le vélo comme mode de transport légitime.

    Mais au même moment, dans plusieurs villes moyennes, des maires décident de mettre un terme à ce qu’il est convenu, à tort, d’appeler la « chasse à la voiture ». Au nom des commerces vides, un sujet que l’on découvre, les équipes municipales détruisent quelques pistes cyclables, transforment les (rares) places piétonnes en parkings, généralisent la gratuité du stationnement. Quelques villes commencent même à démanteler leurs systèmes de vélo en libre-service, très coûteux et peu utilisés. Le pouvoir national ne condamnera jamais officiellement ce que les élus, au Groupement des autorités responsables des transports (Gart), qualifieront de recul de la « mobilité durable ».

    Tout pour la voiture. A Paris, au gouvernement et dans les cabinets ministériels, on prend d’autres décisions, encore plus graves. La taxe sur les poids-lourds, la malencontreusement nommée écotaxe, votée à l’unanimité quelques années auparavant, est jetée à la poubelle, et les portiques avec. Des trains, nocturnes ou diurnes, sont supprimés. Alors que, pour la première fois depuis 1973, l’insécurité routière repart à la hausse, on renonce à limiter la vitesse à 80 km/h sur les départementales. Des voies d’autoroute réservées aux taxis et au covoiturage sont envisagées, mais comme simple expérimentation. D’énormes crédits sont fléchés pour relancer la construction d’autoroutes. Le gouvernement se fait tirer l’oreille pour décréter la circulation alternée lors des pics de pollution qui asphyxient les grandes villes. Sans parler des aides monumentales déployées en faveur de la voiture électrique, au nom de l’inévitable « croissance verte ».

    Ainsi, à l’approche de la Cop21, qui se tient en décembre 2015, le gouvernement semble adouber le mode de déplacement motorisé comme seul légitime. Ces décisions n’auraient rien à voir avec le développement du vélo ? Bien sûr que si. Les transports sont interconnectés. S’il n’y a pas de rivalité entre les usagers, il existe forcément une concurrence entre les modes.

    Madame vélo, une nomination qui traîne. La fin du quinquennat apporte d’autres épisodes significatifs de cette politique brouillonne. Fin 2015, il faut remplacer Dominique Lebrun, « coordonnateur interministériel en charge des mobilités actives », aussi appelé « Monsieur Vélo », qui prend sa retraite. Dès le mois de novembre, Sylvie Banoun, haute-fonctionnaire, énarque et normalienne, se porte candidate. Sa nomination est formellement acceptée. Mais il faudra attendre de longs mois pour que le décret soit signé. Le texte traine sur le bureau de Ségolène Royal, qui refuse obstinément d’y apporter son paraphe, avant de céder, en juin.

    Femme de dossiers et de sourires, la nouvelle Madame Vélo, qui se déplace désormais partout en France sur son Brompton, cherche à convaincre à tous les niveaux et n’oublie jamais qu’elle est aussi chargée de redonner sa place au piéton. Fin 2016, après une consultation d’une centaine de protagonistes associatifs, ministériels ou industriels, Mme Banoun liste des propositions (elles sont ici) qui doivent être adoptées avant la fin du quinquennat. On y trouve notamment une définition simple et claire du trottoir, qui manque cruellement dans la législation. Sans effets jusqu’ici.

    Les subventions oubliées. En décembre 2016, six associations pro-vélo s’alarment. Pour l’année qui se termine, elles n’ont toujours pas reçu les subventions qu’elles reçoivent normalement. Ces crédits alimentent leur fonctionnement, mais leur permettent aussi d’effectuer les missions que leur confie l’État. Pendant quelques semaines, le dossier des subventions, au total 300 000 €, attend, à nouveau, sur le bureau de Ségolène Royal, très réticente. Il faudra toute la force de persuasion d’un conseiller – et une certaine pression médiatique – pour la faire changer d’avis.

    Et encore les subventions pour 2016 ne sont-elles accordées qu’aux trois associations prônant le vélo urbain, quotidien. Celles qui militent pour le cyclotourisme devront s’en passer, même si, les exemples allemand, néerlandais ou belge le prouvent, ce secteur constitue une opportunité économique majeure et qu’il contribue à l’usage quotidien du vélo.

    Les caméras de Ségolène Royal. Le seul dossier que Ségolène Royal accepte de regarder, c’est celui de l’aide de 200€ pour l’acquisition d’un vélo à assistance électrique (détails ici), débloquée en février. Sous les caméras, l’opération rencontre un gros succès et réjouit les constructeurs. Mais l’extension de l’IKV à la fonction publique, promise par la ministre dès janvier 2016 et longtemps attendue pour les ultimes jours du quinquennat, restera lettre morte, in extremis.

    On l’a compris, le bilan est maigre, brouillon, inachevé. C’est dommage. Qui résumerait encore les transports du quotidien aux rocades et aux sorties d’autoroute, aux beaux tramways et aux lignes à grande vitesse se tromperait lourdement. Le vélo modifie en profondeur les habitudes et les territoires. Et maintenant ? Candidat, Emmanuel Macron avait répondu aux questions des associations pro-vélo. En selle?

    Olivier Razemon (l’actu sur Twitter, des nouvelles du blog sur Facebook et des pictogrammes sur Instagram).

     

     

     

  • Saturday 13 May 2017 - 08:04

    Il y eu le Mondial du Deux Roues, puis le Salon du Cycle, toujours à Paris Porte de Versailles. Souvenons nous également d'une tentative de Paris Bike Days à Vincennes. Puis, depuis 2013, date du dernier salon du Cycle, plus rien, si on excepte le salon Pro Days, mais réservé ...
  • Friday 12 May 2017 - 17:28

    Un nouveau T-shirt Framasoft (et le mugounet qui va avec) pour briller lors des événements où nous pourrons nous rencontrer sous le soleil du printemps… et de l’été !

    Nouveau T-shirt : la route est longue…

    Soyons franc·he·s : on n’est pas foutu·e·s de faire un T-shirt.

    Voilà plus de deux ans qu’on a changé de logo, et… rien. Ah ça, pour dégoogliser, y’a du monde, hein ! Mais quand il s’agit de pondre un visuel, contacter des fournisseurs, se mettre d’accord sur un modèle, créer et gérer un stock… y’a plus un GNU à l’horizon !

    Alors nous avons choisi la solution de facilité et lancé une campagne chez Keewi.io, le « Ulule du T-shirt ». Le principe : on propose un visuel. Nous, on a choisi de le mettre sur un T-shirt unisexe et sur un mug. On s’est dit comme ça : « Si d’ici le 22 mai, y’a au moins 100 produits pré-commandés, la production est lancée. Sinon, tout le monde récupère ses sous et rentre chez soi. »

    Cliquez sur le mug si vous voulez faire une commande

    Le 3 mai, nous avons commencé à en parler… exclusivement sur les réseaux sociaux Libres : notre compte Framasphère*, et notre fil Framapiaf. En 24h, les 100 premières pré-commandes étaient atteintes ! Dès le 9 mai, on a fait circuler l’info sur notre fil Twitter et notre page Facebook. Et aujourd’hui : on vous en parle ici !

    Après le 22 mai : y’en a plus !

    Ben oui, c’est une campagne, et une campagne, ça se termine. Nous, le principe nous va assez bien… vu qu’on expérimente !

    L’avantage pour nous est double : ne pas avoir toute la production/vente/distribution à gérer (donc avoir plus de temps pour Dégoogliser), et savoir si ce genre de goodies vous intéressent vraiment, ou si c’est juste un plaisir de l’entre-soi… Et pour l’instant, c’est un succès, plus spécifiquement un succès offert par les « vrai·e·s fans » de Framasoft, a priori.

    Ce procédé nous offre en plus l’occasion de faire un prix tout petit (13 € 37, c’est pas un hasard). Nous savons que c’est pas avec des T-shirts qu’on va remplir la marmite, du coup on a choisi de pas beaucoup marger dessus. Là, c’est pour se faire plaisir et pour pouvoir porter des couleurs et une devise qui nous parlent, même si les cordons de la bourse sont assez serrés.

    Alors voilà, c’est pas parfait hein, c’est une expérimentation, y’a des inconvénients et défauts, mais c’est mieux que ce que nous faisions jusqu’à présent (à savoir : rien depuis deux ans). Du coup, si vous en voulez, faut se bouger : vous avez jusqu’au 22 mai !

    Et si vous cliquez sur le T-shirt, vous tomberez… ben sur la page où on peut le commander.

    À propos de route : on sera dessus !

    Avec les beaux jours arrivent les festivals qu’on aime bien et où on se retrouve avec délices.

    Avec seulement 30 membres et 7 salarié·e·s, notre micro-association a beau se plier en quatre, on ne peut pas être partout !

    Néanmoins, vous pourrez nous retrouver…

    Alors vu que la voie est Libre, on espère qu’elle sera assez dégagée pour que nous nous rencontrions sans encombres !

  • Friday 12 May 2017 - 16:14
    C’est un véritable pavé qui bat en brèche un certain nombre d’idées reçues sur la gratuité des transports en commun. Une association de chercheurs nommée VIGS (Villes Innovantes et Gestion Lire la suite...
  • Friday 12 May 2017 - 09:19
    Résumé : Des femmes-serpents massacrées, voilà ce que contemple l’exorciste Johnny Kwan. Bientôt, un enregistrement vidéo lui révèle le visage de l’assassin – un visage qu’il connait bien : ce redoutable adversaire a tué son mentor et failli avoir sa … Continue reading